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 Lilith's writing

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Vesuvio Contini

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MessageSujet: Lilith's writing   Lun 21 Juin - 16:13

Nan nan je m'ennuie pas du tout... /se prend la porte/

Donc, comme en dehors des rps j'ecrit des nouvelles de temps en temps, que je sais pas grapher et que je dessine mal, ben voila *sourire colgate* Bon je mets que mon texte le plus récent, parce que les autres sont nuls. N’hésitez pas à laisser des commentaires, constructifs ou non. X)


...

Captive. Ce mot résonne doucement à tes oreilles, tandis que tes yeux se perdent dans le lointain. Captive. Captive. Ce mot qui te déchire de l’intérieur, qui te tient en vie, ton unique vérité et ton plus beau mensonge, captive, captive. Captive, tandis que tes yeux se perdent dans le lointain du port, dans les voiles qui disparaissent au fond de l’horizon, dans les cris des marins, les bruits moteurs, les grincements de machines, dans la fadeur du bitume, où est passé le sable qui brûlait ta peau, où sont passées les grains écorchant tes paumes, et les bracelets sur tes chevilles, et le crépitement du feu, lorsque tu dansais au son des tams-tams ? Captive. Toujours ce mot en toi, éternelle et lancinante litanie. Il n’y a plus que cela de vrai, de fort, et au bord du quai, le vent soulève les bords de ta robe, le tissu léger s’envole, tandis que ton cœur enchaîné à cette terre froide et grise, se fissure peu à peu, et que le poison de l’indifférence se déverse dans tes veines, captive, captive, où est passée la flamme qui animait ton âme ?

Envolée la chaleur qui te tenait en vie, ici tout est gris et froid, les gens se regardent sans se voir, non les gens ne te voient pas, lorsque ton regard se perd au loin, lorsque tes cheveux d’ébènes flottent au vent, lorsque tu danses silencieusement dans le tourbillon de ta robe, lorsque tu cours sur la plage, mais ici le sable est dur, le sable est froid, tout comme le cœur de ceux qui t’entourent. Belle prisonnière où est passé ta chaleur, la brûlure du soleil sur ta peau, les tuniques colorées oscillant sur tes hanches, où est passée ta lumière, où sont passées tes ailes, tes doigts écorchés ramassant le bois, les fruits poisseux dégoulinant sur tes paumes, les grains doux, amers et colorés, qui glissent contre le palais, avant de descendre dans la gorge, où est passée ta chaleur ?

Envolée, elle aussi, dans la valse des souvenirs, captive, et c’est tout cela qu’il te reste, ce mot auquel tu t’accroche, et que tu rejette, captive, captive, où sont passés tes rêves ? Oui, ils étaient beaux tes songes, lorsque les pieds dans l’eau tes yeux se tournaient vers la mer, ta peau tannée brûlée par le soleil, ton regard tourné vers ces nouveaux horizons, ce monde inconnu et merveilleux, dont on te racontait les merveilles, ces contes auxquels tu croyais, le soir au coin du feu, les belles femmes à la peau pâle, les boutiques brillantes, les voitures rutilantes, les maisons de pierre immenses. Petite fille aventureuse, qui rêvait d’ailleurs, non tu ne te retourne pas, tu n’entends pas leurs voix qui t’appellent tandis que tu grimpes sur le bateau, non, tu ne les écoutes pas, tu rêves des voitures et du rouge sur les visages des femmes.

Et à présent… où sont passés tes rêves ? Englués sous une couche de misère et d’incompréhension, tandis que tes pieds nus ne foulent plus le sable, et que tes chaussures écorchées traînent sur le bitume souillé, au rythme de tes jambes maigres, oh vois le, il est beau ton rêve, et de nouveau ce mot, captive, captive de cette vie, de cette illusion que tu t’étais crée.

Il n’y a plus de rêve, juste le goût amer de la déception dans sa bouche, juste la fadeur du bitume dans son regard, enterrée dans les cendres de ce cœur qui ne brûle plus, dans des rêves de chaleur et d’exotisme, tandis que de nouveau elle rêve d’ailleurs, la petite clandestine dont les yeux se perdent au bord du quai.

Captive.
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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Mer 23 Juin - 8:33

TU ROXX QUOI, JHVHGJBJKJGCGHVHJ DE SA MERE. EUH WESH COUSINE. EUH...
*contient ses pulsions de groupie*

Hum, hum...

C'est vraiment beau ce que tu écris, ton style d'écriture est captivant et on dirait que tes lignes coulent comme les vers d'une poésie. Franchement, méga woaw quoi. Tu gères :3



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Vesuvio Contini

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Mer 23 Juin - 10:42

Waw. Je. Merci beaucoup <3
Bon, comme je suis très productive aujourd'hui, yoplapla. En fait ça ressemble à rien, je suis complètement partie dans mon délire, c'était pas vraiment ce que je voulais. è.é Et puis la fin tombe à plat.u_u (Et Renma je me suis permise de m'inspirer de ta signature. Je change si ça va pas, pardonne moi >.<)
Encore une fois les critiques sont la bienvenue.

Noir d’encre autour de lui et dans ses pupilles. Seul, face à la morsure brûlante du froid qui s’infiltre peu à peu en lui, bête de glace au regard enflammé qui dévore sa chair tremblante, qui fige ses os fatigués, qui recouvre ses paupières, seul, car qui poserait les yeux sur lui, être invisible rongé par les ans, cruelle vérité qu’ils refusent de voir, et seul, face à la morsure du démon qui le dévore, seul, tandis qu’il sombre peu à peu, se laissant aller à l’abîme qui l’engloutit. Seul. A présent, que lui reste-t-il, si ce ne sont les faibles battements de ce cœur dans sa poitrine rachitique, dernière once de vie, de chaleur en lui, tandis que la lumière de ses yeux disparaît, happée par la bouche obscure de ce feu qui le dévore. Et tout tourbillonne, il n’est rien, il n’a rien, juste ce mal en lui, cette bête qui le ronge, alors qu’il plonge dans le néant, plus de doute, ni de foi, des maux, rien que des maux, et leurs regards de mépris, et les paroles douloureuses, les mots ne veulent rien dire, les mots qui blessent et les silences qui tuent, les mots ne veulent rien dire, le bonheur, cette chimère, n’est qu’une illusion où ils prétendent se vautrer. Mais lui voit bien, l’ombre dans leur regard, les démons qui les rongent tous, l’âpre vérité qu’ils chuchotent à leur passage, plutôt se laisser engloutir, fixer ses yeux grands ouverts sur la réalité du monde que de fuir éternellement, à travers cette inutile et lassante mascarade. Seul, se refermer sur lui-même, opposer ses yeux lucides à leurs regards fuyant, image même de cette misère qu’ils ne souhaitent pas voir, et les démons qui murmurent à leurs oreilles, leurs sourires, leurs paroles, tout n’est que fausseté, lui n’a que son silence à leur opposer, son existence même, vide et douloureuse, tandis qu’il se recroqueville sur lui-même, cherchant à échapper à la morsure de la bête, qui s’infiltre sous ses maigres vêtements, le tiraille de toutes parts, vide peu à peu son esprit, tandis que ses pensées s’embrouillent, s’effacent...
Seul. Il fait froid. Si froid.
Quand soudainement…

Viens…

Sans comprendre, il regarde autour de lui, mais il n’y a rien, rien que le vide dans ses pupilles, tandis que…

Viens…

Et soudain, il la voit. Lumière qui transperce sa rétine, jamais il n’a rien vu d’aussi beau, chaleur qui l’envahit, apaisante, brûlante, tandis que tout disparaît, et rien n’existe plus si ce n’est cette clarté vers laquelle il tend désespérément les bras, et cette voix qui l’appelle, douce, caressante, aux accents d’un autre temps, mélodie invisible qui l’entraîne tout entier.

Viens…

Chaleur douce et apaisante vers laquelle son corps tout entier se tend, vers cette voix qui ne peut qu’être celle d’un ange, qui le saisit tout entier et l’entraîne, loin des mots futiles et douloureux, tendre les bras vers cette chimère, vers cette unique syllabe qu’elle lui murmure, lancinant et superbe appel, qu’elle ne le quitte plus, mon ange, mi amor, j’ai tant besoin de toi, emmène moi, ne m’abandonne pas, j’ai tant besoin de toi… Amour fou qui le saisit, viens, il a tant besoin d’elle, tandis que les larmes coulent de son visage, à mort mi amor, j’ai tant besoin de toi…
Et plonger tout entier vers cette lumière, oubliant le mal qui le ronge.

***
Avec un soupir le gardien se frotta à nouveau les mains en grommelant. Putain de matinées d’hiver, il faisait un froid de canard. Si ce n’était pas à cause de son boulot, il serait encore chez lui, devant une tasse de café. Agacé, il jeta un nouveau coup d’œil au corps du vieillard, encore blottit sur le banc où il avait dut s’endormir. Et dire qu’il devait poireauter là à attendre les flics, alors que des mendiants ça crevait par poignées en cette période. Et pourtant, malgré son agacement, il ne pouvait s’ôter de l’esprit l’expression de béatitude qu’il avait entraperçue sur le visage de cet homme, de cette douceur se lisant sur ses traits, comme si…
Et il sourit intérieurement en se disant que la grande faucheuse devait être sacrément bien foutue.
Et maintenant, son café.
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Vesuvio Contini

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Mer 23 Juin - 16:49

(il se peut qu'il y ait des fautes, mon word les corrige pas toutes. Ya pas d'accents sur les "a" non plus, mais il est tard et j'ai la flemme de les rajouter Je hais les qwerty.. >.< )

Pour le bal qu’on prépare, plus d’une qui se pare, met devant son miroir le masque noir. Masques de chair, masques de sang, mensonges qui collent a la peau, tandis que le crayon affine leur lèvres sanglantes qui susurrent doucement des paroles caressantes a l’oreille, trace des ombres imaginaires autour des yeux qui papillonnent, les joyaux qui s’affichent, reliure dorée dont elles se recouvrent, tandis que les peaux se dénudent sous les décolletés et les tissus légers, plus d’une qui se pare, sourires mensongers, la mascarade peut commencer. Carnaval de folie, bal de mensonges, et elle sourit devant son miroir, comme tant d’autres, admirant le velours noir sur son visage, car ce soir, entre les corps tourbillonnant, elle ne sera que cela, son plus beau mensonge et son unique vérité. Juste une image. Impression qui colle a la peau, qu’il est beau son loup noir, celui que les autres n’osent afficher, mais cachent derrière les sourires qui tordent leurs lèvres carmines.
Oui ce soir elle se faufilera entre les corps en sueur, au milieu de la débauche et des trahison, de cette mascarade minutieusement réglée, se déhanchera au son de la musique, enfermée dans cette routine, dans le jeu des apparences, bal, tout n’est que gestes et déhanchement sans sens, ou les corps se frôlent, se touchent, se palpent, sans jamais parvenir a se saisir, tout est faux et artificiel.
Alors elle sourit. Pauvre pantin sans coeur.

***
Personne ne lui jette un regard tandis qu’elle pénètre dans la boite bondée, qu’elle se jette en travers de la foule et de la musique qui lui déchire les tympans, et sa chevelure qui s’agite a son passage, les mêmes sourires, les mêmes gestes, les mêmes regards tentateurs et provoquants, le même bonheur chimérique dans ce monde de débauche, tandis que les corps se cognent, que les aiguilles, vendeuses de rêves brises se plantent discrètement dans les veines, que l’alcool coule a flot, l’inonde, la brule, et boire pour oublier le poids des mensonges, des sourires qu’elle leur offre, du vice auquel elle offre son corps en pâture dans l’espoir vain d’échapper a un quotidien dont elle ne veut plus, de retrouver la flamme de son regard, ce soir elle sera libre et fière, comme elle l’a toujours rêve d’être, seule sous son masque noir, et son corps qui tourbillonne et défie la foule, ce soir elle sera libre, libre d’afficher ses mensonges au grand jour, de leur cracher son mépris au visage, et elle rie, rie, tandis que les gorgées d’ivresse coulent dans sa gorge, elle est libre, libre de ses étreintes, de ses bras qui l’enserraient et l’étouffaient, ou il est parti, ce soir sera la dernière, plus jamais il ne la dévorera, comme il en détruit tant d’autres, prisonnières de leur masque noir. Elle est libre et fière, elle a renonce a cet amour qui la détruisait a petit feu, a cette obsession qui la poussait sans cesse dans ses bras, tandis qu’il arrachait sa chair, des pans de vie par lambeaux, passion déchirante et meurtrière, mais les masques collent a la peau. Les pulsions aussi.

Non, ce soir tout est termine, elle sera libre et fière de nouveau, tu vois mon amour, je peux très bien me passer de toi, et elle rie de plus en plus fort, toute entière a l’ivresse qui la submerge, tandis que ses bras l’enlacent, le beau bien aimé inconnu qui se trouve a coté d’elle, que ses lèvres se collent aux siennes. Et embrasse moi, saisis moi a même la foule, a moi la folie, a moi l’ivresse, ce soir sera la dernière, tu vois mon amour, je peux très bien me passer de toi. Et elle rie tandis qu’il la soulève et l’emporte hors du club, et l’air froid mord soudainement ses jambes nues, mais qu’importe, elle rie, elle rie, tandis qu’il l’allonge sur la banquette de la voiture, tu vois mon amour, je peux très bien me passer de toi, plus jamais tu ne me détruira, et tant pis si je plonge a nouveau dans cette mascarade viciée, dans ce pêché de chair qui ne veut rien dire, je m’échappe de ton emprise mon amour, plus jamais tu ne me détruira…

Et elle rie, rie, sans même voir son visage, tandis que les bretelles de sa robe glissent, tout est programmé, terminé d’avance, qu’importe, elle ferme les yeux, rie, elle ne veut pas voir son visage, oublier le fait qu’elle ne passe que d’un poison, d’un plaisir a un autre, tandis qu’elle s’offre aux bras de son étranger, qui lui fera l’amour sans prendre la peine de lui demander son nom, juste un visage, juste un masque de plus, danse macabre qui la détruit, mon amour reviens j’ai tant besoin de toi, des rêves que tu me vends, de ces chimères qui me détruisent, mon amour, j’ai tant besoin de tes mensonges…

Et les mains qui se palpent, et leurs corps enchainés, les cris de plaisir, tout est faux, jeu destructeur, tandis que leurs cris de jouissance résonnent, et s’abandonner toute entière a ses pulsions animales, pour oublier le mal en elle que rien ne comblera jamais, tout n’est que mensonges, et jouir encore, entrechoquer leurs corps en sueur, pulsions animales, destructrices, prends moi toute entière, laisse moi oublier. Mais l’oubli n’est qu’une illusion parmi tant d’autres, et elle a beau jouer les fières, les indomptables, gémir cambrée au dessus de lui, son corps en pâture comme la pire des catins, juste une misérable fille des rues, et l’extase qui s’efface, il n’y a plus rien, et le vide dans son corps, et l’appel criant dans tout son corps, mon amour j’ai tant besoin de toi, détruis moi, enchaine moi, ne m’abandonne plus jamais, mon amour j’ai tant besoin de toi…

Combien de temps à présent mon amour? Des heures qui lui semblent a présent des jours, des semaines, des mois, tandis que tout son corps crie a l’agonie, mon amour reviens j’ai tant besoin de toi, et déchirer les apparences qui la recouvrent a mains nues, et tant pis pour le mal qui la ronge, elle a tant besoin de lui, de ses bras qui la déchirent…

Douleur, manque atroce, tandis que son corps dénudé se tord sur le siège, se recroqueville sur elle même, et disparue la flamme maquillée de son regard, juste une poupée brisée, une catin déflorée, mon amour j’ai tant besoin de toi, pauvre gamine, tu gis plus bas que terre, tantôt enchainée a des paradis artificiels, ou a un quotidien qui te dévore. Oh, elle est belle ta liberté, tandis que tu te penche sur le siège en cuir, laissant s’échapper la bile amère dans ta gorge, juste une catin, les étreintes ne veulent rien dire, lui tout autant qu’un autre, contre et dans ton corps, sans pourtant qu’aucun ne te possède, jamais tu ne leur appartiendra, ne pourra leur appartenir, toi tout comme une autre, juste un visage interchangeable, et le velours doucereux et brulant du vice contre ton visage, lui seul a su te prendre toute entière, jusqu’aux tréfonds de ton âme, lui que tu as chasse avec l’énergie du désespoir, lui que tu appelles a présent, telle un animal blesse, mais même les bêtes valent mieux que toi, tandis qu’il jette ton corps encore a moitie dénudé et tremblant sur le trottoir, en te vociférant des insultes. Mais rien n’a plus d’importance, pas même le froid qui s’empare de toi, la morsure du bitume sur ta peau, et les larmes brulantes sous tes paupières, mon amour pardonne moi, reviens j’ai tant besoin de toi. Et a présent tu le vois, mieux que jamais, ce masque sombre sur ton visage, tandis que les eaux boueuses du caniveau te renvoient ton reflet défoncé, déchiré, rien qu’une image, couleur de mort, couleur du vice, auquel tu restera enchainée a jamais, et mourir a petit feu, parce que tu en voulais plus, soulever les voiles devant ton regard, échapper a ce misérable bonheur dans lequel elle se vautrait comme tout les autres, les sourires, les murmures, les corps sur la piste de dance, orgasme et puis c’est la fin, la décadence, les gosses et les rêves de villa sur la Cote d’Azur, et feindre de jouer le rôle dans lequel on l’avait confinée, devenir ce pantin que la société voulait qu’elle soit, mais elle a ose ouvrir les yeux, sans pouvoir autant se débarrasser de la criante vérité, et toutes les femmes qui se parent, mettant le soir leur masque noir…

-T’as pas l’air en bon état chérie. Un petit remontant, ca te dirait?

Etonnés, ses yeux vides se lèvent vers lui, tandis qu’un pli cruel se forme au coin de sa bouche, qu’il aille au diable comme tout les autres, elle n'en peut plus, quand soudain, elle la voit.
L’aiguille dans sa main.
Et lui arracher des mains, s’injecter le plaisir mortel dans ses veines avec l’énergie du désespoir, mon amour tu es revenu, prends moi toute entière, mon amour, plus jamais je ne te quitterai…
Et les masques qui collent à la peau.
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Wilhelm W. Eilenbecker

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Mer 21 Juil - 4:40

Silence. Doucement le vent soulève ses mèches châtain, tandis que penché par-dessus la rambarde de pierre, son regard se perd dans la contemplation du ruisseau. Sensation de calme apaisante, tandis que les eaux miroitantes se reflètent dans son regard, que tout son corps se gorge de la lumière s’épanouissant autour de lui. Bercé par le doux bruissement des eaux du ruisseau coulant sous ses pieds il pense à Elie. Elie. Etrange gamine aussi vive et insaisissable que l’eau qui coule entre ses doigts, un coup de vent à travers les ramures des arbres, un éclat de rire qui s’enfuit, un oiseau aux ailes brisées que jamais, jamais, il ne tiendra au creux de sa paume. Et soudain, quelques vers d’une comptine d’enfance lui reviennent en mémoire, tandis qu’il fredonne, toujours perdu dans sa contemplation.
Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive…


Elie, belle Elie aux cheveux de feu et au prénom chantonnant, dont mes lèvres savoureux chaque syllabe, Elie, petite si fière, quand seras tu mienne ? Et elle court sans cesse Elie, elle passe en un coup de vent, elle se dérobe à ses caresses avec un éclat de rire, juste une gamine insouciante aux désirs à demi dévoilés, lorsque ses doigts d’enfant glissent dans ses mèches brunes, lorsque ses lèvres rosées se posent sur sa joue y déposant un baiser sonore, lorsque ses doigts enlacent les siens, caresses chastes d’une femme-enfant, perdue dans un monde qui n’appartient qu’à elle seule, Elie, Elie, quand accepteras tu de grandir ? Ne vois tu pas comme je t’aime, comme il se brise peu à peu, ce cœur avec lequel tu joue insouciamment, Elie, Elie, arrêtera tu un seul instant ta folle course, Elie, Elie, quand accepteras tu de m’aimer ? Oh Elie elle est belle, quand elle rit, quand elle mélange les couleurs des jours, Elie c’est un sourire qui ne s’efface jamais, c’est un arc en ciel qui s’enfuit, c’est une douce fleur au parfum oublié, Elie qu’il aime tant, elle et son regard, ses lèvres qui se dérobent, ses mots taquins qui font mal, Elie c’est une gamine égoïste qui le frappe de ses paroles, le nargue de ce corps qu’elle dérobe à son désir. Elie, mon ange, ma plus belle création, quand seras tu donc mienne ?
Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent…


Mais non, Elie elle se dérobe, elle court sans cesse, et rit, rit, se moque de tout, chamboule les convenances, bouscule les petits vieux et leurs cabas, rit au nez des couples enlacés, chipe leurs sucettes aux enfants, Elie qui s’échappe sans cesse, Elie qui ne saura jamais l’aimer, ni le tirer de sa solitude, parce qu’Elie, elle aime ailleurs, il le voit dans son regard, dans les sourires qu’elle lui offre, pour Elie tout cela n’est qu’un jeu de plus. Et il la jalouse tant celle qu’elle aime si passionnément, Elie, mon arc en ciel chromatique, mon oiseau déchu, ma petite flamme, qui brûle en un éclair, jusqu’à ce consumer jusqu’à la moelle, Elie qui veut tout saisir d’une étreinte, tout vivre à l’instant, avant la chute, oh je sais bien qu’elle est la seule à mériter tout amour. Jusqu’à la dérision, jusqu’à la folie. Petite Elie amoureuse de la Vie.
Courez, courez, vite si vous le pouvez…


Mais qu’importe, il a tant besoin d’elle, et tant pis pour la douleur, pour les déceptions qu’elle lui offre, juste de l’eau qui glisse entre ses doigts, Elie c’est son plus beau rêve, son utopie à travers sa solitude, chimère caressante et insaisissable.

-Encore en train de rêvasser ?

Une voix bien familière tandis qu’il se retourne, et la voilà devant lui, petite Elie si jolie, qui le toise de ses grands yeux rieurs. Et toujours ces mots qu’elle lui offre comme un salut, comme un rituel entre eux, où tourbillonnent les non-dits, et les désirs à peine voilés.

-Je suis content de te voir…

Un triste sourire sur les lèvres de son aimée, tandis qu’un éclat de rire qui n’est pas le sien résonne, non le rire d’Elie est aussi doux que le gazouillement d’un oiseau, tandis que celui-ci est dur, moqueur, presque cruel. Se retournant, il aperçoit soudainement un groupe d’enfants sur le trottoir d’en face, qui rient grassement, tandis que l’un d’eux lance :

-Regardez, voilà qu’il parle encore tout seul ! Hé Monsieur le barge, vous êtes pas un peu grand pour avoir des amis imaginaires ?

Et tandis qu’ils partent en se tenant les côtes, il se retourne vers Elie, s’apprêtant à lui dire de ne pas se soucier de cet incident, ne prends pas garde à eux Elie, nous on a pas besoin de leur regards, on a pas besoin de leur affection, que m’importe leurs mots et leurs moqueries, puisque tu es là, seule lumière à travers ma solitude, Elie, ma douce Elie, la seule, l’unique, qu’ai-je besoin d’eux qui ne peuvent me comprendre ? Mais les mots n’ont pas le temps de sortir, ses yeux n’ont pas le temps de plonger encore une fois dans les pupilles tant aimées, seul remède à sa solitude, et tant pis pour la folie qui l’anime, car… Plus rien. Juste un carré de bitume qui le fixe avec indifférence.
Il fallait s’y attendre.
Jamais, jamais vous ne la rattraperez…





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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Sam 24 Juil - 23:14

Et du bout de mes doigts je caresse son visage enfantin, explorant doucement ses joues creusées, ses paupières humides, les cernes sous ses yeux, ses lèvres pâles, qu’il serre obstinément, comme une réponse à mes éternelles interrogations, et son regard froid qui me fixe, les mots qui refusent de sortir, qu’il retient ardemment au creux de ses lèvres, tout comme ce sourire que je cherche désespérément, tandis que mes doigts tâtent ses lèvres pâles et tuméfiées, mon ange, mon amour, qui t’as donc fait cela, dis le moi, je t’en prie. Souris moi, parle moi, je t’en prie, dis moi, dis moi, pourquoi tant de froideur sur ton visage mon ange, si tu savais comme je t’aime, comme je le hais, de toute mon âme, de tout mon être, celui qui t’as volé ton sourire, dis moi, dis moi mon amour, raconte moi les cicatrices, les bleus qui parsèment ton corps, dis moi, dis moi, si tu savais comme je brûle de rage, et je le haïs autant que je t’aime, dis moi, dis moi, qui t’as arraché ton sourire, a piétiné la lumière de ton regard, qui t’as arraché hors de mes bras. Enivre moi de tes paroles comme je te berce des miennes, lorsque je te prends dans mes bras, baigne tes plaies de mes larmes, te promets que tout iras bien, bientôt tout sera finit mon ange, je te le promets, dis moi simplement, dis moi qui t’as fait cela. Dis moi. Que je le tue.
Que je le détruise de mes mains comme tu me blesse de ton silence.


[…]


-Tu ne m’aime donc plus ?!

Et les mots fatidiques qui résonnent, les mots qu’elle martèle avec rage, le frappant de chaque syllabe, de chaque lettre, les mots douloureux qui déchirent, les mots tant répétés qu’ils ne veulent plus rien dire, tandis qu’il se recroqueville paniqué, que des déflagrations de douleur le submergent et que sa vue se brouille.

-Tu ne m’aime donc plus ?!

Et toujours les mots, les mêmes mots, éternelles boucle, douloureuse litanie, et il aimerait tant lui dire, lui hurler son amour, la supplier d’arrêter, tandis qu’autour de lui tout se mélange, et un seul mot dans son corps et dans sa tête, douleur, douleur, et tout son être qui hurle en silence, recrachant par tout ses pores cet amour qu’il aurait voulut lui offrir, qu’elle n’a su voir, ni saisir, que lui ne la quittera jamais, que lui ne l’aurait pas abandonnée, tantôt perle de son cœur, tantôt fruit de sa souillure, enfant porté au côté de son corps brisé, abandonné trop vite au mains d’un amant aux paroles menteuses, juste un jouet au gré de ses humeurs, tantôt idolâtré, tantôt haït de tout son être, seul reflet de l’être aimé disparu, lui rappelant à la fois son amour et sa déception.

-Toi aussi tu m’abandonnera ? Tu me quittera tout comme ton père ?!

Nouveaux coups qui s’abattent, tandis qu’elle décharge sur lui un accès de rage et de désespoir, juste des nouvelles marques sur son corps, un nouveau rituel qui s’entame, la même ronde macabre dont ils sont tout deux prisonniers, et les coups qui pleuvent, pleuvent… Et pourtant elle revient toujours, la chaleur salvatrice, ses larmes sur ses plaies, comme si c’était trop, trop d’amour et de haine qui ne peuvent coexister dans un seul corps, et l’oubli qui résonne entre ses bras chauds, et comment croire en tes mots maman, comment comprendre ton amour névrosé qui me détruit à petit feu et dont je ne peux me défaire ? Et les coups qui s’abattent, la vue qui se brouille, les pensées qui se mélangent, « toi aussi tu ne m’aime donc plus ?! », et le goût ferreux qui envahit sa bouche, tandis qu’il ses dents s’enfoncent toujours plus loin dans sa lèvre, afin de sceller celle ci, attendant le moment de la libération, où les mains qui le frappent se feront de nouveau caressantes.
Les mots ne veulent rien dire.
Ne reste que le silence.
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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Jeu 26 Aoû - 5:32

Attente

Silence. Le regard tourné vers la fenêtre, elle attend, laissant s’égrener les secondes, les minutes, et les poignées de vie vides de sens qui s’écoulent, le soleil brillant à l’extérieur, les cris des enfants, quel beau temps pour une célébration semble lui murmurer la nature ironique. Et attendre toujours en silence, sans espoir, non ils ne viendront pas, il y a tant de choses à faire par une belle journée ensoleillée, tant de bonheurs à saisir, à quoi bon perdre ce temps qui s’enfuit si vite, même les excuses feintes au téléphone semblaient être de trop. Oh, c’est si gênant la solitude des autres, une écharde de trop dans notre petite vie rangée.

-De toute manière elle oubliera vite, mais tu sais bien, sa tête qui flanche, oh ne m’ennuie pas avec tes reproches chéri…

Alors, elle attend. Sans trop savoir pourquoi. Comme pour combler de vide, pour ne pas encore mettre de mots sur ce mal douloureux qui la guette à chaque pas, l’observe à la dérobée, entre les tapotements de ses pantoufles sur le sol, derrière les sourires sur les papiers glacés des photos, tant de pantins sans vie dont elle s’entoure, dans l’espoir de rafler une goutte de chaleur entre les poses feintes, un bout de vie, d’autrefois, s’accrocher à ces visages comme à une bouée de sauvetage, pour oublier la mémoire qui se détériore, destruction du corps et de l’esprit, et cette peur sans cesse de n’être plus rien, rien qu’une chair informe maintenue en vie au rythme des perfusions, tandis que tout s’enfuit, les visages aimés, les souvenirs heureux, bientôt il lui prendront tout…

-Tout de même, ce n’est pas n’importe quel jour, on aurait put faire un effort…

Oh, comme ils doivent l’attendre avec impatience l’échéance tant retardée. Alors ils pourront dire, tout en essuyant leurs yeux faussement larmoyants fasse à la pierre froide, tout juste une corvée de plus, à quel point ils l’aimaient, vanter sa forme, elle n’est jamais partie de chez elle, vous savez, redistribuant ainsi tout l’amour qu’il n’avait pas pris la peine de lui tendre, trop de temps à attendre, à les faire espérer un quelconque profit, avarice qui perce à travers leurs yeux tandis qu’ils lui vantent sa bonne santé. Un soupir, tandis que lasse, elle se détourne de sa contemplation et s’assoit. Elle est si fatiguée. De se silence sans cesse dans son corps et dans sa tête, les maux qui se passent de mots, les vides douloureux qui se creusent, tandis que le regard tourné vers un avenir hypothétique, sans forme, sans espoir, à quoi bon tout cela, elle attend.

-Oh vraiment ! L’anniversaire de ta mère ! Faire deux heures de route pour m’asseoir en face de cette pauvre femme à l’entendre parler du bon temps, tout en nous suppliant des yeux de rester encore un peu, de repasser, si encore elle avait accepté la maison de retraite ! Et ce restaurant que tu m’avais promis ? J’en ai marre de la vieille, est-elle donc plus importante que moi ? Mais qu’attend-elle pour crever à la fin !

Et doucement, son visage, gravé par les ans, la solitude, et les larmes ayant trop coulé à la disparition de chaque proche, pourquoi sont-ils tous partis avant moi, s’approche du gâteau qu’elle avait acheté pour l’occasion, fixe un instant l’unique flamme vacillante, bientôt, bientôt le grand repos, enfin, je suis si fatiguée tu sais Arnold, mon amour, me vois tu à cet instant, tandis que tout mon être crie le manque, trop longtemps enduré ? Un dernier souffle, comme un soupir, tandis que s’éteint la légère flamme. Si seulement celle de son cœur pouvait faire de même, tandis qu’elle se murmure, comme pour mettre un doigt sur son mal, comme pour l’appeler encore une fois, l’a-t-elle donc oubliée, l’ultime Dame, celle qui mettraient un terme au silence, l’avait-elle oubliée, trop occupée à faucher les âmes trop pressées, jeunesse tourbillonnante, impatiente, motards sans casques, junkies dans les toilettes, victimes immolées à coups de pieds et de poings, tant de drames qui se nouent, si bien que l’on oublie ceux qui se meurent en silence, attendant une échéance qui se tarde, appelant égoïstement celle tant rejetée qui les terrifiait tous, et qu’ils n’osaient laisser venir à eux.
Centenaire, vraiment. Mais que faisait-elle, la Mort ?
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Luna Lieto

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Jeu 23 Sep - 7:49

A demi mots

    -J’en ai marre à la fin ! Est-ce que tu ne pourrais pas faire un effort ? Et moi dans tout ça ? Je croyais que tu m’aimais !

    -Je t’avais prévenue, tu le sais. Je suis ainsi, je n’y peux rien.

    -Sans cesse, sans cesse ! Parce que c’est trop pour toi de vouloir croire au bonheur ? De me faire, ne serais ce qu’un commentaire positif. Ne sortir ton fichu nez de cette fange dans laquelle tu te complais ! Mais regarde-toi ! Indifférent à tout ! C’est finit, je n’en peux plus ! C’est finit, tu entends finit ! Et moi qui croyais… qui avais osé espérer quelque chose de toi… Et dire que je te trouvais charmant !

    -Original, tu veux plutôt dire. Délicieusement exotique. Heureuse de l’étrange animal que tu avais sous ta coupe. L’exposant comme un montreur d’ours à la foire.

    -Et… et t’y voilà encore ! Tu vois, sans cesse ! Mais regarde-nous ! Me voilà…à … à pleurer comme une conne devant toi. Et… c’est tout ce que ça te fais !

    -Je répète. Je t’avais prévenu. Tu savais parfaitement dans quoi tu t’engageais. Libre à toi de te leurrer ensuite. Pour ma part, je ne continuerais pas plus longtemps cette discussion stérile.


Un cri outré, tandis que le dos tourné, il peut entendre le martèlement de ses pas rageurs contre le carrelage. Une porte qui s’ouvre et claque violemment. C’est finit. Soupir.

Elle le savait pourtant. Comme toutes les autres. Propre de l’homme de se croire unique, capable de défier une réalité contre laquelle tous se cognaient. Elle avait crut pouvoir supporter cela, le changer même. Et il l’avait accepté, dans ses bras, entre ses draps, leurs doigts liés, ses lèvres contre les siennes, une place chez lui et dans son cœur, parce que lui aussi un instant, avait crut qu’elle serait différente, spéciale, plus compréhensive, tandis qu’il lui avait murmuré des mots doux, fait tourbillonner son corps de petite fille, conté des rêves le soir blottis sur le canapé, de ceux en lesquels il croyait encore les premiers jours, grisé par une nouvelle rencontre. Charmantes, l’avaient-elles toutes trouvée. Jusqu’à ce que la déception vienne. Celle qui laissait peu à peu apparaître les petits riens qui ruinaient tout, les cheveux dans l’évier, les claquements de langue entre deux bouchées, le dentifrice troué, les chaussettes qui trainent, les chipoteries sur le prix des conserves, le rire qui vire jaune, et l’amertume qui se déverse, tout ses détails qui grossissent, grossissent, jusqu’à prendre toute la place. Jusqu’à ce que les compliments fassent place aux reproches. Jusqu’à dévorer l’amour. Encore une fois.
Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.
Temps de partir. Et de recommencer. Inlassable boucle.
Il lui avait dit pourtant. Elle s’en était moquée. Triste humanité à se bercer de leurres.

« Moi je suis ainsi vois tu. Cynique désabusé, je croque les mauvaises nouvelles aussi aisément que mes céréales du petit déjeuner. Je m’empiffre de petits riens qui finissent par m’emplir, je plonge mes yeux dans la fange jusqu’à ne voir que celle-ci, je balaye le monde d’un revers de main, je ne crois ni à la fidélité, ni aux rêves, à la maison sur la Côte d’Azur ou à la famille idyllique qu’il faudrait avoir, un garçon et une fille, aux visages rieurs et rebondis, aux adorables boucles blondes, des gosses bruyants, baveurs, de ceux qui dévorent l’amour en aspirant toute l’affection ambiante vers eux. Au fil des jours je te trouverai moins belle, mon étreinte qui t’enserrait se relâchera. Moi je ne le vois que le sale, je m’enivre de cette beauté crasseuse, je la fais mienne, je la laisse m’emplir, jusqu’à occulter tout le reste. Et tu n’y pourras rien… »
… parce que c’est la seule chose qui me rende vivant.
Qui me permette d’exister.

Parce qu’il n’y a rien d’autre. Parce qu’il refuse de s’illusionner, tel qu’ils le font tous. Parce qu’il dénigre leur hypocrisie, leurs rêves, oh combien doux, tout aussi menteurs. Parce qu’il préfère voir, tout voir, quitte à plonger toujours plus profondément dans cette corruption dans laquelle il se complaît. Tout plutôt que de se mentir.

Mais la vérité était un lourd fardeau à supporter. Il en avait fait les frais. Incapable de retenir qui que ce soit, toutes bien trop piquées à vif par son regard assassin sur le monde et sur elles. Sans comprendre, que cette réalité toute crue qu’il leur offrait, n’était autre qu’un gage d’amour. Sa sincérité offerte en pâture sur l’autel de leur dégoût. Qu’il l’avait crue, elle comme les autres, capable de comprendre cela. Qu’il avait besoin d’elle, de son regard désillusionné pour supporter le sien. Mais les mots étaient inutiles. Les mots étaient menteurs par essence. Rien n’importait. Elle était partie. Douleur, de plus en plus frêle, à chaque séparation, tandis que les déceptions s’accumulent, et qu’il a été bête, qu’importe s’il ne reste rien à croire, relève toi soldat, seul, tu es seul avec tes mots trop durs, mais que t’importe. Tout plutôt que de te mentir.
Et tout recommencer.
Avec ce vide et ce dégoût qui te tiraillent.

De longues minutes s’écoulent dans le vide de l’appartement, dévasté de sa présence, tout est finit, tout est à reconstruire de nouveau, mais peu lui importe, toujours ce même schéma qui le dévore, et ses yeux grands ouverts fixés droit devant lui qu’il refuse de baisser, et peu lui importe le reste, tout voir, démonter peu à peu les mensonges soigneusement construits dans lesquels ils ont été bercé, amours de contes de fées, réussite professionnelle, paradis, salvation de l’âme, générosité, douceur, et tant d’autres réalités factices dans lesquels ils se noient. Pour ne pas voir la crasse, la corruption, l’avidité, la cruauté, l’égoïsme qui pousse les couples à s’échanger des promesses d’éternité, où l’amour finit par se consumer. Foutaises que tout cela.

Traversant soudainement la pièce vide, il saisit son manteau, et sort rapidement. Besoin de prendre l’air, de sortir de ce lieu encore trop empreint de sa présence. Deuil symbolique d’un amour déjà bel et bien perdu.

[…]

D’un pas vif il déambule le long du trottoir, profitant de l’air frais venant caresser son visage et s’engouffrant dans ses poumons, l’air qui saisit et qui brûle de l’intérieur, sensation revigorante, apaisante, tandis que celui-ci se mêle à la chaleur des derniers rayons du jour contre son visage dénudé. La tête haute il marche les mains dans les poches, s’amusant à fixer dans les yeux les quelques passants pressés qu’il croise, et leur opposer mon regard franc, direct, bien trop direct, comme une intrusion, une attaque, et rire en silence de leurs yeux qui se baissent, du rythme de leurs pas qui s’accélère, fuyez donc lâches que vous êtes, échappez vous de cette réalité bien trop gênante, de cet inconnu dont vous refusez d’admettre l’existence, et ils déambulent, le nez plongé dans leur existence, leurs propres problèmes, être humain sans cesse tourné vers lui-même, où sont-elles donc passées ses belles images dont ils s’abreuvent ? Un sourire. Rien n’a changé.

Soudainement, un bruit de querelle attire son attention. Levant les yeux il aperçoit de l’autre côté de la rue, un homme, le visage crispé par la rage, des traits serrés et durs qui s’entrechoquent, des lèvres qui semblent proférer des injures à voix basse de peur d’être entendu, sa main accrochée au bras d’une frêle jeune fille qu’il semble vouloir entraîner avec lui. Un soupir, à quoi bon, une mioche en fugue accostée par un pervers, une catin peut être, et de nouveau les yeux qui se baissent, les pas qui s’accélère, un soupir, à quoi bon, se donner bonne conscience, s’en vanter auprès des amis qu’il n’a plus, en retirer quelques bleus et côtes fêlées, une inconnue, à quoi bon…

Quand son regard croise le sien.
Il s’arrête. Frisonne.
Des yeux vides.
Des yeux creusés.
Dénués de vie.
Deux immenses trous au milieu de ce visage.

Pas des yeux implorants. Non. Des yeux résignés. Des yeux conscients de leur sort, de leur réalité, malgré ce corps qui se débat encore, tandis qu’elle tente en vain de résister à la main de l’homme qui l’entraîne. Et il ne sait ce qu’il lui prend, tandis qu’il les accoste à pas vif, une rage sourde qui bouillonne en lui contre ce regard qui cède, qui accepte, un besoin impérieux de briser le cours des évènements, tandis que ses larges enjambées l’emmènent vite à la hauteur de l’étrange couple, et que sa main vient soudainement se poser sur celle de l’homme, avant que celui-ci n’aie le temps de réagir.

-Je crois que mademoiselle ne désire point votre compagnie.

Vouvoiement, politesse excessive qu’il brandit sans se départir de son sourire. Comme une provocation.
Eclatant d’un rire bruyant, l’homme s’exclame.

-C’est ma fille ! Alors dégage le merdeux !

-Oui vous avez l’âge d’être son père, cela nous l’avions bien compris. Si vous pouviez nous faire l’honneur de dégager à présent…

-Tu cherches les emmerdes, petit ?!

Et sans se soucier des menaces de l’homme, des yeux étonnés de la petite, à présent posés sur lui, de l’attroupement qui commence à se former, ou des conséquences de ses actes, il l’empoigne par le col, et prononce d’un ton froid, ses yeux fixés dans les siens :

-Maintenant…

Pas du courage, ou de la générosité, ou tant d’autres rebus humains que lui pour sa part ne prétend avoir au fond du cœur. Un simple besoin de perdition. Inconscience qui l’anime.

-Bah, prends la, puisqu’elle t’intéresse tant, cette… pute !

Dernier mot méprisant qu’il jette avant de se dégager d’un geste brusque, de tourner le dos et de partir d’un pas vif, tandis que l’attroupement autour d’eux commence à se défaire, déçu, pas de violence, pas de spectacle à critiquer hypocritement en se plaignant de l’insécurité qui règne, alors que tous en redemandent, tous croquent ce mal qui les entoure à pleines dents, poussant des exclamations d’horreur devant les faits divers, le sang au grand écran, se régalant de récits sanguinolents de crime, fascination morbide pour le mal qu’ils rejettent, et oh qu’ils les méprise tant, tandis que lui préfère ouvrir les yeux, conscient de cette attirance sombre qui l’anime, et qu’il ne cherche à cacher. Plus jamais de mensonges.

Un soupir, tandis que ses yeux se posent sur ceux de la jeune fille, levés vers lui. Etrange enfant à la peau pâle, et à la crinière brune échevelée, qui le fixe de ses pupilles bleutés, un sourire timide aux lèvres.

-Tu pourrais me remercier…

Etrange regard qui celui qu’elle pose sur lui à cet instant, chargé d’impuissance ces deux iris qui fixent les siens, trop fort, bien trop fort, tandis que sa bouche, aux lèvres tremblantes, s’entrouvre, puis se ferme.
Ne brasse que du vide.
Ses yeux s’écarquillent sous l’effet de l’étonnement.

-Tu… tu es muette ?

Et il ne sait que répondre face à ce silence. Est-il seulement capable d’imaginer ce que cela doit être, cette impuissance, ce vide au fond de la gorge où les mots s’accumulent et restent bien coincés jusqu’à prendre toute la place, qui raclent, déchirent de l’intérieur, et les lettres qui se tordent, les syllabes qui griffent à défaut de pouvoir s’envoler, peut-il s’imaginer cela, cette incapacité à partager, à ne serait ce que murmurer les paroles tant attendues, à ne pouvoir dire « merci », « je t’aime », tant de mots inutiles, méprisables et qui pourtant réchauffent, et il frisonne, sensation étrange de compassion face à cette enfant, dont le regard seul hurle tout ce qu’elle ne peut pas dire.

-Soit, c’est donc ici que l’on se quitte…

Et le voilà qui perd contenance, qui tente de remplir les trous, lui qui pourtant abhorre tant les phrases inutiles, celles qui allègent la conscience et parasitent les silences, et il devrait partir à cet instant, lui tourner le dos et l’oublier, l’effacer d’une existence où elle n’a jamais eu de place, juste un visage parmi tant d’autres, avec ou sans ses mots, et pourtant quelque chose l’en empêche, un vague malaise face à ce cœur mutilé, à cet être sans voix. Sensation étrange. Curiosité morbide qui le saisit et qu’il ne faut rejeter.
Plus jamais de mensonges.

Dur travail que l’éradication d’illusion. Que cet effort de franchise qu’il exerce sur lui-même et les autres depuis tant d’années à présent, celui qui le pousse à mettre briser les images soigneusement montées, les idées reçues, à préférer les mots durs aux compliments si doux, mais oh combien faux. Les mots vrais, ceux qu’il faut rattraper sans cesse, trop directs, que tous cherchent à fuir, s’écartant de son sillage et de cette réalité qu’ils ne veulent pas voir. Celle qui le pousse chaque jour un peu plus vers l’amère solitude dévorante. Plus de mensonges. Accepter la laideur. Triste idéal brisé.

Et il l’accueillera donc au sein de lui-même cette attirance, celle qui le pousse vers les yeux de cette étrange jeune fille où se bousculent les paroles qu’elle n’a pas. Soupir, tandis qu’elle ne bouge toujours pas. Saisissant sa main, il se met donc en marche l’entraînant dans son sillage, pas besoin de mots pour se comprendre, pour rendre plus réelle une vérité dont ils reconnaissent tout deux l’existence. Une marche à pas vifs le long du gris des bitumes, tandis qu’il finit par lâcher d’un ton neutre.

-Soit. Tu resteras chez moi quelques temps.

Le silence est un être difficile à dompter.

[…]

-Il y a une serviette et des vieux vêtements à moi pour te changer dans la salle de bain…

Ces mots prononcés, il s’assoit, cloitré dans son silence. Il ne sait ce qui l’a vraiment poussé à accueillir cette inconnue, cette enfant chez lui. Présence éphémère et frêle, qui vient combler le vide, habituellement noyé dans le corps des amantes. Etrange gamine silencieuse qui n’a pipé mot durant le trajet, se contentant de le fixer de ses prunelles azurs, où les mots, les pensées se mélangent. Remerciement ou reproche ? Il ne savait même plus.

Et le regard tourné vers la fenêtre et les lumières de la ville qui s’éveillent, points rouges, orangés et ors qui viennent éclairer le crépuscule, et masquent la lueur des étoiles, monde battant, dur, froid, artificiel, où se noient tant de cœurs, il se demande, mais que faisait-elle donc là cette enfant incapable de raconter son histoire, que faisait-elle seule dans le sillage d’un homme lubrique ? Avait-elle fugué, se condamnant à la débauche plutôt que de retourner vers un habitat hostile la tête basse et les joues rougies par la honte, consciente de sa faiblesse et de sa vulnérabilité ? Préférant souiller son corps, vendre ses dernières parcelles d’enfance et de pureté, se plonger dans la fange et la corruption plutôt que de ravaler sa fierté ? Luttant pour préserver les apparences, tandis que son cœur s’offrait à l’inévitable… Sourde rage qui l’anime soudainement contre ce souci des apparences. Et pourtant… les choses auraient-elles été mieux autrement ? Petite fille livrée aux mains d’un homme au fond d’une ruelle obscure, plutôt qu’au milieu de la vapeur brûlante de sa salle de bain. Fallait-il tout accepter… par principe ?
De telles choses que la générosité n’existent pas.

Et il s’y accroche, par principe, pour ne pas se perdre dans le flot de ses pensées qui vacillent. Triste société à s’entre dévorer, à se blesser mutuellement, à se jeter des maux et des mots à la figure, et à ignorer le mal d’autrui, petite écharde de trop dans notre vie parfaite, tache sur le tableau idyllique qu’il fallait à tout prix masquer. A défaut de pouvoir effacer. L’homme était ainsi. Lui de même. Mais ne se le cachait pas.
Aurait-il dut tout de même accepter cela ?

La porte qui s’ouvre, tandis qu’une frêle tête humide émerge, vient mettre fin à sa réflexion.
Se levant il se dirige jusqu’au coin cuisine, avant de revenir et de lui tendre le sandwich qu’il a préparé. Et toujours ce regard posé sur lui en silence. Toujours ce vague malaise qui le saisit face au trop plein de silence. Petite fille pleine de vide au corps flottant des ses vêtements trop larges. Il pousse un soupir, puis désigne le canapé d’un geste.

-Tu dormiras ici, ce soir. Et ne proteste pas, ici c’est chez moi, c’est donc moi qui fixe les règles.

De telles choses que la générosité n’existent pas.
Juste des conventions fixées, masquées sous de beaux noms. Comme pour se donner bonne conscience.
Mais… pouvait-il en être sûr ?
[…]

Il fait sombre dans la chambre, obscurité angoissante étendant son voile au dessus de lui, comme pour le dévorer. Sensation de crainte qui l’émerge du fond de ses entrailles. Boule dans sa gorge qui bloque ses cris de peurs. Le noir. Dévorant. Sur lui. Qui le submerge. Prêt à l’engloutir.
Phobie nocturne d’enfant.

N’y tenant plus il bondit hors de ses draps, se précipite vers le couloir et son rais de lumière salvateur. Traverse le couloir vide. Elle, oui, elle pourra le sauver ! Elle et ses bras qui le serrent, fort, si fort que les ténèbres fuient face à la chaleur de leur étreinte. Celle contre qui il se blottit la nuit, remplaçant l’absence d’un père qu’il n’a jamais connut. Elle qui l’aimera toujours. Elle lui a promis.
Doucement, il pousse la porte de la chambre maternelle, prêt à se précipiter contre elle. Quand…

-Ma… maman qu’est ce que tu fais ?

… pourquoi n’est tu pas seule ?
Et ravaler les larmes qui se bousculent sous ses paupières et l’horreur acide qui lui tord le ventre.
Elle avait pourtant promis…
Il ne comprend pas.
Tout n’est donc que… mensonges ?

[…]

Un sursaut, tandis qu’il s’éveille soudainement, le corps en sueur, les membres tremblants, dans la pénombre de sa chambre. Un rêve. Encore un. De ceux qui s’accrochent, souvenirs cruels qui reviennent sans cesse, et sa catin de mère dans les bras d’un autre, tout n’est que mensonges, l’amour n’est qu’une façade. Rien ne vaut la peine d’être crut. Soudain, quelque chose vient saisir sa chemise, tandis qu’il se jette en arrière, manquant de tomber du lit sous l’effet de la surprise. Yeux qui se baissent. S’écarquillent. Contre lui, son corps fin, ses yeux mis clos, masqués par sa tignasse brune, et sa main tremblante qui s’accroche, s’accroche… Gêné il regarde cette présence accrochée à la sienne comme à une bouée de sauvetage, sans savoir que faire, légèrement amusé par tant d’effronterie. Ou de sincérité.

Peut être est ce pour cela que doucement ses bras viennent enserrer son corps maigre, comme pour la retenir, petit oiseau où sont passées tes ailes brûlées, brisées, où sont passés tes mots, pourquoi ces tremblements, ces creux dans ta chair osseuse, tandis que mes mains te saisissent, fort, fort, fort, ta tête au creux de ma poitrine, et par cette étreinte c’est le petit garçon en moi que j’enserre, pansant toutes les plaies ouvertes au fond de moi.
Et toi, quel vide, quelles douleurs tes yeux clos masquent t’ils ?
Mens-tu toi aussi ?

[…]
-Tiens…

Etonnement, tandis que qu’elle refuse d’un large signe de tête le carnet et le stylo qu’il lui tend. Tout deux assis dans la cuisine, l’un face à l’autre, visages étrangement sereins. Comme reposés. Rien n’a été dit quand aux évènements de la nuit. Et il sourit, tandis qu’il comprend, et met de côté le moyen de communication qu’il avait voulut lui offrir. Entre eux se sera le silence. Eternel. Consentant. Celui que tous cherchent à fuir, et qu’il laisse s’installer peu à peu dans le vide de la cuisine. Calme apaisant qui se passe de mots inutiles. Incapable de mentir.

Et il sait qu’il ne devrait pas. S’attacher peu à peu à cette présence éphémère qu’il finira par détruire de son regard cruel. Jusqu’à ce que le charme se brise. Jusqu’à la déception. Il sait qu’il ne devrait pas.

-Tu as quelque part où aller ?

Nouveau déni silencieux. Soupir. Il sait qu’il ne devrait pas. Chose inutile que tout cela.
Et pourtant…
Soupir.

-Soit. Demain nous irons t’acheter quelques vêtements.
[…]
C’est un regard qui s’imprime au fond de la rétine. C’est une routine qui s’installe. C’est un sourire qui reste. Ce sont des moments de vie glanés, illusoire, trompeurs, oh combien doux. C’est s’habituer peu à peu à cette frêle présence. Sa présence. Ses regards qu’il ne sait toujours comprendre, les mots qu’elle refuse, qu’elle ne peut pas dire. C’est tout abandonner sur un coup de tête, vivre pour un avenir qui ne viendra pas. C’est l’accepter. C’est aimer chacun de ses sourires, de ses silences qui agrandissent le vide. L’accueillir en son cœur, au risque d’être déçu, s’ouvrir, dénudé, vulnérable face à la déception qui viendra inévitablement le frapper. Mais il s’en moque. C’est accepter tout cela, les flots d’amour et le risque.

Tendresse chaste, et son corps serré contre le siens dans la chaleur des draps, ses lèvres sur son front, il l’aime comme une petite fille, il l’aime jusqu’à la perdition, c’est un rayon de soleil brisé, un oiseau sans voix, sans voix, c’est un être fragile à protéger, à prendre sous sans aile. C’est un être qui n’a pas de mots. C’est un être qui ne ment pas.
Le seul qu’il ait jamais connut.

Et les jours s’écoulent, des poignées de vie et de douceur qui filent entre les doigts, saisies à la va vite. Il sait que bientôt tout cela lui sera retiré. Il sait que tout cela se terminera, lorsqu’il lui fait la lecture, donnant vie aux paroles qu’elle ne peut prononcer, lorsqu’ils marchent ensemble, le regard tourné vers la vie, en silence, et c’est un regard qui s’adoucit peu à peu dompté par le sien, lorsqu’ils s’endorment tout les deux, il a tout plaqué, travail, cours, connaissances, ils sont seuls tout les temps, le temps que ça durera.
Peu importe le reste.
[…]

-Tu ne pourras pas rester éternellement.

Ca y est, les mots sont lancés. Assis face à elle, il lui faut briser le silence, donner forme à cette vérité menaçante qui flotte, étendant peu à peu autour d’eux son emprise informe.

-Ca ne peut pas durer.

Et il faudrait lui faire mal, la blesser de ses paroles, la traiter de gamine, pour la faire fuir, la frapper droit au cœur, faire couler ses larmes, l’inonder de sa cruauté. Pour mieux la laisser partir. Pour mieux l’oublier. Prendre la faute sur lui, quitte à passer pour le pire des salauds. La quitter, la faire fuir pour préserver intact les souvenirs partagés. Pour ne pas que revienne la déception. Il le sait. Il lui faut mettre fin à cela. Avant que tout ne se termine.

Mettre une fin à l’inévitable. Ou au contraire, la saisir, tout de suite, maintenant, d’une étreinte si forte qu’elle la briserait comme un fétu de paille, brisés, en miettes, les os qui décharnent son frêle corps, la saisir comme pour mieux la retenir, oublier ses principes, les regards du monde qui indubitablement finiront par se tourner vers lui, on ne cache pas la présence d’une adolescente dans son appartement éternellement, peut être la croient t’ils enfuie, séquestrée, et se dresser face à leur hypocrisie, prêt à prendre sur lui les reproches qu’ils ne manqueront de lui apposer. La protéger. La faire sienne. Se blottir dans les extrêmes.
Mais cela, il ne peut. Il a beau être franc, il n’est qu’humain. Lâche. Illusoire. Il n’est qu’humain.

Il faut…

-Il faut que tu partes.

Et ses yeux d’enfants s’écarquillent, et encore une fois il se demande, quel âge peut elle donc avoir cette enfant, qui le fixe de son regard supplicié, désespéré, quatorze, quinze ans, comment les jours ont-ils put marquer tant d’émotions dans un regard, mais que cache t’elle donc derrière sa bouche qui se tord, mais que cherche t’elle donc à fuir, quelle vérité cruelle au creux de ce visage de porcelaine, tandis qu’elle se lève, en silence. Mais pas vers la sortie. Vers sa chambre. Claquement de porte.
[…]

-Ne me rend pas les choses plus difficiles…

Sa voix est froide tandis que la porte s’entrouvre. Pour ne pas laisser s’échapper les supplications, ridicules, inutiles, les ne me fait pas cela je t’en prie, ne me fais pas cela… Ne t’accroche pas, ne me laisse pas te blesser pour ne pas avoir à changer d’avis. Car la vie est ainsi. Vérité indéniable qu’il a appris à accepter. Pas elle. Et ses yeux s’écarquillent, tandis qu’il la voit, allongée sur le lit, ses yeux fixés sur lui, pas des yeux d’enfant, non, des yeux durs, des yeux qui en ont trop vus, une vérité pour ce cœur ne voulant grandir, où se mêlent dureté et supplication.

Entièrement nue.
Et il ne peut détacher son regard d’elle, de son corps décharné, déchiré, corps d’enfant frêle à la peau diaphane, aux hanches saillantes, chair inexistante qui la recouvre, parsemé de cicatrices, anciennes traces de bleus, de griffures, de coups qui s’effacent. Et il sait qu’il devrait feindre la pudeur, détourner les yeux de ce corps de vestale mis en pâture sur l’autel de son désir, mais il ne peut pas. Pas de mensonges. Vérité dérangeante qu’il faut affronter sans fléchir. Un silence qui plane, tandis qu’ils se fixent, liés dans la perdition se lisant à travers leurs regards. Quand soudain…
… sa voix retentit.

Voix de petite fille enrouée, dure, raclée. Voix trop habituée au joug du silence. Voix qui cherchent les mots, les syllabes, les lettres perdues, comme pour leur redonner forme. Deux mots.

- Aime-moi…

Yeux écarquillés. Cœur qui tambourine. Trop fort. Bien trop fort.
Dégoût qui le submerge.
Menteuse.
Menteuse.
Menteuse.

Tous pareils. Comme les autres. Elle avait mentit. Lui masquant ses mots, sa réalité, ses véritables désirs. Menteuse. Et tout se mélange, le vrai du faux, les moments partagés, tout s’effondre, il est trop tard, rage sourde qui tambourine, menteuse, menteuse, quels autres réalités factices avait-il crut ? N’avait-elle vraiment nulle part où aller ?
L’homme dont il l’avait libéré était-il vraiment un pervers ?
Et les paroles de celui-ci lui reviennent.
Je suis son père.
Que voulait-elle réellement ?
Et surtout… dans quelle merde s’était-il fourré ?

Et ne reste qu’un seul mot, cruel, qui tambourine, tambourine, cogne, détruisant tout sur son passage. Menteuse. Menteuse.

- Va-t’en…

Plus de trace de douceur dans son regard ou dans son cœur. Va t’en qu’il répète, la fixant de ses yeux brûlants, va t’en répète-il de nouveau, va t’en hurle t’il à présent, tandis qu’elle se redresse, désemparée. Terrifiée. Mais il n’en a cure. Va t’en hurle t’il de nouveau, va t’en, hors d’ici, hors de ma vue, menteuse, menteuse, menteuse, va t’en, tandis qu’elle se précipite sur ses vêtements, va t’en tandis qu’elle court, ses pieds nus sur le carrelage, passe le pas de la porte, son corps un instant au niveau du sien, ses lèvres serrées, serrés, moue de douleur et de déni, va t’en, tandis que ses larmes coulent, que la porte d’entrée s’ouvre et claque, petite fille nue sur le palier, ses oripeaux à la main. Va-t’en. Tout est finit. De nouveau. Il en est ainsi, il le sait.
Alors pourquoi ces larmes qui coulent et viennent se joindre aux traces de celles de l’enfant envolée, brisée ?
[…]

Les minutes passent. Le silence s’installe et vient combler son dégoût. Les pensées tourbillonnent au sein du vide qui l’habite. Culpabilité qui vient, doucement, sûrement, le ronger. Certes, elle avait mentit, hurle la rage dévorante crissant au fond de ses entrailles.

Mais… ensuite ?
Pourquoi avoir pris la peine de cacher les mots qu’elle avait ?
Peu importe, elle a mentit.
Les mots sont ce qu’il y a de plus menteur…
Elle cachait ses mots.
Elle cachait ses mots.

Et soudain la révélation lui parvient, tandis qu’il se précipite à la porte, dévale les escaliers, vite, vite, avant qu’il ne soit trop tard, petite fille fondue dans la foule, perdue à jamais, vite, vite, elle n’avait pas mentit, elle avait caché ses mots pour toutes ces paroles qu’elle ne parvenait pas à dire, pour toutes ces vérités qui s’échappaient de son corps entier, elle n’avait pas mentit, elle avait inhibé la source de ses mensonges, elle n’avait pas mentit, vite, vite…

Ses mots, les seuls, les vrais, les sincères avaient été tout ce qu’elle avait put lui offrir.
Et il se souvient, du dégoût de l’homme, de ses mots cruels, quelle petite fille ne fuirait pas un père ainsi, quelle réalité tragique cachait cette histoire que personne n’a jamais su comprendre.
Lui le premier.
Vite, vite, hurlent ses pas sur le carrelage, vite, vite, hurlent ses mains poussant la lourde porte de l’immeuble.
Mais qu’est ce hurlement de pneus qu’il entend ?
[…]


Et c’est le silence. L’immense, le dévorant. Le vrai. Celui qui se passe de mots.
Ce sont ses membres figés. Ce sont ses yeux fixés droit devant lui sur cette réalité qu’il ne veut pas voir.
C’est le murmure de la foule effarée. C’est une nausée qui saisit tout son être. C’est un hurlement qui n’a pas besoin de sortir. C’est un cri qu’ils n’entendront pas.
C’est son corps sur le bitume.
Désarticulé. Brisé.
C’est une poupée de chiffon en morceaux.

Et il n’a besoin d’aller plus loin, de secouer ce corps jusqu’à l’agonie dans l’espoir d’en soutirer un souffle de vie. Il sait déjà. Une si frêle petite fille.

Et il n’a de peine à imaginer la scène, l’enfant, ses vêtements à la main, maintenant épars sur la route, sa course, ses pieds nus écorchés, sanguinolents, sur la cruauté du bitume, la voiture, une course, un choc et c’est l’envolée, petit oiseau sans ailes, le ciel t’aura tuée. Petit oiseau sans voix, la chute t’aura brisée. Ne reste que ton visage d’enfant, teinté de striures carmines, comme endormi, intouché, petit oiseau si pur même dans sa douleur, même dans sa souillure, même dans son corps tordu. Et ses dernières paroles lui reviennent tel un poignard s’enfonçant toujours plus loin dans la plaie.
Aime-moi.

Catin, catin, aurait-il envie de hurler. Briser la foule d’un revers de bras et hurler cet unique mot, catin, catin, pourquoi t’immoler pour un amour impossible ? Pourquoi me faire cela ?

-Hey… mais c’est la mal baisée !

Surpris, ses yeux se lèvent, avant de se poser sur les deux hommes, les yeux fixés sur le cadavre comme sur un spectacle de foire, au milieu des murmures d’horreur. Hypocrite humanité déchue.

-La quoi… ?

-Mais oui, tu sais, je t’en avais parlé, un véritable bon coup celle là ! Toujours à traîner seule dans le coin, à te fixer avec ses yeux de biches, aime moi disait-elle d’une voix implorante, et il te suffisait de l’entraîner où tu voulais, gratuite en plus de cela ! Ca faisait un bout de temps que je me l’étais plus sautée, je me demandais ce qu’elle était devenue… Pas vraiment bien foutue, mais sacré bon coup, c’est dommage !


Et ils partirent, éclatant d’un rire gras.

Et debout sur le trottoir, il comprend enfin, tandis que l’horreur et la douleur font place à une rage sourde. Contre le monde. Contre lui-même. Quel con. Quel con. Il aurait dut comprendre. Cette vérité qu’elle hurlait par tous ses pores. Aime-moi. Son unique réalité. Petite fille enfuie à travers les rues, catin juvénile prête à s’offrir pour une caresse, pour une promesse, pour un espoir d’amour, croyant pouvoir trouver celui-ci entre le corps des hommes. Triste placebo. Ou peut être ne savait-elle aimer autrement. S’offrant naïvement à lui dans l’espoir de le retenir encore.
Et il avait tout brisé.

Et la vérité se dévoile, celle toujours présente qu’il n’avait simplement sut saisir. Petite fille qui n’avait pas les mots. Qui ne savait aimer, dire les paroles qui l’aideraient à saisir un cœur, qui, consciente de ses faiblesses, avait préféré se taire. Petite fille naïve, à la chair souillé et au cœur intouché qui n’avait que son corps à offrir. Que son corps pour aimer.
Petite fille sans histoire. Petite fille brisée.

Un dernier regard pour ce corps désarticulé qui n’approchera pas, étendu au beau milieu de la route, au milieu des badauds et des sirènes hurlantes de l’ambulance. Il ne veut en voir plus. Conserver en lui l’image intouchée de cette enfant anonyme, bientôt perdue dans les rumeurs des badauds, hypocrites à se rassasier du spectacle de la douleur d’un autre. Mais lui saura. Lui conservera ce secret, ces désirs qu’il a sans doute été le seul à percer. Lui s’accrochera à cette image que les ans et l’oubli rongeront peu à peu. Un dernier regard tandis que d’un geste, il se frappe légèrement la poitrine, semblant lui dire, moi je t’aimerais, moi je te protégerai, moi je te garderais juste là.
Les mots sont inutiles.
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Vesuvio Contini

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Ven 1 Oct - 2:21

(Comme promis, Haya c'est pour toi. <3 (Et jaune le cadre hein.... /PAN))

Jusqu'à mon dernier souffle.


-Ce que j’ai à te dire n’est pas facile…

Silence. Ses yeux qui tentent de se détourner de mes pupilles, la fixant sans concession, attendant la vérité blessante, qu’elle s’apprête à me lancer à la figure, tout pour que cesse cette note d’appréhension au fond de ma gorge, tout plutôt que ce doute qui me taillade, mais qu’attend tu donc, frappe moi, blesse moi des tes mots meurtriers que je ne veux pas entendre, relâche les, laisse les me mordre, lacérer mon cœur, chasse cette angoisse qui bouillonne au fond de moi, donne moi une raison de souffrir. Je ne suis pas faible tu sais, lui-même le disait, tu es forte Clara, bien trop forte, quand te laisseras tu enfin aller, quand cesseras tu de te dresser envers et contre tout ? Et ses lèvres mordillant les miennes, sa voix qui résonne encore, quand te laisseras tu enfin saisir, quand accepteras tu d’être mienne, de courir après du vent, sois mienne, aime moi comme je t’aime, à la vie, à la mort… Et un sourire qui le blesse, et toi, quand cesseras tu de courir après les filles de rues, à trouver refuge au creux des reins des catins trop fardées ? Et toutes ses nuits à me rendre folle, à me jeter dans les bras du premier homme venu, pour oublier, pour te faire souffrir comme je souffre, te décrire le contact de leurs peaux contre la mienne, les chairs qui se frottent, se tannent, se fondent, et tant pis pour l’amour, moi je ne veux que la liberté, à la vie, à la mort, ne disais tu pas ?
Alors pourquoi es tu parti ?

-… n’ont rien pu faire, trop forte hémorragie interne, il était déjà trop tard. La chute, tu comprends.

Silence. Vérité crue, amère, dure, acide, qui se passe de mots. Elan de rage qui me traverse, imbécile, pourquoi, pourquoi, pourquoi, où est-elle donc passée cette liberté à laquelle tu tenais tant, imbécile, pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Oh cruel amour, cruel orgueil qui nous montait l’un contre l’autre, et se fuir sans cesse pour mieux se retrouver, se frapper tour à tour avant de panser nos plaies communes, ta peau battante contre la mienne, cris de plaisir et de douleur mêlés, moi toi il te faillait toujours plus, à la vie à la mort disais tu pourtant, toi et moi à jamais, alors pourquoi ? Pourquoi me frapper plus fort encore, vouloir gagner cette guerre puérile par ce dernier coup que tu me porte, me prouver que tu étais capable de tout pour moi, de me blesser le plus fort, imbécile, imbécile…

-… une lettre dans sa chambre. Explique les raisons de son… suicide.

Imbécile, imbécile, imbécile. A quoi bon tout cela et me faire espérer une traite enfin, une promesse de bonheur au goût inespéré, tout pour lutter contre la solitude qui m’assaille, contre le manque de toi dans mon cœur, et me jeter de nouveaux dans cette passion ridicule, dans ces bras que tu m’avais tendus, je suis revenu mon amour, à présent toi et moi, à la vie à la mort, promesses jamais tenues, nouveaux mensonges, en lesquels j’avais crus, lorsqu’hier je t’avais ouvert ma porte, accueilli au creux de mes bras sans me soucier des conséquences, et tant pis pour les coups portés, pour ta disparition, ta longue absence, tu avais toujours voulut tout avoir, tout saisir d’un revers de main, la liberté et l’amour fou, sans se soucier des cœurs brisés à ton passage. Et devenir le monde à mes yeux, m’aimer à la folie, m’offrir tout de toi, tout de toi, tout de moi, tout, tu entends. Devenir le monde à mes yeux. Afin de mieux le briser.

-… il l’avait tu comprends. Il y dit préférer se donner la mort lui-même plutôt que de laisser la maladie le faucher. Le SIDA je veux dire…

Et je comprends.
Peau contre peau.
Tout de toi, tout de moi.
On ne s’était pas protégés.

Une nuit, une dernière. Revenir après des mois de silence, me saisir à bras le corps, toute entière, profiter de ma faiblesse, de mon abandon, lier mon corps au tien, tout de toi, tout de moi, à la vie, à la mort, sceller de ce contact nos deux destins et m’emporter jusqu’à la tombe. Le salaud. Il m’avait bien eue.

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Massimo A. Torino

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Mar 5 Oct - 3:20

J'adore *_* J'aime bien la dernière, avec le retournement de situation, enfin la chute. L'avant-dernière est bien aussi. C'est beau mais c'est triste TT__TT
Je suis en train de lire l'avant-avant-dernière (oui, je lis à l'envers xD). Tu as un style magnifique *_*

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Wilhelm W. Eilenbecker

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MessageSujet: Re: Lilith's writing   Jeu 7 Oct - 3:04

Ah merci *ww*, ca fait plaisir que tu aies prit le temps de lire *heureuse*
Par contre du joyeux tu risque pas d'en trouver beaucoup dans tout cela... x,D
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Lilith's writing

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