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 J'ai milles et unes histoires a vous dire. (Alluce).

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Abel E. Taylor

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Date d'inscription : 19/10/2010
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MessageSujet: J'ai milles et unes histoires a vous dire. (Alluce).   Mar 15 Fév - 14:44


    Ouais, si j'suis pas clair c'est qu'ici c'est l'enfer
    C'est qu'ici c'est l'enfer, j'arrive pas à m'y faire.



Ile de Murano, bordel d'Alluce.

Elle était revenue.
Elle était revenue, la tendre amie, la douce amante, la cruelle égérie. Installée dans un coin de sa tête entre les vagues d’amertume et d’espoir qui s’enfuient, trônant telle une grande dame dans le vide de son cœur, la cruelle habitude, celle jamais oubliée, jamais abandonnée. Elle ne lui avait pas manqué. Elle s’était installée, au milieu du silence, de son corps qui hurle à, à l’abandon, elle avait immergé ses yeux vides, ses doigts qui se tendent automatiquement devant lui tandis qu’il compte les fissures du plafond, enfant vidé de son être, n’étant qu’une pulsion, qu’un désir, elle avait prit place au milieu du chaos de son esprit, avait lacéré les creux de sa tête, de ses paroles glaciales, de sa lucidité pesante. Autant la drogue était-elle oubli, autant était-elle perte. Amertume qui grignote, boule dans la gorge, murmures insidieux, insupportables, il n’en veut pas, il n’en veut plus, encore regrettera t’il lorsqu’il se noiera d’espoirs et de naïvetés arrachées, encore la chassera t’il d’un revers de main, lorsque les rêves reviendront. Inlassable boucle.

Douleur immonde que ce vide là, car que reste t’il la dernière pilule avalée, la seringue vidée, les derniers relents de poudre envolés? Que reste t’il dans le vide de son regard, que reste t’il quand il faut redescendre, c’est un beau voyage qui se termine, et voila les yeux qui se posent sur les murs décrépit, les préservatifs usagés, les vêtements jetés à la va vite, et la douceur pour les chiens, ne reste que cette crasse là qui colle à la peau et au cœur, qui ronge et qui dévore, celle que les ablutions consécutives, l’eau qui coule sur le corps, l’éponge qui frotte, frotte, ne sauront enlever, t’as ça gravé dans la peau gamin, t’es plus que cela, un jouet qu’on prend et qu’on délaisse, murmure t’elle des tréfonds de son esprit, t’es qu’une pute enfant, une pute… Glorieux tableau.

Alors que reste t’il lorsque la naïveté s’envole, lorsque les yeux jamais fermés s’ouvrent grand, que reste t’il dans le vide des locaux désertes du bordel, lorsque le corps épuisé implore la fuite, peut importe sa laideur, que reste t’il lorsque tous ont fuit, que seul le manque tiraillant reste? Que reste t’il si ce n’est ses poches vides, peut être a t’il encore oublié de lui donner sa dose, qu’en sait-il, peut lui importe, manque hurle le corps, manque, manque, il n’a pas le courage de faire le trottoir ce soir, il ne veut pas des caresses salaces dont elle rehausse la laideur, il ne veut pas de la vérité nue qui court lorsqu’il s’agenouille, il veut des contes que l’on murmure entre deux passes, de envies de douceur lorsque les mains dure lui tiennent la tête, des rêves de satin lorsque ses genoux s’écorchent contre le sol, lorsque que d’autres peaux suantes se frottent à la sienne. Que reste t’il quand tout s’enfuit, quand te voila qui crève comme un chien, depuis quand ne t’avait t’il pas ouvert grand les bras ce gouffre là, chassant la naïveté salvatrice dans laquelle tu tente de te perdre, que reste t’il quand les espoirs que tu murmure, malgré les vérités insidieuses, l’espoir d’un client plus doux, d’un bourreau plus aimant, la recherche de cette générosité trop bien cachée sous les couches d’immondices, s’enfuient?
Rien qu’elle.
La colère.

Colère froide, brulante, colère envers lui, colère envers Caïn et ses premières désillusions, colère envers Milo et son amour qui fait mal, colère envers Allude, ses oublis et sa dureté, colère envers la rage et son existence, dégout pour lui même et sa souillure … Dégout pour la vie, dégout pour l’espoir. Haine pour moi et mes doigts qui le façonnent. Haine pour vous, et vos yeux qui lui donnez vie.

Alors il s’est levé, doucement, a trainé son corps épuisé entre les couloirs, entre les chambres aux gémissements salaces, ses yeux cernés tourné vers des impossibles, un pas âpres l’autre, et ma fierté dans la cuvette entre les flots de bile acide, et ma fierté oubliée, ce soir il ne veut faire le trottoir, ce soir il n’a la force de chercher à se fournir ailleurs, tant pis, ma fierté je l’ai jetée, piétinée, écrasée, un soir entre des draps crasses, entre les jambes d’un tyran lubrique. Moi j’ai que le corps qui hurle, j’ai que cette pute qui me murmure comme je suis sale, alors je m’en fous du reste, moi je me suis perdu, j’ai balancé mon cœur aux chiens. Même eux l’ont dénigré. Alors je veux juste qu’elle se taise. Retrouver la douceur habituelle, juste un instant, que le monde soit beau, que leurs caresses soient douces.
Je veux juste qu’elle se taise.

Et chaque pas de plus est une petite mort, quand le voila enfin, vois comme je suis beau, vois le dégout qui plane au bord de mes lèvres, me les rendras tu toi, mes illusions habituelles, tandis que ses yeux se lèvent vers lui, que ses mains agrippent sa chemise, et ma fierté aux égouts …

-Il m’en faut. Encore.

Evidemment qu’il comprendra, ces yeux là ne crient qu’une chose.
Et ma fierté aux ordures.



    Et touche mon front si j'ai l'air pale.


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