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 Goodbye from Russia [Sergeï ~]

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Ian Anderssen

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MessageSujet: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Lun 30 Aoû - 14:25

Il pleuvait à verse. Des masses, des trombes d'eau glacées et imprévues.

Putain de pluie.

Il était tard, et pas un seul péquenots ne trainait dans les rues de Venise à cette heure-ci.

Putain de ville.

Il flottait tellement que le niveau des eaux avait monté en quelques heures à peine. Si on ne passait pas par les minuscules ruelles en hauteur, on était trempés jusqu'aux chevilles. Tu parle d'une ville. Pfeuh, c'était déjà un miracle qu'après tout ce temps, la cité n'ai toujours pas été engloutie sous les eaux. Fallait pas trop en demander.

Et Ian marchait sous ces rideaux de pluie. Il ne savait pas du tout où il allait et pour être honnête, il s'en foutait. Il avait seulement besoin de penser à autre chose. Il était sortit de son appart minable en se disant que le vent frais et la bruine de la soirée allait l'aider à se vider la tête. Sauf que la bruine en question s'était limite transformée en une petite tempête. Il voulait de la fraicheur, bha il avait été servit. Mais au fond, peu lui importait. Il n'arrivait même plus à faire attention à ce qui l'entourait. Sa tête était vide, tout lui donnait une impression floue et cotonneuse.

Le blond eut seulement un sursaut de conscience pendant quelques minutes. Il s'était arrêté au milieu d'un pont. Un de ces larges ponts avec plusieurs voies pour les transports. En-dessous, l'eau grondait, bouillonnait. Entre l'obscurité, la lumière blafarde du lampadaire et la blancheur douteuse de l'écume, le canal avait une couleur bizarre et ecoeurante. Ecoeurante et assez attractive au final. Ian avait presque envie de se laisser tomber dedans.
Et cela résoudrait bien des problèmes.

Il n'aura plus à penser à ce qu'il venait de lui arriver. Il n'aurait plus à penser à cette conversation téléphonique, à ces mots qu'il n'aurait jamais cru entendre un jour. Ce n'étais pas possible, ça ne pouvait pas arriver. C'était seulement un cauchemar. Un horrible cauchemar. Il avait revu la version original de Frankenstein l'autre jour, et ce film le faisait flipper depuis qu'il était gosse. Donc voilà, il devait surement faire un mauvais rêve à cause de ça, ça n'était pas possible autrement. Forcement, regarder un classique des films d'horreur en se goinfrant d'Häagen-dasz Macadamia Nuts juste avant de se coucher, ça vous fout le cerveau et l'estomac en l'air.
C'était un cauchemar. S'il se jetait de la rambarde, il allait surement se réveiller, confortablement affalé dans son vieux lit bien chaud. Puis il glanderait en buvant des litres et des litres de café avant de se rendre compte qu'il était en retard pour son boulot. Il n'avait qu'un geste à faire : Celui de passer par dessus le muret.

Peut-être allait-il vraiment le faire, peut-être pas. Lui même ne le saurait jamais car une forte vibration dans la poche de son pantalon le fit brusquement revenir à la réalité. Ian ne décrocha pas. Il ne regarda même pas le nom de l'appelant. Il ne sortit même pas le téléphone de sa poche. Sinon il l'aurait surement balancé à l'eau, en guise de punition pour lui avoir subtilement rappelé qu'il ne rêvait pas. Ouais, un peu genre : « Hey réveille-toi mon pote. C'est la réalité là, c'est pas la peine d'essayé d'y échapper ».

...Ouais, peut-être que sans ce portable, il aurait vraiment sauté tout compte fait. Peut-être. Alors que l'inconnu sauveur ayant passé l'appel reçoive un hypothétique « merci », il venait peut-être de l'empêcher de faire une énorme connerie.
Mais ceci dit, ça ne changeait rien à la situation. Ian était abattu. Il avait une tronche de déterré, comme s'il n'avait pas dormi depuis trois jours. Et putain, qu'est-ce qu'il avait froid.... Jusqu'à présent il lui avait été facile de passer outre mais il avait de plus en plus de mal à ne pas grelotter.
Il allait peut-être retourner chez lui finalement. Il ne savait pas encore s'il allait noyer son chagrin et son malaise dans l'alcool ou les somnifères mais l'un comme l'autre, il ne voyait pas de différence. Il voulait juste oublier. Ne serait-ce que pendant quelques heures à peine.
Le blond redressa la tête. S'il voulait rentrer, il fallait qu'il détermine sa position. L'endroit lui paraissait familier mais il ne pouvait être vraiment sur à cause de la nuit noire et de la pluie. Seule une habitation en particulier lui rappelait vraiment quelque chose.

Ah....

Il était devant chez Sergeï.

Coïncidence ? Ou conséquence d'une trop grande habitude instinctive ? Ian ne voulait pas le savoir. Parce que quelque soit la bonne réponse, ça ne lui plairai pas.
Il haussa les épaules et monta les quelques marches du pallier, résigné. Il ne savait pas ce qu'il faisait. Il aurait mieux fait de tourner les talons et vraiment rentrer. Mais quelque chose l'avait poussé. Et c'était cette même chose qui le poussait à appuyer sur la sonnette. Il y avait un moment qu'il n'avait pas vu Sergeï, et la dernière, il ne s'était pas quitté en excellents termes. Ian se demandait comment son ainé allait réagir en le voyant débarquer ainsi si tard. Ou non. En fait, ça aussi ça ne lui importait pas vraiment. Il était trop dans le coton pour ça.
Finalement, la porte s'ouvrit.

▬ Hey...

« Hey... ».... Quoi ? Il n'arrivait pas à trouver la suite. Il aurait pût en sortir des conneries. Quelque chose style « je passais dans le coin et j'me disais que ça faisait un moment que je t'avais pas pourri la vie ». Mais non. Même ça, ça ne passait pas.
Alors à la place, il restait planté là, le regard vide et le visage baissé, même pas fichu de sourire comme il savait si bien le faire d'habitude.

Bon sang il avait été trop con. Pourquoi avait-il fallut qu'il s'arrête ici ? Pourquoi avait-il fallut qu'il enclenche cette stupide sonnette ?

▬ Excuse, je... Ferais mieux de partir.

Il avait presque envie que Sergeï lui poutre la face, l'insulte ou le balance hors de chez lui. Parce qu'au moins, pendant juste quelques secondes, il aurait pensé à autre chose qu'à ce sordide évènement.
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mar 31 Aoû - 0:08

Sergeï avait adopté un chien, , il y avait de ça une semaine à peu près. Un chiot, pour être précis. Une adorable petite boule de poil blanche donc il ne connaissait ni l’âge, ni la race puisqu’en vérité il n’avait pas franchement eu le choix : l’animal avait visiblement été abandonné par ses propriétaires initiaux et, à force de le voir errer aux abords de chez lui, le russe avait fini par prendre pitié et le recueillir chez lui. Une rapide visite chez le vétérinaire lui avait appris qu’il n’était pas pucé ni rien d’autre, et Ser’ avait décidé de le garder jusqu’à ce que quelqu’un se réclame de lui. Il avait vite compris qu’il risquait donc de le garder trèèèès longtemps. Et, à choisir, il aurait préféré un chat. C’était moins encombrant, plus indépendant… Plus propre aussi. Parce que le chiot n’était peut-être pas très grand, mais il laissait déjà ses poils traîner partout là où il passait. Et il avait la sale manie de pas demander à sortir quand il devait pisser – mais bon ça, c’était qu’une question d’éducation, et le problème serait vite réglé. Normalement. Et puis il était adorable, ceci mis à part. Chieur, mais adorable. Il lui rapelait quelqu’un, tiens.

Sergeï avait donc décidé de le baptiser Ian. Lequel – le vrai, hein – n’aurait sûrement pas apprécié, s’il avait su. Mais lui s’en foutait et, au fond, c’était aussi un peu voulu.

Ian trompait son ennui lors des ennuyeuses journées comme celle-ci, de par son inépuisable énergie et son incroyable capacité à faire des conneries – encore un point commun avec son homologue humain, tiens. Au moins avec lui, le policier avait autre chose à faire que passer toute la journée à bouquiner ou ressasser des souvenirs quand il ne travaillait pas, comme aujourd’hui. Il aurait fait beau, encore… Mais non. Le ciel versait des trombes et des trombes d’eau sur la ville depuis ce matin, et Venise ne paraissait jamais aussi déprimante ni aussi délabrée que par un temps pareil. Alors sortir prendre l’air ? Non merci, on était encore bien mieux dedans, au chaud et au sec.


A bien y repenser d’ailleurs, ça faisait une paye qu’il n’avait pas eu de nouvelles d’Ian. Pas depuis leur prise de bec, au commissariat il y avait… hum, quelque temps de ça déjà. Il avait essayé de se persuader que c’était aussi bien comme ça, que chacun parte de son côté et puis bon vent, voilà. Et que non, il ne lui manquait pas. Pas du tout. Jamais. Qu’il avait d’autres amis avec lesquels il s’entendait très bien et qu’il n’avait donc pas besoin d’un boulet dans ses pattes qui réussissait l’exploit de se foutre dans les emmerdes tous les dix pas. Qu’en conséquence de ça, quand il partait s’aérer le corps et l’esprit, ce n’était que pure coïncidence si ses pas finissaient indéniablement par le mener dans les environs de là où créchait son cadet dans 90% des cas. Il s’était même retrouvé directement en bas de chez lui, une fois. Un pur hasard, bien sûr. De toute façon, il avait aussitôt tourné les talons tout en étant intérieurement soulagé que les fenêtres de l’appartement d’Ian ne donnent pas sur cette rue là.


...

Sergeï s’était levé depuis pas même une demi-heure quand la sonnette se fit entendre dans la maison. C’était assez inhabituel qu’il se lève aussi tard mais il avait une bonne excuse, ayant été invité par des collègues hier soir. Il n’avait pas dormi, était rentré tard dans la matinée et avait pioncé toute l’après-midi. Horaires de merde. Enfin, ça servait à ça les jours chômés, hein.
Bref. Il avait donc tout juste eu le temps de prendre une bonne douche froide histoire de se remettre les yeux en face des trous, d’enfiler un boxer et de gober une aspirine pour parer à une légère migraine que déjà, il l’entendait résonner. Pourtant, il n’attendait personne, pas à ce qu’il sache en tout cas.
Le russe avisa un grand t-shirt et s’en vêtit, ne prenant pas le soin de s’habiller davantage puisque de toute façon les – (très) rares – personnes qui venaient lui rendre visite à domicile étaient soit de très bons amis, soit des démarcheurs en tout genre auxquels il claquait généralement la porte au nez. Aucun intérêt, donc, qu’il fasse bonne présentation ; Après tout, c’était pas comme si son boss attendait de l’autre côté de la porte. Surtout pas par un jour pareil en plus. Et encore moins à cette heure.

C’est donc avec un enthousiasme fort modéré qu’il alla ouvrir la porte – après avoir mis la cafetière en route… pour se retrouver nez-à-nez avec un Ian trempé jusqu’aux os.
Il n’essaya même pas de cacher sa surprise lorsqu’il enregistra l’identité de la personne qui lui faisait face.

Mais qu’est-ce qu’il foutait là, lui ?

Il lui aurait volontiers refermé la porte dessus, s’il n’avait pas tilté assez rapidement que quelque chose clochait dans son attitude. Le « Hey » faiblard qu’il lui avait lancé en était la preuve flagrante, d’ailleurs.
Appuyé contre le chambranle de la porte, Ser’ ne répondit pas, se contentant de l’observer d’un air perplexe. Et son vis-à-vis d’enchaîner comme quoi il ferait mieux de dégager de là, interprétant sans doute l’attitude de l’aîné comme un congédiement.

« Non. Le ton n’admettait pas de réplique. Il éprouva cependant le besoin de se justifier ; T’es trempé comme une soupe, tu vas choper la crève. Attends au moins que le temps se calme. »

Il s’effaça de l’embrasure de la porte pour lui permettre d’entrer, mais l’autre ne bougea pas. Sergeï ne l’avait jamais vu comme ça, il semblait hébété comme… comme dans un état second. « Viens. » Il lui attrapa le bras pour le faire rentrer, des fois qu’il décide quand même de tourner les talons après l’injonction, et referma la porte sur Venise et son temps de merde.
Le chiot se faufila entre les jambes de son maître pour venir accueillir le nouveau venu avec force effusions de joie comme il se devait, et Sergeï en profita pour s’éclipser dans la salle de bain. Il en revint avec une serviette dont il enveloppa les épaules du cadet, et lui plaça d’office une tasse de café – la sienne – entre les mains, enserrant ses dernières des siennes jusqu’à ce qu’il soit sûr qu’Ian ne laisserait pas tomber l’objet. Il était même allé chercher du sucre, le brave homme.

« Assieds-toi. Et dis-moi c’qui va pas. »

Direct, comme à son habitude. Ser’ se perdait rarement en détours inutiles.
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Ian Anderssen

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mar 31 Aoû - 13:33

« Je ferais mieux de partir. » Il avait dit ça, mais il n'avait pas été capable de tourner les dos et s'en aller directement. Juste quelques secondes d'hésitation. Ça avait suffit à Sergeï pour le forcer à entrer. Pas de remarques désobligeante, pas de soupirs agacés ni de regards en l'air. Il ne lui avait pas claqué la porte au nez ni ne l'avait engueulé. En temps normal, Ian aurait trouvé ce comportement déroutant.
Quoique s'ils avaient été « en temps normal », Sergeï aurait déballé son comportement habituel hors du placard. Tout aurait été... Comme d'habitude. Ça aurait peut-être été mieux.

Dés que la porte d'entrée se referma, un sentiment bienvenue de sécurité l'envahit. Et de malaise aussi. Ian avait pour habitude et réputation d'être un crétin super-actif qui n'hésitait pas à s'incruster chez les gens sans remords, toujours avec sa bonne humeur collée sur le visage.
Mais il ne supportait pas devoir montrer l'envers du masque aux autres. Il n'avait pas envie de leurs montrer ses faiblesses, ses états d'âmes, ses réflexions tantôt angoissées, tantôt illogiques. Pas même à Ser. Surtout pas à Ser d'ailleurs. C'était même un comportement stupide, car c'était surement la personne sur Terre qui le connaissait le mieux. Peut-être même plus que ses propres parents.

...Ses parents...


Le cadet accueillit la chaleur avec soulagement. Il n'essaya même pas de se souvenir de sa dernière visite chez son ainé. Ça lui semblait si loin.
Tout lui semblait très loin à présent de toutes façons.
Il était tellement absent que tout fonctionnait au ralenti chez lui. A partir du moment où il avait posé le pied à l'intérieur de l'habitation, il faisait encore moins attention qu'à l'extérieur. Sans trop qu'il sache comment il en était arrivé là, il réalisa qu'il se retrouvait avec une serviette sur les épaules, une tasse de café dans les mains, Sergeï juste devant lui et un chien jappant dans leurs jambes.
Un chien ? Ce mot était-il vraiment compatible avec Sergeï ?
Apparemment oui.

Ian obéit par réflexe quand son vis-à-vis lui proposa de s'asseoir. Il était tellement perdu que l'autre aurait pût lui demander d'aller sauter du toit qu'il se serait exécuté.

Incapable d'avaler quoi que ce soit pour le moment, le blond posa la tasse sur la table et se pencha pour laisser l'animal le renifler avec curiosité. Il était vraiment tout jeune. Surement pas plus de quelques mois.
Ian éluda la précédente question de son ami. Il ne voulait pas y répondre. Ou plutôt, il n'y arrivait pas. Il savait que les mots allaient se bloquer dans sa gorge.

▬ Je savais pas que t'avais un chien. Il caressa la petite bête qui semblait tellement heureuse de son sort qu'une ombre de sourire apparu un bref instant sur les lèvres d'Ian ; Il est mignon.

Il avait été de mauvaise foi tout à l'heure quand il avait pensé que Sergeï et un animal de compagnie n'était pas deux entités respectivement compatibles. Au fond, Ser était tout à fait le type de personne qui, derrière son expression impassible, était parfaitement apte à aider les gens et les animaux. Depuis tout gosse, Ian avait toujours pensé que des concepts comme celui du bénévolat ou de l'aide à la personne avaient limite été créés pour Ser. Il avait eu raison en un certain sens : Son ainé était devenu flic. Ça revenait à protéger la société. Dans une autre mesure.

▬ C'est marrant, quand on étaient petits, elle n'arrêtait pas de soutenir que tu ferais un super docteur. Ou un vétérinaire. Elle est pas tombée tout à fait juste, ma mère...

Son regard s'était encore assombri en lâchant ses mots. Quoi qu'il dise, il savait qu'il allait toujours finir par aborder le sujet sans le vouloir.
Il resserra la serviette autour de ses épaules. Maintenant qu'il s'était habitué à la première vague de chaleur, il recommençait à avoir froid.

▬ ...Je vais devoir retourner à la maison quelques temps.

« A la maison. » Parce que oui, au final, il considérait encore son pays d'origine et son petit bled pourri comme une de ses maisons. Car c'était quand même là qu'il était né et avait grandi mine de rien. Il ne savait pas si Sergeï voyait les choses de la même façon. Ils n'en avaient jamais vraiment discutés.
Il reprit d'une voix plus faible et incertaine.

▬ Et selon la situation... Il se peut que je revienne pas.

Il n'osait pas le regarder. Il focalisait son attention sur le chiot à ses pieds et à la chaleur de la tasse qu'il avait entre-temps reprit en main.
Il ne savait pas s'y prendre pour annoncer ce qu'il avait à dire. Lui-même n'arrivait pas à se rendre compte, alors comment en faire part à un tiers dans ce cas ?
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mar 7 Sep - 7:43

▬ C'est marrant, quand on étaient petits, elle n'arrêtait pas de soutenir que tu ferais un super docteur. Ou un vétérinaire. Elle est pas tombée tout à fait juste, ma mère...

C’était pas vraiment tout à fait le genre de réponse auquel il s’attendait, Sergeï. Mais il n’était pas né de la dernière pluie, et n’était pas non plus encore assez con pour ne pas comprendre qu’il y avait un rapport. Un très gros rapport. Il avait même la désagréable impression qu’il risquait de ne pas aimer ce qui allait suivre. Mais il ne voulait pas interrompre Ian alors qu’il venait de sortir de son mutisme, et se laissa tomber dans le canapé à côté de lui tout en observant le silence. Le reste ne se fit pas attendre, son cadet déclara alors qu’il allait retourner « à la maison » et Sergeï tomba des nues lorsqu’il comprit de quelle maison il parlait.
Quant à ce qui suivit… Il aurait voulu jeter un gros silence dans la petite pièce qu’il n’y aurait franchement pas mieux réussi.

Seul le chiot semblait totalement indifférent – et quoi de plus normal ? – à ça, continuant de quémander caresse sur caresse au nouvel arrivant, parfait inconnu pour lui et donc pour l’instant le truc le plus intéressant qui soit.

Sergeï, en ce qui le concernait, restait toujours aussi silencieux. Il avait le regard vague du type plongé en pleine réflexion, et ses yeux fixaient sans le voir le mur de couleur claire qui faisait face. Les propos du plus jeune n’étaient pas interprétables de 36 façons différentes. Puisqu’après tout, depuis les 12 ans qu’ils avaient passés ensembles ici, ils n’avaient que très rarement évoqué leur pays natal. Et encore moins leur famille respective. Surtout pas dans ces conditions là, en plus. Alors oui, évidemment que le policier prenait assez régulièrement des nouvelles de ses parents – et vive versa – mais ça s’arrêtait là. Et évoquer le « bon vieux temps » avec son camarade russe n’étant pas franchement un truc qu’il faisait (ils étaient bien trop occupés à se taper sur la gueule pour ça), vous comprendrez que le fait qu’Ian lui parle si soudainement de sa mère et se trouvant dans un état tel qu’il ne l’avait jamais vu avait de quoi intriguer. Au final, Ser’ ne trouvait que deux conclusions qui tenaient la route et permettaient de joindre les deux bouts. Soit sa mère était gravement malade soit… non, il ne préférait même pas y penser tout compte fait.

Autant vous dire qu’aucune de ces deux déductions ne lui plaisait. Et pourtant, il fallait bien que l’une des deux soit la bonne, ou alors il avait sauté un épisode

« Ian… » La boule de poil dressa les oreilles, entendant le nom auquel elle s’était déjà habituée. Sauf que ce n’était pas au jeune chien que l’homme s’adressait, mais bel et bien au propriétaire originel de ce même nom. Son maître ne put empêcher un pâle sourire de transparaître sur son visage, mais bien vite l’inquiétude qu’il ressentait vis-à-vis d’Ian – le vrai – reprit sa place. Il s’apprêta à recommencer sa phrase, butta sur le premier mot et finalement s’interrompu de lui-même. Parler pour dire quoi, de toute façon ? Je suis désolé. Mais désolé de quoi ? Et pour qui ? Il ne savait rien de manière concise, il avait juste tiré d’hâtives conclusions des paroles qu’il venait d’entendre. « Enlève ta chemise, elle est trempe et c’est pas comme ça que tu te réchauffera. Je vais t’en chercher une autre. » Oui, il avait préféré sauter du coq à l’âne sans transition pour ne pas aborder de lui-même un sujet épineux. Il préférait ne pas y toucher tant qu’il ne serait pas au jus de ce qu’il se passait – ou c’était passé – réellement.


L’aîné s’éclipsa donc dans la pièce qui lui tenait lieu de chambre pour attraper le vêtement promis. Et en profita pour faire un saut dans la cuisine se faire un autre café – on est accro ou on l’est pas, hein –, ayant donné le sien à Ian précédemment.
Il revint dans le salon pas plus d’approximativement 3 minutes après en être parti, posa la chemise sur l’accoudoir du canapé à côté de son destinataire puis reprit sa place initiale à ses côtés, et avala une grande gorgée du liquide noir et brûlant avant de reprendre la parole, tout à trac.

« Tu veux que je t’accompagne ? »

Et il le ferait, si c’était ce qu’Ian souhaitait. Il n’hésiterait pas à laisser derrière lui – provisoirement ou définitivement – ces quatorze années de vie dans un pays aussi radicalement différent que la Russie.

Parce que ce n’était pas des paroles en l’air lancées simplement pour combler le silence aussi gênant qu’étouffant
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Ian Anderssen

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mar 7 Sep - 12:05

La sensation de sécurité et de bien-être prodiguée par la chaleur de la maison réussissait à apaiser Ian, petit à petit. De partout, il arrivait à capter l'odeur de tabac et de café, l'odeur de Sergeï. Ce facteur couplé au calme ambiant lui donnait l'impression d'être dans un cocon, comme si l'extérieur n'existait plus. Son ami n'avait allumé ni la télévision, ni la radio, et mis à part le ronronnement des appareils ménagers et le lointain vrombissement de la pluie, il n'y avait pas un bruit. Sauf celui du chiot gambadant sur le moquette peut-être.

Pendant un instant, il en oublia la raison de sa visite inattendue et imprévue. Et s'il restait là ? Calé bien confortablement dans le canapé de son ainé, oubliant tout le reste ? Bon, c'était sur que Ser allait gueuler si le blondinet choisissait vraiment cette option, mais ça lui semblait assez tentant au final.

A coté, son vis-à-vis semblait ne pas pouvoir trouver ses mots. C'était bien une première. Ian se dit qu'en temps normal, il l'aurait taquiné sur le sujet. Mais aujourd'hui le cœur n'y était pas. Il se contentait de baisser la tête et de se mordre la lèvre inférieure. Un tic qu'il avait depuis bien longtemps et qui transparaissait quand il était en colère, stressé ou gêné. Bref, quand il était tout, sauf bien. Il se sentait presque coupable de ne pas réussir à tout dire à Sergeï. Un peu comme si après plus de vingts-cinq années, ce n'était pas normal de rester bouche close et gorge nouée comme Ian l'était présentement.

Le blond ouvrit la bouche mais aucun son ne traversa ses lèvres. Et à la place, ce fut les paroles de son ainé qui comblèrent le silence de la pièce. D'ailleurs, Ser' se leva aussi sec, ne laissant pas le temps au plus jeune de dire ou faire quoi que ce soit. S'il en avait eu le temps, et s'il n'avait pas parlé juste avant, Ian aurait eu le réflexe de retenir l'autre. Par le poignet ou le tee-shirt, peu importait, tant qu'il était certain qu'il ne le laisserait pas seul.
Alors que l'autre présence humaine de l'habitation s'engouffra dans une pièce à coté, Ian obéit, encore une fois, et retira veste et chemise. Cette dernière ressemblait plus à un torchon imbibé d'eau qu'à un vêtement. Il se rendit compte que des traces de pas mouillées arrivaient depuis l'entrée jusqu'au salon. Il laissa tout tomber à terre, mauvaise habitude d'une façon de vivre de célibataire bordélique endurci. Puis franchement, il n'avait pas la tête à s'inquiéter pour un morceau de tissu trempé.

Ian percevait les mouvements de l'ainé qui marchait et déplacer des choses. Il se raccrochait mentalement à ces bruits, ainsi il était certain de ne pas être seul ici. Il soupira et s'enfonça un peu plus dans le canapé, goutant pour la première fois le liquide noir dans sa tasse fumante. Le café était sucré pile comme il l'adorait

Quand Sergeï revint et prit place à ses cotés, Ian ne bougea pas, ne parla pas. Il ne daigna même pas lever les yeux. Jusqu'à ce que son interlocuteur reprenne la parole.

« Tu veux que je t’accompagne ? »

La question était si simple, tellement inattendue, que son destinataire ouvrit les yeux et la bouche sous l'effet de la stupeur. Ce n'est pas qu'il ne s'y attendait pas, juste qu'il n'arrivait pas à se rendre compte.
Il posa la tasse par terre le temps de mettre la chemise sèche, un peu trop grande pour lui au demeurant. Une ombre de sourire triste passa sur le visage d'Ian. Bien sur qu'il le voulait. C'était évident. Et il n'aurait pas hésité à répondre « oui » s'il n'avait pas pensé à « après ».Sergeï l'accompagnerait, oui, et après ? Ian ne savait pas comment la suite allait se dérouler, mais selon la situation, il y avait des chances qu'il ne revienne pas en Italie. D'un coté, il s'en foutait. Il n'avait pas un travail très important ici, et n'avait pas beaucoup d'attaches. Il avait bien des amis, certes, et dans le lot, il y en avait qu'il aurait du mal à oublier.
Pendant un temps seulement.
Car en y réfléchissant bien, il n'avait personne qui lui était indispensable dans ce pays. A part Ser'.

Mais Sergeï, c'était diffèrent. Il avait un poste haut placé. Il était à la base venu en Italie pour que son rêve de carrière se réalise. Et peut-être avait-il des gens qu'il ne voulait pas laisser tomber. Alors soit il partait avec Ian en Russie et restait avec lui, auquel cas le plus jeune ne pourrait que se sentir coupable, soit il retournerait vite en Italie et là... Ian aurait du mal à le supporter.
Tu parle d'un choix à la con.

Ne sachant pas quoi répondre, le blond sortit machinalement son portable de sa poche. C'était un vieux modèle pour l'époque, il avait toujours refusé de se faire implanter ces saloperies de puces dans le bras. Il tripota quelques touches et dans le répertoire des enregistrements des conversations téléphoniques récentes, il sélectionna la dernière, avant de poser l'appareil entre lui et Sergeï.
On entendait bien deux voix distinctes. Celle d'Ian et celle, plus rauque et lasse, de son père. Voix éraillée par le chagrin. La discussion en un russe lent et parfait s'élevait dans la pièce. De « Hey, Papa, tu vas bien ? J'ai reçu votre paquet l'autre jour, merci ! », ça passait rapidement à « Les médecins n'ont rien put faire. C'est fini. ».
La voix du patriarche Anderssen semblait morte. Aussi morte que l'était sa femme en ce moment même. Avec calme et sang-froid, il expliquait ce qu'il s'était passé. Il expliquait le déraillement d'un train en partance pour Moscou, il expliquait que l'explosion avait été terrible et qu'il y avait peu de survivants. Il expliquait que l'enterrement serait pour bientôt. « C'est fini » avait-il dit.
Quand le téléphone se tut, Ian reposa l'animal qu'il avait prit dans ses bras entre-temps, et rangea l'appareil.

▬ M'accompagner ? Comme tu le sens. Ça doit pas être génial de rentrer au pays pour une raison aussi merdique.


Et voilà. Il n'avait même pas été fichu de dire de vive voix à Sergeï ce qu'il se passait. Il avait été obligé de passer par un enregistrement. Car les mots ne voulaient pas sortir. Il se sentait pitoyable.
Il bascula en arrière, fixant le plafond clair sans vraiment le voir.

▬ Elle était en train de rejoindre la capitale pour m'acheter un cadeau d'anniversaire.


Le 31 mars. C'était bientôt. Si seulement sa mère ne prenait pas autant soin de son fils idiot, elle n'aurait peut-être pas finit comme ça. Ian ferma les yeux et se couvrit les paupières de la main, la mâchoire serrée. Il ne devait pas craquer, il estimait ne pas en avoir le droit.
Il était toujours aussi con.
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 8 Sep - 3:24

Bonus hors contexte \o/:
 



Sergeï lui avait proposé de l’accompagner, et ses mots semblaient avoir à nouveau instauré un silence dans la pauvre et maigre conversation dont les deux hommes se contentaient. Comme si Ian hésitait à lui donner une réponse claire, comme si quel que soit le choix qu’il fasse, y aurait toujours un truc qui au final ne tournerait pas rond. Oui ou non. Il n’y avait pourtant pas une palette infinie de réponses.
A la place, il se mit plutôt à fouiller ses poches sous le regard intrigué de son hôte pour finalement sortir de ces dernières un vieux téléphone portable qui eu le mérite de faire aussi d’un cran encore l’étonnement de Ser’. Pas qu’il se demandait ce qu’il foutait là avec un portable, non. Ian avait toujours aimé les vieux trucs après tout (la preuve, il l’aimait bien lui) : vieux livres, vieux films… Vieille technologie - disons, comparé à ce qui se faisait maintenant, quoi. La question était donc de savoir pourquoi.
Et la réponse ne tarda guère.

Ian avait, toujours sans un mot, posé l’engin électronique entre eux deux. Une conversation enregistrée débuta presque aussitôt, et il ne fallut guère plus de temps à Sergeï pour reconnaître la voix du paternel de son ami. Puis il y eut tout le reste. Le truc auquel il avait catégoriquement refusé de songer tout à l’heure, parce qu’il n’était tout bonnement pas capable de l’admettre. La mère d’Ian… il se souvenait parfaitement d’elle jusque dans les moindres détails. Il se rappelait toutes ces fois où les quatre adultes se réunissaient et où eux, encore gosses, passaient leur temps à faire des conneries en tout genre.
« C’est fini. »
Deux mots, une sentence.
Sergeï se prit la tête entre les mains. La voix de son cadet se fit à nouveau entendre dans la pièce.

▬ M'accompagner ? Comme tu le sens. Ça doit pas être génial de rentrer au pays pour une raison aussi merdique.

Pfft. Et rester ici en Italie alors que lui repartait là bas, ça aussi c’était merdique. Il ne pouvait pas éprouver ce que ressentait Ian vis-à-vis de cet évènement macabre, chose tout à fait normale puisque c’était la mère du plus jeune, pas la sienne. Mais en attendant il la connaissait tout de même très bien, et partir en Russie en laissant tout derrière lui était une action lui paraissant d’autant plus normale quand il s’agissait d’assister à l’enterrement d’une amie de famille. Sans compter le fait que ça lui permettrait de revoir ses parents. Et qu’Ian aurait sans doute besoin de lui, même s’il ne l’admettait pas et ne l’admettrait sans doute jamais, pas de vive voix en tout cas et surtout pas devant lui.
Il ne serait pas venu jusqu’ici aujourd’hui sinon, il n’aurait pas appuyé sur cette fichue sonnette et ne serait pas resté là à attendre bien sagement qu’on lui ouvre ensuite.

Et puis de toute façon, quitter un pays où les mafieux faisaient clairement la loi et régnaient ni plus ni moins sur la populace, que ce soit provisoire ou non… ça ne pourrait que lui être bénéfique.

En d’autres termes, son choix était déjà fait.


▬ Elle était en train de rejoindre la capitale pour m'acheter un cadeau d'anniversaire.

Gros blanc.
Il fallait comprendre quoi à cette phrase ? Qu’Ian se sentait coupable de ce qui venait d’arriver parce que c’était pour lui qu’elle se trouvait dans le train à cette heure là ce jour là ? Parce que là, c’était exactement comme ça que Sergeï interprétait ce qu’il venait de lui dire. Et ça ne lui plaisait pas que son cadet voit les choses de cette façon, pas du tout même. Pour ça il aurait dû l’engueuler, le secouer un bon coup d’autant plus que, visiblement, il en avait grand besoin.
Il ne fit rien de tout cela, se contenta juste de poser une main sur son épaule comme… comme quoi, en fait ? Il voulait simplement lui montrer qu’il était là pour lui. Qu’Ian pouvait craquer, parce qu’il en avait le droit légitime.

« Surtout, ne crois pas que c’est de ta faute. »

Juste quelques mots énoncés d’une voix basse. C’qu’il était maladroit, quand il s’y mettait.
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Ian Anderssen

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Ven 10 Sep - 13:32

« Surtout, ne crois pas que c’est de ta faute. »

Mais bien sur qu'il croyait que c'était de sa faute. Certes, il savait qu'il n'était pas celui qui avait fait dérailler le train, pas plus qu'il n'était celui qui avait poussé la femme à prendre justement ce train et pas un autre. A y aller le jour où il y avait un dysfonctionnement sur la ligne. C'était tellement... Bête.
Avant ça, Ian n'avait jamais été confronté à la mort. Ou disons plutôt que jamais il n'avait eu à subir le décès d'une personne qui lui était si proche, si importante. Il y avait bien ce type, vieux subordonné de Sergeï, qu'il avait descendu par mégarde. Il y avait tout ces gens, atteint de crises cardiaques ou victimes d'accidents de la route alors qu'il se promenait dans la même rue qu'eux au moment de leur agonie. Mais tous autant qu'ils étaient, ce n'étaient rien d'autres que des inconnus. Il passait devant eux et n'était pas affecté. Ils étaient un peu des pnj de jeux vidéo en somme. Rien d'autre.
Perdre une mère, un père, un ami proche, c'était autrement diffèrent. C'était douloureux, bien plus que n'importe quelle plaie ouverte. Pour le blond, l'amertume qu'il ressentait en ce moment était une découverte.

Il y avait si longtemps qu'il n'était pas allé en Russie. Si longtemps qu'il n'avait pas vu ses parents. Et tiens, justement, il n'arrivait même plus à se souvenir de la dernière fois où il avait vu sa mère, où il lui avait parlé en face-à-face. Où il l'avait serré dans ses bras. Même les dernières paroles échangées avec elle n'existaient plus.
Il ne se souvenait pas.
Pourtant, il se rappelait parfaitement des traits de son visage quand elle était plus jeune, il y avait des années de ça. Il arrivait à sentir l'odeur des pâtisseries qu'elle préparait pour Ser et lui.

Sergeï. Une bouffée d'angoisse saisit le plus jeune, soudainement. Il venait de perdre sa mère. Il ne se faisait pas beaucoup d'espoir pour son père, qui ne tiendrait surement pas plus de quelques années avec le poids de son âge avancé sur ses épaules. Et s'il perdait Sergeï de la même façon ? S'il disparaissait ou s'il mourrait lui aussi ? Après tout, il venait tout juste de s'apercevoir que l'on pouvait mourir n'importe où, n'importe quand. Au final, c'était seulement une question de chance. Cette prise de conscience soudaine oppressait Ian. Pour le moment, il avait Sergeï à ses cotés mais peut-être n'était-ce encore que temporaire. Cette main que le plus âgé avait posé sur son épaule, il n'avait pas envie qu'elle se retire. Parce qu'il avait peur. Cette fois, ce qui serrait sa gorge au point de ne pouvoir prononcer aucun mot n'était pas le décès de sa mère mais la perspective qu'en perdant le contact de cette main, il perdrait purement et simplement Sergeï. Lui qui était à présent l'un des seuls points d'attache qu'il lui restait.

Se redressant, il attrapa le bras de son vis-à-vis. Sa main tremblait, mais il ne voulait pas lâcher. Il se faisait violence pour empêcher son corps de grelotter, et dans un sursaut de sanglot retenu avec difficulté, il laissa son front se poser sur l'épaule de Sergeï.

▬ J'arrive même pas à me souvenir de la dernière chose que je lui ai dite...


Il se doutait seulement que cela devait être d'une banalité affligeante. Au fond, il se demanda s'il aurait été capable de s'en souvenir si son crâne avait été un peu plus remplit.

▬ C'est... Si simple. Elle est partie... Comme ça.


Sa voix se faisait de plus en plus faible. Et plus il parlait, plus il enfonçait son visage dans le creux de l'épaule de son ainé. Peu lui importait que celui-ci réagisse ou pas. Il ne voulait rien voir, c'était tout. Et il voulait sentir qu'il n'était pas seul dans cette maison, qu'il y avait bien une autre présence ici.

▬ Et toi aussi un jour tu vas partir de la même façon... Je ne veux pas. Je veux pas que tu m'abandonne de cette façon toi aussi.

De sa main libre, il agrippa faiblement un morceau de la chemise de son ami. En prononçant ces mots, la première larme coula. Puis la deuxième. Puis les autres. Silencieusement.
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Sam 11 Sep - 18:54

Ian était venu se blottir contre lui, enfouissant sa tête dans le creux de son épaule. Sergeï avait été surpris, mais il n’avait rien dit, pas réagit d’une quelconque manière que ce soit. Bien sûr qu’en temps normal il lui aurait foutu une beigne pour ça mais là l’idée ne lui avait pas seulement traversé l’esprit ne serait-ce qu’un millième de nanoseconde, c’est pour dire.

L’aîné n’avait pas ajouté un mot de plus, le laissant parler et vider ce qu’il avait sur le cœur. La mort côtoyait chacun de nous au quotidien, mais l’on ne s’en rendait réellement compte que quand ce qu’on pensait pouvoir n’arriver qu’aux autres nous arrivait à nous, un beau jour. Et on tombait de haut, parce que malgré tout ce qu’on avait pu voir ou entendre, malgré le fait qu’on puisse vivre – comme ici – dans un pays rongé par la vicissitude, on ne s’y attendait pas. On n’était jamais prêt. On se rendait compte qu’effectivement, la vie était beaucoup plus éphémère que ce que l’on croyait. Que si quelqu’un foutait une balle dans la nuque d’un parfait étranger, c’est que cela pouvait également nous arriver. Que si quelqu’un faisait exploser un bâtiment public, une personne chère à notre cœur pouvait s’y trouvait. Tout ça ne tenait qu’à un fil, au final. Un fil dont on prenait la pleine mesure de sa fragilité qu’une fois qu’il s’était brisé quelque part près de vous.


▬ Et toi aussi un jour tu vas partir de la même façon... Je ne veux pas. Je veux pas que tu m'abandonne de cette façon toi aussi.

Mais tout le monde mourrait un jour ! C’était le but même de la vie.
… Bon, évidemment, ce n’était pas le genre de truc que Ser’ aurait répondu, sur le coup. Ce n’était pas vraiment son état d’esprit et quand bien même ça l’aurait été, c’était relativement cruel de répondre une telle chose… Surtout en ayant une connaissance précise de ce qui venait de se passer avant.
Non en fait pour le coup, il ne savait pas quoi répondre.
Oh, bien sûr, il aurait pu le contredire, lui déverser à son tour tout un tas de banalités comme quoi c’était faux, il serait toujours là pour lui etc. etc. … Mais il savait que c’était faux, que s’il ne mourait pas de mort naturelle il pouvait très bien se faire buter par un mafioso en cavale d’ici demain. Ou Ian. Et tout en voyant les choses ainsi alors il était juste incapable de mentir ne serait-ce que pour rassurer le plus jeune, ou juste essayer une maigre tentative de réconfort.

« Sssh, cesses donc d’y penser. »

A la vérité, il avait tellement jamais vu le russe dans un tel état qu’il ne savait vraiment pas comment se tenir, comment réagir face à ça et quitter cette attitude de vieux frigide muet face au désespoir de son meilleur ami.
Enfin pour sa gouverne, Ser’ n’était pas franchement le genre de personne qu’on allait voir dans ces circonstances non plus, mais bon…


Le silence s’installa à nouveau entre eux deux, silence pendant lequel l’aîné pouvait très distinctement l’entendre… pleurer ? Ou plutôt, voir, puisque ses sanglots étaient muets. Mais ça aussi c’était une première, ma foi. Il ne se rappelait pas l’avoir jamais vu pleurer, ou peut-être alors une ou deux fois lorsqu’ils étaient vraiment gosse, il y avait longtemps de ça. Et de le voir soudain si faible devant lui, le voilà qui s’en trouvait complètement ébranlé. Alors pendant un bref moment il cessa de réfléchir, de se poser tout un tas de questions inutiles ; il passa simplement son bras autour des épaules d’Ian et le serra contre lui, appuyant son menton contre le sommet de son crâne.
A cet instant précis, il avait l’impression de tenir un gosse contre son corps, dans ses bras. Alors il avait réagit comme un père pour son fils, comme un frère ou comme un… amant ?
Quoi qu’il en soit, pour l’heure il avait bazardé toutes ses barrières de trentenaire coincé. Voir un homme de la trempe d’Ian pleurer, le voir dans un tel accès de faiblesse était tellement déstabilisant qu’il aurait difficilement pu réagir d’une autre manière, de toute façon. Alors il l’enlaçait d’autant plus qu’il voulait oublier ce désespoir avec lequel Ian s’était agrippé à son haut, tout à l’heure. Machinalement, il passa son pouce sur la joue de son cadet pour y essuyer une larme.
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mar 28 Sep - 11:23

Ne penser à rien, juste rester comme ça, sans parler, sans bouger, sans rien. C'était peut-être la meilleure chose à faire. Ian s'accrochait à la moindre petite chose qui pouvait lui permettre de rester conscient et maitre de lui. Au fond, il se fichait bien d'être rassuré ou non. Tout ce qu'il souhaitait été d'avoir un point d'ancrage, quelque chose ou quelqu'un pour lui éviter de faire des conneries plus grosses que lui.

S'il avait été plus en état, le manque de réaction de Sergeï l'aurait alarmé. Ou plutôt son manque de verve. Il n'était pas le genre de type bien bavard d'habitude, mais on devait lui reconnaître une foutue capacité à trouver les paroles qui touchaient toujours justes, qu'elles soient douloureuses ou non. Et qu'il le veule ou pas, Ian se laissait toujours toucher par ses mots. Tour à tour, ça le mettait en rogne, ça lui faisait prendre conscience de son immaturité, ça le faisait rire aux éclats ou ça l'interpellait. Il y avait toujours quelque chose.
Mais aujourd'hui... Rien. Son vieil ami avait beau lui parler, Ian écoutait, Ian entendait, mais rien ne l'atteignait. Il n'avait pas envie de contester, d'acquiescer, de sourire, de pleurer, de réagir. Pas pour ça. Sa voix grave, au lieu de le toucher, se heurtait contre un mur de résignation. Elle était apaisante pourtant cette voix, c'en était même étonnant ! Car aux dernières nouvelles, quand se situait la dernière fois où le russe s'était montré doux et prévenant avec son cadet ? Allons... Cela datait au moins de Matusalem... Pour être résolument réaliste.

Le blond ne se préoccupait même pas de ses larmes. Pas plus que des paroles de son vis-à-vis. Par contre, il éprouvait encore assez de retenue pour les verser en silence. Parce qu'il savait déjà qu'il allait regretter d'avoir permit à Sergeï de voir ça plus tard. C'est paradoxal, c'était illogique, c'était stupide, c'était Ian. Inconsciemment il avait un peu peur que le plus âgé n'utilise le souvenir de ce moment contre lui, dans le futur, lui rappelant mesquinement que non, il n'était pas invulnérable ou insensible. Et toujours inconsciemment, il savait que s'il délivrait cette pensée à voix haute, il se recevrait une mandale dans la face. Et décevrait Sergeï du même coup.
Et qui, de la baffe ou de l'idée de déception, lui aurait fait le plus mal ? Il ne savait pas. Et la douce chaleur qui l'enlaçait pendant qu'il écoutait les battement du cœur de son camarade le berçait doucement. Dehors, il n'y avait plus rien. Plus de responsabilités, plus de mort. Juste les trombes d'eaux déversées par des rideaux de pluie. Il pouvait oublier, au moins un peu. Il avait le droit de ne plus penser à tout ça, comme Sergeï venait de le lui dire.
Ou pas.

Quand Ian sentit le contact de la main de son ami sur sa joue, ce fut comme une électrochoc qui le réveilla brutalement. Qu'était-il en train de faire au juste ? Profiter de la situation pour se faire prendre en pitié ? Juste parce que pour une fois, ils n'avaient pas à se foutre sur la gueule ? C'était vraiment minable.
Le cadet s'écarta brutalement, éloignant la main de son visage, rompant tout contact, tactile comme visuel. Car si c'était de la pitié ou de la déception que Sergeï ressentait, il ne voulait pas voir ça. Ses yeux grands ouverts fixaient le sol, il était comme figé.

▬ D... Désolé, je...

Commencer des phrases sans savoir comment les finir, il avait l'impression d'exceller là-dedans depuis qu'il avait posé un pied dans cette maison. Pourquoi ressentait-il ce besoin de se justifier ? Il ne savait plus s'il avait besoin d'être seul ou avec quelqu'un, de se taire ou de parler, c'était une sensation horrible.

▬ ...Je crois que ton chien a faim.

Ouais. Changer de sujet. Bravo Ian, tu viens d'utiliser ce que l'on appelle couramment la « méthode des lâches ». Bien que le chiot s'agitant à leurs pieds, incapable de lire l'atmosphère, avait effectivement l'air d'attendre ses croquettes avec impatience.
Ian profita du flottement que sa remarque venait de provoquer pour se lever, avant que Sergeï ne puisse répliquer quoi que ce soit, et il se dirigea vers la salle de bain. Pendant un instant, il hésita à s'arrêter sur le palier et à faire volte-face mais finalement, il y entra et ferma la porte un peu plus fort que ce qu'il avait voulu.
Décidément, ce soir plus que d'habitude, il avait l'impression de tout foutre en l'air.
Et il avait besoin de se passer la tête sous l'eau surtout.
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Lun 4 Oct - 11:12

Si Sergeï ne s’attendait certainement pas à ce qu’ils restent comme ça indéfiniment, il était loin de penser qu’Ian réagirait de cette manière à son toucher. Après tout d’habitude, c’était lui qui avait plutôt tendance à imposer une certaine distance quand il jugeait que l’autre était trop proche de lui. Il n’eut aucune autre réaction que celle de hausser légèrement les sourcils, seule marque de sa surprise.
Ian s’excusa, sans même daigner croiser le regard de son cadet… et lâcha alors une phrase tout à fait incongrue.

▬ … Je crois que ton chien a faim.

A ça non plus, il était loin de s’y attendre. Et ça tombait tellement mal que lorsqu’il baissa les yeux vers la petite boule de poils blanche, remarquant de ce fait qu’effectivement ce devait être le cas, un bref éclat de rire lui échappa.
Et puis le plus jeune se leva en direction de la salle de bain, les yeux du chiot posés sur lui, emplis d’un espoir qui se transforma bien vite en déception lorsqu’il fut clair que le blond ne se dirigeait pas en direction de la cuisine mais plutôt vers la salle de bain, pièce jouxtant la première citée.
Le russe resta un instant semi vautré dans le canapé, songeur. Puis il finit par se lever, jugeant que s’il ne satisfaisait pas le ventre d’Ian-le-chien – lequel était présentement en train de lui faire le coup des yeux du chat potté – celui-ci allait faire des prochaines minutes de sa vie un véritable enfer. Et encore, c’était un bel euphémisme que de dire ça…
Quelques enjambées suffirent à combler la distance qui le séparait de la cuisine, et quelques instants à peine après qu’il eu sorti le paquet de croquettes du placard, le bruit assourdit caractéristique du chien-qui-se-prend-un-mur se faisait entendre et réussissait à lui arracher un vague sourire. Heureusement qu’il avait la tête dure, c’lui-là… parce qu’il ne semblait pas encore tout à fait prêt à apprendre de ses erreurs de « manœuvre ». A moins bien sûr que la perte de neurones due au choc lui fasse oublier sur l’instant ce qui venait de se passer, possibilité non négligeable.
Et puis juste après ce petit incident, le chien se retrouva être la personne la plus heureuse du monde tandis qu’il satisfaisait son appétit dévorant devant sa gamelle remplie, et Sergeï profita de ce qu’Ian s’était enfermé dans la pièce d’eau pour se fumer une clope.

Quelques minutes passèrent avant qu’il ne se décide à aller aux nouvelles. Il s’arrêta devant la porte close, resta un instant là immobile, l’air bien con à ne pas savoir quoi faire, avant de finalement frapper un léger coup sur le battant.

« Ian… Si tu as besoin de quelque chose, je suis juste à côté, hein… »

La porte ne fermait pas à clef, il n’en avait jamais vu l’utilité puisque vivant seul. Mais il était tout de même suffisamment censé pour ne pas se risquer à appuyer sur la poignée afin de rentrer alors que son camarade avait visiblement besoin d’être seul – ou tout du moins était-ce comme ça qu’il l’avait interprété tout à l’heure, en tout cas.

Retournant au salon après une absence de réponse de la part de son cadet, il ouvrit une fenêtre et s’y pencha, respirant l’air chargé de pluie du dehors. Une grande bourrasque s’engouffra alors dans la pièce et il frissonna, prenant du même coup conscience de la tenue pour le moins légère dans laquelle il se trouvait. Temps de merde. Mais au vu des circonstances, il semblait bien plus approprié qu’un radieux soleil dans un grand ciel bleu.
La vitre fut refermée aussi sec, et lui passa dans sa chambre avant de se mettre à farfouiller les tiroirs de sa commode histoire de trouver un truc un peu plus habillé à se mettre. Pour finalement abandonner – flemme –, et se laisser tomber sur son lit, les yeux rivés au plafond. Il s’alluma une seconde cigarette sans y penser, tout en se disant machinalement qu’Ian allait encore râler à cause de l’odeur et de la fumée. Mais bon. De toute façon il n’était pas là, préférant visiblement établir ses quartiers généraux dans la salle de bain.
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Dim 7 Nov - 14:43

Spoiler:
 

A peine avait-il fermé la porte de la salle de bain que le blond s'était laissé glisser à terre contre celle-ci, se prenant la tête entre les mains. Même lui, qui était d'habitude si apte et enclin à faire connerie sur connerie, ne se reconnaissait pas dans cette façon d'agir. A un moment, il était calme et serein, l'instant d'après, il voulait tout casser, bouger, hurler, avant de finalement vouloir tout laisser tomber, juste déprimer en se disant qu'il n'arriverait jamais à sortir de ce cercle vicieux. Et en face, il avait Sergeï. Sergeï chez qui il avait foncé tête baissée sans se poser de question, parce que c'était la chose la plus naturel du monde. Sergeï qui n'avait quasiment pas réagit, ni parlé plus qu'à son habitude... Non, en fait, il avait même prononcé encore moins de syllabes que d'ordinaire.
Ça l'énervait.
Ça l'énervait parce qu'il avait l'impression que cette nouvelle ne faisait ni chaud ni froid à son vieil ami. Merde, mais cette femme, celle dont je viens de t'annoncer la mort, c'était pas juste ma mère. C'était aussi la femme qui te gardait et s'occupait de toi quand tes parents n'étaient pas là. C'était celle qui te préparait des cookies pour manger sur le chemin de l'école. Celle qui discutait en riant avec TA propre mère. Ne me dis pas que tu es aussi insensible que ça ? Se disait-il.
Mais d'un coté, Ian savait très bien que Ser n'avait jamais été du genre grand bavard. Et il se doutait que s'il était encore plus muet que d'habitude, c'était parce qu'au fond, non, il n'était pas insensible. Mais il n'y pouvait rien, il voulait que l'ainé s'énerve. Ou pleure. Ou hurle. Ou le frappe même. Parce qu'il ne pouvait pas supporter d'être le seul à avoir l'air si perdu et désorienté.

Une sorte de « boum » sourd retentit soudain, extirpant Ian de son typhon mental. ...What was that ? Il n'eut même pas le temps de se poser plus la question que peu après, un petit coup retentit sur la porte de la salle de bain.

« Ian… Si tu as besoin de quelque chose, je suis juste à côté, hein… »


Sans s'en rendre compte, l'interpellé écarquilla les yeux sous la surprise. Jamais il n'avait entendu Sergeï lui dire quelque chose de ce genre. Quoique, il lui avait déjà dit pas mal de choses improbables depuis qu'il était arrivé. Et le plus jeune commençait à comprendre que c'était ça qui l'apaisait. Pas le fait d'être au chaud, d'être dans une maison accueillante ou de ne pas être seul, non. Mais bien le fait d'entendre la voix grave de son ami, ou encore de le sentir proche... Ah ! L'enfoiré, il avait bien réussit son coup ! Après tout, réussir à se rendre indispensable pour quelqu'un alors que les poings remplaçaient généralement les paroles d'amitié, c'était un exploit plutôt pas mal.

Ian se leva, le regard flou. En face de lui, le miroir du lavabo, nickel, sans une trace de doigt dessus. C'est clair que rien que ça, ça faisait une sacrée différence avec son appart. Il observa un moment son reflet et il ne se reconnaissait pas. Et ça aussi, ça l'énervait.

Ça l'énervait, ça l'énervait, ça l'énervait, ça l'énervait, ÇA L'ÉNERVAIT !

Krish. Le bruit du verre brisé qui se réduit en miette. Puis qui tombait sur le carrelage sans douceur.

Le blond déglutit en voyant son poing toujours crispé sur ce qui avait été un miroir de bonne facture l'instant d'avant. « Ser va me tuer » et « Ça fait mal... » furent les deux seules pensées qui réussirent à se frayer un chemin dans son esprit. Il retira sa main doucement. A présent, du sang commençait à souiller les carreaux immaculés de la pièce, et des morceaux de verre s'étaient fichés jusque dans sa paume. Tsk, il ne pouvait pas avoir des trucs plus résistants dans sa salle de bain l'autre ? Un jour, il faudrait qu'il lui dise d'arrêter de se fournir chez Ikea. Sérieux.
Ça lui faisait un mal de chien. Il attrapa une serviette et entoura sa main blessée avec, sans serrer. Juste pour éviter que le sang ne tâche trop le sol quand il allait sortir de la salle de bain. En arrivant dans le salon, il remarqua que ni Sergeï, ni le chien n'était là. Mais une odeur de fumée de cigarette familière le guida jusqu'à la chambre de son ami. Ian resta sur le seuil, hésitant, ne voulant surtout pas salir ce qui pouvait être considéré comme l'endroit le plus personnel et intime de la maison de Sergeï. Le visage baissé, il fixait le sol, se mordant la lèvre inférieure par tic nerveux. Il avait tout à fait l'air d'un gosse venu avouer une faute par culpabilité, et qui savait très bien qu'il allait recevoir l'engueulade de sa vie.

▬ Désolé... Ton miroir dans la salle de bain... J't'en rachèterais un. Promis.

Tout en parlant, il laissa tomber la serviette au sol pour montrer à son vis-à-vis la cause de cette affirmation, toujours sans oublier de ne surtout pas franchir la limite du seuil de la porte tant qu'on ne l'y avait pas autorisé.
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 10 Nov - 13:36

Le bruit du verre brisé traversa très nettement les murs peu épais de la salle d’eau pour parvenir jusqu’aux oreilles de Sergeï, lequel se redressa brusquement sur son séant, évidemment surpris et habité du mauvais pressentiment qu’il risquait de ne pas aimer ce qui ne tarderait pas à suivre.
Un instant, il hésita à se lever afin d’aller constater de ses propres yeux ce qui venait de se passer – quoiqu’il avait bien sa petite idée là-dessus, il n’avait pas non plus masse de truc susceptible de faire ce boucan en se cassant – mais parce qu’il le saurait de toute façon incessamment sous peu, il resta assis sur son lit à terminer sa clope tout en se préparant mentalement à une future mauvaise surprise.
… Qui se présenta quelque temps après sous les traits d’un Ian au visage défait et à la main grossièrement bandée à l’aide d’une de ses serviettes de bain. Si encore on pouvait appeler ça un bandage, en fait. Il n’osa même pas lever la tête afin de croiser son regard tandis qu’il lui bafouillait des excuses à propos de l’incident tout en lui promettant de lui racheter un autre miroir, toussa, sous le regard scrutateur de son interlocuteur. Puis comme s’il avait eu besoin d’appuyer ses dires il ôta son bandage de fortune, exposant sa main blessée sous l’impact de sa douloureuse rencontre avec la glace. Le sang qui avait déjà bien imbibé la serviette se remit instantanément à couler, et Sergeï fut en quelques enjambées rapides auprès de son cadet.

« Toi alors… » Le visage fermé, il lui remit aussi sec le morceau de tissu absorbant en place, d’une façon peut-être un peu trop brusque. L’était bien mignon hein, mais c’était pas lui qui ferait les sols après ça.
« Non mais t’es vraiment trop con des fois, sérieux. » Hop, papi Sergy avait retrouvé sa langue.
Le ton était énervé, on était bien loin de ses hésitations de tout à l’heure ; la manière la plus efficace de son point de vue pour masquer la petite pointe d’inquiétude qui ne cesserait pas de le tarauder tant qu’il ne se serait pas assuré de la non gravité de cette blessure. Non mais franchement c’était plus fort que lui, il ne pouvait jamais s’empêcher de faire une connerie. A chaque fois qu’ils se voyaient, c’était systématique.

Sur ces entrefaites, Sergeï l’attrapa par le bras et le conduisit à la cuisine sans lui laisser le temps d’émettre une quelconque protestation. D’autorité, il le fit assoir sur une chaise sans ajouter un mot et repartit farfouiller dans le placard de l’infirmerie afin de trouver quelque chose de plus approprié qu’une serviette de bain pour panser la blessure. Jetant un regard désemparé à son ex-miroir (RIP), il referma soigneusement la porte de la pièce après avoir trouvé son bonheur, des fois qu’Ian-le-chien ai l’excellente idée de faire mumuse parmi les bris qui jonchaient le sol. Son butin dans une main, il retourna dans la cuisine et asséna une claque peu amicale sur l’arrière du crâne de son compagnon, dans l’espoir de le tirer ne serait-ce qu’un peu de son état léthargique qui lui déplaisait fortement. Hé, mec, réveille-toi. Il tira une chaise pour s’asseoir à ses côté et posa sans douceur ses affaires sur la table devant eux.

« La prochaine fois que tu te sens investi d’envies masochistes sois sympa, frappe donc autre chose qu’un truc susceptible de se briser aussi facilement. Je tiens à mes affaires, moi. » Soupir. « Et il y a plutôt intérêt pour toi à ce que ce ne soit rien d’autre qu’une blessure superficielle, parce qu’il est hors de question que je t’accompagne chez le docteur vu le temps. Ni même que j’envisage de t’y laisser aller seul, tu serais trop capable de te défiler ou d’enchaîner sur une nouvelle connerie. » Fin de la discussion – c’est fou c’qu’il pouvait être bavard mine de rien, parfois.


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Ian Anderssen

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 10 Nov - 14:28

Comme quoi, quand on vous le disait que c'était mauvais pour la santé, le tabac. Pour la santé ET pour les neurones apparemment. Non mais franchement, il n'avait fallu qu'une seule de ces choses puantes pour que Sergeï sorte de sa torpeur et de son mutisme exacerbés. Quoi ? Ce n'était pas la cigarette qui faisait cet effet-là ? Et après, ça changeait quoi ? Il était pas censé savoir lui. Alors voilà, il mettait tout sur le dos de la cigarette. Le regard bizarre de Ser, son saut quasi-immédiat du lit, sa certitude soudainement retrouvée, tout ça, c'était la faute de la clope. Point.

Ouais, Ian était con. Combien de fois on l'a entendu ça, déjà. C'est même plus un exclamation, c'est une vérité absolue. Et le plus âge des deux russes avait déjà associé les mots « Ian » et « con » dans une même phrase tellement souvent que le concerné avait arrêté de compter depuis longtemps. D't'façon, les math, ça avait jamais été son truc... Les maths, c'est moche et ça pue, c'est tout. Bref.

Le truc, c'est qu'en retrouvant sa vitalité, Sergeï avait aussi retrouvé son coté bourrin. Clair que la douceur, tussa tussa, c'était à jeter aux orties chez lui. Heureusement qu'il avait fait carrière dans la police et pas dans le domaine hospitalier, y'en aurait eu, des morts et des blessés en plus. Là par exemple, en lui enroulant à nouveau la main dans le bandage de fortune, il avait fait ça tellement à la warrior que les éclats de verres fichés dans la peau s'enfoncèrent encore plus profondément, manquant de lui arracher une exclamation de douleur et de surprise mélangées. Mais mieux valait obéir que se plaindre pour le moment. Ian n'était de toute façon pas en état de s'énerver. Il s'assit bien docilement sur la chaise que lui présenta Sergeï. Docile, jamais il ne l'avait été autant que maintenant d'ailleurs. La douleur et la situation actuelle l'aidaient à ne pas penser à la mort de sa mère mais forcement, ça ne faisait pas tout.

Le blond laissa son vis-à-vis s'éclipser et se contenta de fixer les trombes d'eaux dégoulinantes par delà les carreaux. Ça n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter un jour.. Il soupira à l'instant même où Sergeï réapparut, et le gratifia de la plus longue suite de mots qu'il n'ai daigné lui laisser depuis son arrivée. Et au final, il aurait mieux valu qu'il se la ferme : Décidément, il connaissait bien son cadet. Trop bien même. Sinon, comment aurait-il pu deviner que ce dernier serait rentré directement chez lui, muré dans son silence, plutôt que d'aller voir le médecin.

▬ ….Je t'ai rien demandé...

Voix faible, toujours ce tic nerveux de se mordre la lèvre, et ce réflexe de regarder par terre plutôt que la personne en face. Il n'avait même pas réagit à la taloche que Ser venait de lui foutre. Par contre, il tressauta devant le coup sourd qu'avaient fait les objets de soin en entrant en contact direct avec la table de la cuisine.

Ian observa sa main d'un peu plus prés, et un à un, il retira tout les débris de verre. Ou du moins les plus gros. Les autres, ces fichus éclats, ils étaient bien trop petits. C'était un échec, il n'y arrivait pas. Ça faisait mal. Et pourtant, le jeune restait le plus concentré possible sur cette tache, comme pour oublier la présence de Sergeï. Présence qu'il ne pouvait justement pas oublier.

▬ Si tu veux toujours rentrer avec moi, l'avion décolle demain soir.

Le ton avait été calme. Étonnement et trop calme. Ce qui finalement n'avait rien de rassurant. Et justement, il voulait voir si Ser accepterait vraiment de l'accompagner, même si le voyage était tellement précipité.
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 10 Nov - 16:39

Spoiler:
 

Ouais, bien sûr qu’il ne lui avait rien demandé. Pour une fois. Mais c’était pas pour autant une raison suffisante pour que Sergeï s’efface et le laisse agir à sa guise, heh. On s’en débarrassait pas facilement de celui-là, une fois qu’on l’avait sur le dos. Et tandis qu’Ian s’occupait à enlever les morceaux de verre enfoncés dans la plaie, son vis-à-vis l’observait faire sans un mot, se contentant de rester à ses côtés. Il parut bientôt évident aux yeux de l’ainé que l’acharnement du plus jeune sur sa blessure alors qu’il était assez clair que ce qui restait ne pourrait pas être simplement retiré à la main n’était rien d’autre qu’une tentative pitoyable pour ne pas lever le regard vers lui. Chose qu’il n’avait de toute façon pas faite à un seul instant depuis qu’il était ressorti de la salle de bain.

▬ Si tu veux toujours rentrer avec moi, l’avion décolle demain soir.

Il accordait si peu de foi à ce que Sergeï pouvait bien lui dire ou quoi ? De toute façon, sa décision avait été prise avant même qu’il ne lui propose de l’accompagner. Après tout, il n’avait pas revu sa famille depuis qu’il était parti de chez lui pour étudier ici, quand bien même il gagnait assez d’argent pour se payer un aller-retour sans problème. Alors dédaigner de partir maintenant… C’était juste inconcevable à ses yeux, tout simplement. ][/b]


Avec une inhabituelle douceur – enfin tout est relatif hein, mais disons que comparé à ses précédents gestes y avait eu du progrès pour le coup –, le policier posa sa main sur le poignet du blondinet, l’interrompant net dans son activité.

« Laisse-moi faire. »

Oh forcément, il se doutait bien que l’autre n’allait pas acquiescer et lui tendre sa main blessée en toute confiance…mais il ne lui laissait pas vraiment le choix, en fait.
Fouillant dans les trucs qu’il avait rapporté, il trouva rapidement l’objet de ses recherches, une petite pince justement bien pratique dans le cas présent. Sergeï s’empara de la main blessée de son interlocuteur en faisant cette fois un minimum attention et parce que oui, il était capable – ouais bon très rarement, je vous le concède bien volontiers – d’exécuter un travail minutieux si la situation exigeait de lui qu’il le soit, il entreprit d’enlever bout par bout toutes les brisures qui n’avaient pu être retirées précédemment. Ne restait plus qu’à désinfecter puis terminer de panser le tout correctement mais ça, son cadet pouvait très bien s’en charger tout seul, il n’était plus un gosse après tout.
Sergeï laissa retomber la pince sur la table, puis se leva sans avoir ajouté un seul commentaire quant aux dernières paroles d’Ian. Machinalement, il se dirigea vers sa cafetière – indubitablement la seule femme actuellement dans sa vie – pour s’en préparer à nouveau, quitte à être remonté comme pas deux ensuite. Déjà qu’il n’était pas d’un naturel patient, l’abus de caféine n’allait pas être pour arranger les choses il le savait mais bon, il n’était pas à ça près non plus hein. Et puis tandis qu’il s’affairait à préparer sa petite dose de drogue, sa voix se fit à nouveau entendre dans la pièce exiguë.

« Dans l’immédiat, je n’ai rien qui ne me retienne franchement ici. Et puis changer d’air me fera du bien, la situation de cette ville devient de plus en plus invivable avec le temps. »

Evidemment il ne pourrait pas prendre le chiot, ce serait un dépaysement beaucoup trop brutal et il était trop jeune. Mais il connaissait des personnes qui ne seraient absolument pas contre sa prise en charge, même s’il devait admettre que ça lui en coutait de devoir s’en séparer pour une durée de temps encore indéterminée.
En somme, l’animal était un peu comme une garantie de son retour ici tôt ou tard, quoi qu’il puisse dire. Certes ce n’était pas l’envie de retourner en Russie qui manquait, ça non. Mais contrairement à Ian, il ne se voyait pas retourner s’installer définitivement dans son pays natal, depuis plus de vingt ans qu’il n’y avait pas posé un pied.


« Je sais que ma si charmante compagnie t’es imbuvable, mais je crois qu’il – Sergeï désignait la boule de poil blanche, remarquablement calme depuis qu’elle avait eu sa pitance – t’as déjà adopté, alors si rester te permet de t’aérer les idées, tu as qu’à passer la soirée ici. »
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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 24 Nov - 11:40

Spoiler:
 

La douleur des morceaux de verre dans sa main le rappelait à l'ordre, lui donnant un aperçue direct de la réalité. Dans le genre « et non mon gars, c'est pas un rêve, dommage pour toi ». Au fond, quand il avait explosé feu le miroir de Sergeï – amen- c'était peut-être pour ça. Il avait délibérément recherché la douleur, pour déterminer si oui ou non ce qui l'entourait, ce qui lui arrivait, était bien réel. Ah, non, attention : Ne pas s'y tromper, ce n'était pas là le coming-out masochiste d'Ian – quoique, pour rester ami avec Sergeï depuis si longtemps, il devait bien l'être un peu beaucoup au fond.

Et maintenant.... Quoi ? Maintenant qu'il avait eu la confirmation qu'il ne rêvait pas, ça changeait quoi ? Pas grand chose, ça l'empêchait juste de faire les conneries qu'il avait en tête.

Il laissait Sergeï le soigner. Après tout, il était plus doué que lui pour ce genre de tâche où la précision était de mise. Puis, la façon dont il lui avait agrippé le poignet n'admettait aucune réclamation « Tu me laisses faire ou je t'en colle une ». voilà ce que ça voulait dire. Aujourd'hui, Ian était capable de savoir ce que Ser pensait. Ou allait dire. Ou voulait dire. Parfois, il n'avait même pas besoin de le regarder pour comprendre ce qui lui traversait la tête, à cet espèce de bloc de glace myope. Au moins, ça compensait son incroyable sens de la conversation.

Dés que l'ainé eut terminé, Ian se chargea de finir le soin de sa main, galérant un peu – beaucoup – pour la bander. Le blondinet écoutait son vis-à-vis d'une oreille distraite. Il savait qu'il répondrait un truc du genre.

« Je sais que ma si charmante compagnie t’es imbuvable, mais je crois qu’il t’as déjà adopté, alors si rester te permet de t’aérer les idées, tu as qu’à passer la soirée ici. »


Quoi ? Oh. Le chien. Pendant un instant, Ian avait perdu le fil. Il reporta son attention sur la boule de poil blanche à leurs pieds, au détriment de son bandage qui continuait à se faire la malle. Brave bête. Ian avait toujours aimé les animaux, et les canidés en particulier. Et cette bestiole-là, elle était adorable à en faire gagatiser Dark Vador. C'est dire. Et puis, si même Ser avait craqué, c'était une preuve de plus.

Profitant de l'occasion pour continuer de fuir le regard de son interlocuteur, le cadet se baissa pour caresser l'animal de sa main saine. Une ombre de sourire se dessina, comme tout à l'heure. Comme quoi, c'était peut-être vrai que les animaux avaient des vertus thérapeutiques. Leurs compagnies apaisait.

▬ J'veux pas te... « te déranger » avait-il voulu dire, mais la perspective de se recevoir une mandale et la pluie tombant encore en trombe dehors le dissuada net ; Je prendrais le canapé alors.

Il laissa un blanc s'installer. Se changer les idées ? Oui, ça, il en avait bien besoin. Mais d'un autre coté, il n'avait pas non plus envie de s'imposer à son ami – alors que d'habitude, c'était l'inverse, il faisait tout pour lui pourrir la vie, cherchez l'erreur. Ou plutôt, il considérait ne pas avoir le droit de lui imposer ses putains d'humeurs de déprimé. Ian se mit en tête d'essayer de se conduire comme d'habitude. Il inspira profondément, et après un soupir, il attrapa le chiot pour le poser sur ses genoux, lui grattouillant la tête. Il réussit à accrocher sur son visage un sourire assez convaincant, du moins l'espérait-il. Il savait que Ser n'était pas dupe, qu'il le connaissait et le pigeait aussi bien que lui ne pigeait Sergeï. Mais bon, parfois, il valait mieux s'en tenir à des illusions.

▬ Il me rappelle un peu le chien de mon voisin quand on était petits. Mais lui, c'était la version adulte. Beaucoup plus gros. J'me souviens qu'il me faisait tellement peur, à aboyer aussi fort, que j'osais pas passer devant la maison de son proprio. Je faisais toujours le grand tour. Sauf quand t'étais avec moi.

Un rire nerveux, gêné, à l'évocation de ces souvenirs. Et un sourire maladroit, loin d'être resplendissant, mais plus sincère que le précédent. Un des problèmes de Ian était qu'il avait toujours été nostalgique, il en était conscient et faisait tout pour le cacher. Parce que ça ne collait pas avec le reste de son caractère. Et que c'était aussi un poids à vivre, mine de rien.

▬ Au fait, comment il s'appelle ? Enfin, est-ce que tu lui as donné un nom plutôt ?

Parce que oui, connaissant Sergeï, y'avait de fortes chances que môssieur, trop feignant pour trouver un nom décent au chien, se soit tout simplement contenté de l'appeler « le chien ».
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Mer 12 Jan - 14:49

[Comme prévu > Court et nul. On va dire, c'était un post pour me dérouiller les doigts. Je me meurs de honte ;__;]


▬ […] Je prendrais le canapé, alors.
« Pff. C’est pas comme si je comptais te passer mon lit de toute façon. »

Ni même le partager, qu’on se le dise. Dormir avec Ian était un calvaire, à moins d’accepter le fait d’avoir un bisounours collé à soi toute la nuit. Erk, non merci !


Sa tasse de café enfin prête, Sergeï retourna s’assoir en face d’Ian. Ce dernier avait installé le chien, visiblement aux anges d’être au centre de son attention, sur ses genoux, et le tableau tira un vague sourire amusé au policier. Ian & Ian… Charmante paire de crétins, tiens, même si pour le moment l’un comme l’autre étaient sages. D’un autre côté, l’heure n’était pas franchement à la connerie vous m’direz, hein…

Le cadet brisa soudainement le petit silence qui s’était tranquillement établi dans la cuisine, évoquant un souvenir de leur enfance, le « bon vieux temps » comme on dit souvent dans ces cas-là. Et puis il se mit à rire, un rire certes fragile mais qui résonnait agréablement aux oreilles de son vis-à-vis. Ça c’était déjà un peu plus le Ian qu’il connaissait, par rapport à tout à l’heure où il l’avait récupéré sur le pas de sa porte tout piteux et mouillé.

« Ouais, t’étais vraiment un beau trouillard de première. D’ailleurs, tu te vexais à chaque fois que je te le faisais remarquer et après on se faisait immanquablement engueuler parce qu’on s’était encore battu. »


Et voici que toute une flopée de ces petits riens, ce genre de moments qu’on conserve précieusement dans sa mémoire, se mirent à ressurgir à la surface. Il s’en souvenait jusque dans les moindres détails. Tout ça remontait à si loin déjà ?
Pensif, il avala une gorgée de son café. Chaud. Très, même. Et c’est précisément cet instant là que le blond choisit pour dévier du sujet et l’interroger sur une toute autre chose… le nom du chien.

Bon. Ok, il savait que ça devait arriver à un moment ou à un autre – et puis avouons-le, dès lors qu’il avait décidé de le baptiser comme ça dû au fait de ses ressemblances avec l’autre (i)andouille premier du nom, il avait attendu que le russe soit au courant simplement pour voir la tronche qu’il tirerait alors. Mais là maintenant tout de suite… Il ne s’attendait pas à ce qu’il lui pose la question et, surpris, manqua de s’étouffer avec son café. Il essaya cependant de garder tant bien que mal un minimum de contenance en camouflant tout ça derrière une soudaine petite quinte de toux tout à fait innocente, bon comédien à ses heures (et celui qui vient de dire « ou pas » est prié de sortir immédiatement, merci).
Oh et puis de toute façon, hein… Il n’était plus à ça près.

Semblant un instant très concentré par l’intérieur de sa tasse, Sergeï releva finalement la tête pour observer son compagnon, petit sourire en coin.

« Comment voulais tu que je l’appelle ? Un chien aussi con que toi… ne pouvait porter que ton nom. Il a vraiment la tête de l’emploi tu ne trouves pas ? »


Et paf vas-y que je t’affiche un air tout à fait innocent. Non non c’est faux, c’est pas comme si je venais de donner ton nom à un chien même pas capable de courir sans se manger un mur/une porte/un truc.


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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Jeu 13 Jan - 7:51

L'avantage parfois bien chiant de Sergeï, c'est qu'il était pas le genre de type à perdre le nord. Même dans une situation pareille, il gardait son cynisme maladif et son humour ô combien... humoristique.

Passant outre la petite remarque sur le lit et celle sur les souvenirs d'enfance, Ian attendait patiemment la réponse à sa question, s'occupant toujours du chiot pour l'instant sans nom. Plus pour très longtemps, on en doutait pas.

« Comment voulais tu que je l’appelle ? Un chien aussi con que toi… ne pouvait porter que ton nom. Il a vraiment la tête de l’emploi du ne trouves pas ? »


Le blond, qui jusqu'à présent s'échinait à éviter le regard de son ainé, eut une ou deux micro-secondes de flottement, dans le genre du bug mental et des connexions neuronales lentes et difficiles. Pourtant, une fois ces dures assimilations faites, Ian planta ses yeux clairs dans les verres myopique du second. Pendant un instant, il cru à une blague. Mais Sergeï ne blaguait jamais. Ou peu. Ou prou.
Dépité, amusé, agacé, il hésitait entre ces trois états, sachant de toute façon qu'il ne pourrait en accomplir aucun de façon parfaitement crédible et honnête. Pourtant, le changement de sujet lui faisait du bien. L'avantage des gens comme lui qui se prenait rarement la tête, c'est qu'ils pouvaient rapidement penser à autre chose et oublier de se torturer l'esprit.

Son air étonné et sa mâchoire à moitié pendante s'imprima un instant sur son visage, avant de disparaître en reportant son attention sur l'animal. Sergeï pouvait médire à sa guise, le fait était que Ian était plutôt satisfait. Au fond, ça lui faisait plaisir.

▬ Je me disais bien qu'il ressemblait à quelqu'un tiens. Puis soulevant le chien à la hauteur de son visage : Salut Ian-la-boule-de-poil.

A la suite de quoi il reposa Ian deuxième du nom sur le sol après avoir été gratifié d'un jappement

▬ Décidément, t'as jamais eu d'imagination pour les noms. T'as d'ailleurs jamais eu d'inspiration tout court.

La fin de sa phrase mourut dans sa gorge en même temps que son maigre sourire. Observant d'un œil critique le bandage de son main, le buste penché en avant et les coudes sur les jambes, une pensée toute simple se profila. Quelque chose qu'il avait rarement dit, ou tout du moins, rarement dans une situation aussi solennelle. Il se doutait que s'il ne la laissait pas sortir maintenant, il ne le ferait jamais.
Dans un soupir résigné, il se leva, jetant des coups d'œil un peu partout

▬ Mon estomac commence à se réveiller... T'as mangé ? Je peux préparer quelque chose si ça te... Ah, pas de riz au coca ou autre trucs bizarres, promis. Corrigeât-il dans un sourire gêné.

Avant de laisser Sergeï approuver ou protester, Ian lui asséna une petite tape amicale sur l'épaule en passant à coté de lui.

▬ Et... Hmm... Merci. ...Pour beaucoup de choses.
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Sergeï Litovski

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MessageSujet: Re: Goodbye from Russia [Sergeï ~]   Sam 15 Jan - 13:46

La réaction de son vis-à-vis fut, comme il s’y attendait, amusante à observer. Quoique, un autre jour et avec d’autres circonstances, ça aurait sans doute été encore mieux. Mais bon. Et puis au moins ça avait au moins permit au moins une chose : Pour la première fois depuis qu’Ian était venu s’échoue sur le pas de sa porte, il osait enfin le regarder en face alors que depuis tout à l’heure il cherchait constamment à éviter son regard. Y avait du progrès.
Et puis finalement il sembla s’accommoder tout à fait de la chose. Inutile de vous cacher que Sergeï avait tout de même songé l’espace d’un instant que l’autre russe aurait pu ne pas du tout apprécier et très mal le prendre. Après tout, il n’était pas dans ses meilleurs jours aujourd’hui…

▬ Mon estomac commence à se réveiller... T'as mangé ? Je peux préparer quelque chose si ça te... Ah, pas de riz au coca ou autre trucs bizarres, promis.

Manger ? Hmm… Il était quelle d’heure d’abord ? Aucune idée. Mais oui, maintenant qu’Ian le lui demandait, il se rendait compte qu’il crevait la dalle. Faut dire aussi que depuis qu’il s’était levé, le seul truc à avoir rempli son estomac c’était tous ces cafés qu’il s’était bu, encore un peu ballonné par la soirée de la veille.

▬ Et... Hmm... Merci. ...Pour beaucoup de choses.

Un truc inattendu. Une tape amicale sur son épaule, quelques mots de remerciement en prime. La surprise était de taille, c’était bien la première fois qu’il avait droit à ce genre de déclaration ! Le sourire qui s’afficha alors sur son visage en était la preuve, et il était bien content qu’Ian ne puisse le voir, puisqu’il se trouvait derrière lui. Qu’il ne puisse savoir en lisant sur son visage à quel point Ser’ appréciait ses paroles.
Enfin. Il se ressaisit rapidement et avala le reste de son café d’une traite.

« Toi, me préparer un truc ? Non merci, sans façon… Tu bouffe vraiment n’importe quoi, j’tiens pas plus que ça à goûter ta cuisine. »

La réponse était catégorique, il n’y avait VRAIMENT pas moyen de le laisser aux fourneaux… Surtout que c’était de sa cuisine qu’on parlait, là. En plus y avait sûrement pas grand-chose dans les placards, depuis le temps qu’il n’était pas allé faire les courses.
Oui oui, vous l’aurez deviné, l’épisode du riz au coca était encore sévèrement imprimé dans son esprit, et bien que son partenaire venait de lui promettre de ne rien cuisiner qui sorte de l’étrange, impossible pour lui de lui accorder sa confiance. Pauvre petiot traumatisé, va…

Sergeï se leva alors, et disparut dans sa chambre. Il enfila au jugé le premier jean qui lui passait sous la main, attrapa un pull et de quoi supporter le froid de dehors, avant de revenir à la cuisine quelques minutes après. Il balança à Ian une veste plutôt chaude – et surtout, sèche –, puis reprit la parole.

« Attrape ça, on sort. L’averse s’est calmée on dirait. »

Le ton était impératif ; que tu le veuille ou non mon pote… Bah t’avais pas l’choix en fait. On discute pas les décisions de papy sergy, un point c’est tout.

« On va aller manger un morceau dehors, ça nous changera les idées. »
… et Dieu sait qu’ils en avaient besoin, dans l’immédiat.




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Goodbye from Russia [Sergeï ~]

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