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 Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]

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MessageSujet: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Ven 27 Aoû - 4:45

Il pleuvait. Voilà la première chose que la demoiselle avait constaté. Elle avait vu, comprit et tiré une leçon de ce temps déconfit. Pourtant, peut-être n’avait-elle pas assez bien apprit sa leçon, puisque la situation ne s’était pas arrangée malgré ses précautions, et que les ennuis ne faisaient donc que commencer.

D’une certaine manière, Ianthe aimait la pluie. Elle adorait ce côté nostalgique, un rien antique et toujours de bon aloi qu’avait une bonne averse. D’aucuns ne s’y frottaient pas, laissant couler l’eau sous les ponts sans s’en préoccuper plus que de raison. Ils ne la regardaient même plus, la méprisant au plus haut point, alors qu’ils étaient pourtant bien content de pouvoir en profiter dans cette ville croupie aux trois-quarts. À Venise, l’eau faisait tout. Le beau temps, le mauvais temps, le temps qui passe et celui qui manque. Lorsqu’elle coulait trop fort, et faisait craindre de nouvelles inondations et intempéries pour le moins désagréables, elle se faisait traiter de tous les noms, et les plus fous priaient. Il n’y avait plus que cela à faire. Il fallait se résigner au pitoyable ou s’agenouiller, patienter et pleurer. Oui, pleurer, pour que les larmes viennent amadouer la pluie, tel un sacrifice de mauvais goût.
La jeune reine n’en était pas là. Non, jamais elle n’irait se mettre à pinailler ou rouspéter pour quelques gouttes. Au pire, évidemment, elle soupirerait en voyant que cet état de fait s’éternisait, s’il durait plus du temps qu’elle ne l’avait souhaité, ou qu’elle n’était pas d’une humeur suffisante pour supporter les dégringolades lacrymales d’un ciel trop gris. En temps normal, autrement, elle aimait cette pluie. Qu’elle soit fine, chaude ou affreusement agressive ne lui faisait pas peur. Pour rien au monde elle n’aurait voulu d’une saison estivale éternelle. Le soleil avait ses avantages, mais aussi son lot de problèmes. La pluie était un bien, et la grecque le savait. Parce qu’elle adorait sa puissance et la crainte qu’elle pouvait susciter, elle la traitait comme son égale. L’eau venue du ciel était une déesse, tout comme elle, qui faisait plier les hommes et les forcer à courber le dos, à s’empresser de peur de… fondre ?

« Et cette pluie qui n’en finit pas… »

Elle avait presque soufflé. Elle l’avait fait, d’ailleurs, une seconde plus tard, en s’appuyant contre le montant de cette porte d’entrée. Un long soupir qui n’aurait pas dû être, mais qui laissait paraître l’ennui soudain de la pauvre jeune femme. Elle était coincée. Cela, elle le savait mieux que quiconque, et s’en était aperçu très tôt. Sa plus grande erreur avait été de persister tout de même. Après tout, elle avait une mission à accomplir. Pour son propre compte, certes, mais ce n’était pas rien. Et il y avait cet homme qu’elle devait voir. Si tout avait fonctionné à merveille, elle l’aurait retrouvé, sans doute aurait-elle obtenu ce qu’elle voulait de lui, et ni une ni deux, elle serait repartie d’où elle venait. Pourtant, quelque chose avait foiré, si l’on puis dire. Dès le début, Ianthe avait bien vu que quelques ombres en avaient après elle. Être l’une des premières dames du pays engendrait inévitablement ce genre de désagrément. Être suivie, prise pour cible, traquée, et coincée comme à l’instant. Sur les toits, probablement, trois ou quatre types armés attendaient l’instant T. Parce qu’il faudrait bien qu’elle ressorte un jour. Mais certainement pas pour l’instant. C’était strictement hors de question, elle ne donnerait pas sa peau si futilement. Il suffisait qu’elle sorte d’un mètre de plus, et son crâne volerait certainement en morceaux. Triste fin. La brune ne pouvait s’y résoudre.

« Que quelqu’un fasse quelque chose. Et vite. »

Sur un ton posé mais injonctif, elle voulait faire comprendre à son entourage qu’elle ne désirait pas passer une minute de plus ici. Enfin, cela prendrait le temps que ça prendrait, mais le plus rapidement serait le mieux. Il n’y avait rien dans ce stupide palais. Rien qui l’intéresse. Son regard quitta donc un instant l’extérieur, de même qu’elle s’écartait de la porte principale. Si ses poursuivants arrivaient à venir jusqu’ici, il valait mieux ne pas être en première ligne. Aussi, peut-être était-ce mieux de se tenir dans une position moins inconfortable et risquée. C’est pourquoi elle avait regardé chacun des présents, un à un, avec une insistance aisément remarquable, et ramassait maintenant une vieille toile tombée d’un mur. Dans son observation, longue et méticuleuse, qui n’était un fait qu’une sorte de passe-temps, elle n’oublia pas de rajouter quelques invectives à l’attention de ses subordonnés.

« Si aucun de vous n’est assez bon pour nous sortir de là, c’est moi qui vous abattrai un par un, bande d’incapables. Je ne paie pas des abrutis dans votre genre pour qu’ils se tournent les pouces. »
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Massimo A. Torino

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Sam 28 Aoû - 0:06

    L'un des hommes à ses côtés trembla. Massimo se contenta de hausser les sourcils. Son statut de petit nouveau dans l'équipe de Ianthe Aliagas ne devait pas jouer en sa faveur, mais... Quand même, il avait du mal à comprendre pourquoi ils rampaient tous à ses pieds. Et d'ailleurs... pourquoi je suis là, moi ? Revenons un peu en arrière.

      Massimo venait d'apprendre qu'on l'avait assigné à un autre sous-groupe de la Mafia. Non, il ne montait pas en grade. Vu ses récentes aventures, 'fallait pas rêver. Mais il avait une chance de faire ses preuves. Lui, petit espion de la Mafia, serait entouré d'autres hommes plus expérimentés que lui (du moins il l'espérait le supposait), sous les ordres directs de... de... Ianthe Aliagas ? Mais c'est qui ça ? C'est... c'est pas un mec, non ? 'Non', avait répondu son père. Massimo avait fait des yeux ronds comme des boules de bowling. Non mais... sérieusement... il fallait VRAIMENT qu'il BOSSE pour une FEMME ? Son père remarqua son air courroucé (pour une fois qu'il remarquait quelque chose chez lui, d'ailleurs...) et déclara, sur un ton posé, que s'il voulait monter dans la hiérarchie, il fallait apprendre à obéir aux ordres. Quels qu'ils soient. Et surtout d'où qu'ils viennent. Massimo avait déglutit. Il avait toujours pensé que la seule femme à qui son père obéissait était sa mère. Il ne voulait même pas l'imaginer sous les ordres d'une autre. Trop horrible. Le mythe qui s'effondrait. Mais il avait saisi le sens des paroles du padre. C'était... une sorte d'épreuve. Un sacrifice. Il devait sacrifier une partie de son orgueil pour montrer qu'il était près à tout, absolument tout, pour servir Il Padrino. 'Ok, fit Massimo. Je marche'. De toute façon dans ce milieu, c'est marche ou crève. Pas comme si j'avais le choix. Il prit son courage à deux mains et, à l'heure dite, sortit de chez lui pour se rendre au rendez-vous posé par son nouveau boss. Sa boss, en fait. Ça faisait bizarre dit comme ça.

      MAMANMassi-chéri, n'oublie pas ton parapluie !
      MASSIMOMais maman...
      MAMANPas de 'mais', Massimo. Il va pleuvoir, alors tu ne sors pas sans ton parapluie.
      MASSIMOMais...!
      PAPAMassimo... écoute ta mère.
      MASSIMO...

    Donc là, comme c'était un gentil garçon, Massimo avait un parapluie. Mais à part sauver le brushing de la chef, il ne voyait pas en quoi il pouvait sauver la situation. Non mais franchement, c'était elle le boss, qu'elle donne ses ordres, quoi ! 'Je vous zigouillerai tous si vous ne trouvez pas une solution à ma place', ce n'était pas digne d'un leader. En plus les autres débiles, là, tremblaient comme des feuilles. Massimo se disait qu'il devrait peut-être suivre le 'conseil' de la chef, même s'il avait du mal à la prendre au sérieux. Parce que d'un côté, s'il obéissait, il prouverait ce qu'il valait dans une situation compliquée...! Mais d'un autre... bah, c'était quand même une femme. Et il n'aimait pas qu'une femme lui donne des ordres. Sauf si c'était sa mère, évidemment. Bon c'est vite-vu : soit tu te décides maintenant, soit elle décide à ta place. Il scruta du regard la femme aux cheveux noirs. Pas très impressionnante au premier abord. Disons que sans ses talons, elle était juste plus petite que lui. Ça le faisait pas pour donner des ordres. Même sa mère lui faisait plus peur. Mais il y avait aussi le regard que les autres chiens-chiens portaient sur elle. Il padre lui avait toujours dit que le regard d'un homme de main sur son supérieur n'est pas à négliger. Donc, à part ceux qui la regardaient comme un chien lorgnait un os (et ça Massimo s'en fichait) il y avait ceux qui avaient dans les yeux une lueur de respect mêlée à de la crainte. Oui, surtout de la crainte, en fait. Massimo avait beau ne pas comprendre pourquoi, il était assez intelligent pour en déduire qu'il devait se méfier. Il y avait quelque chose de louche derrière ses manières de diva capricieuse et exigeante.

    Bon. C'était le moment de montrer ce qu'il valait. En plus s'il sauvait la situation à lui tout seul (oui, Massimo avait de l'imagination...), alors que tous les autres seraient restés les bras ballants, ça ferait super bien sur son CV. Il avait plusieurs solutions. Le jeune mafieux analysa la situation le plus rapidement possible étant donné sa maigre expérience en matière d'improvisation. Il y avait bien une idée, mais... C'était dangereux pour lui. D'un autre côté, il devait jouer avec les atouts qu'il avait. Il n'était pas hyper baraqué, encore moins armé jusqu'aux dents, rien à voir avec les autres, là. Mais qui ne tente rien n'a rien. Il s'approcha du boss et lui tendit son parapluie.

    MASSIMOVous avez qu'à passer par derrière. Moi je peux sortir en reconnaissance.

    Après tout, il avait été formé pour l'espionnage. Et puis, avec son air de gamin, on pouvait espérer qu'il passe entre les gouttes. Pardon, entre les tirs. Sauf si les assassins qui étaient sûrement postés sur les toits alentours l'avaient repéré quand ils étaient entrés. Mais bon, au moins il avait proposé son idée. C'était mieux que rester les bras ballants et les jambes tremblantes comme les gros lourds derrières. De toute façon, avoir des idées, c'était pas son job. Massimo n'était pas un leader. Il était né pour suivre les ordres. Ceux du Parrain, de préférence.

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Sam 28 Aoû - 1:34

Ianthe avait lâché sa toile. Ça y est, elle commençait à s’impatienter. Non, c’était même plus que ça, elle en avait vraiment marre. Ces imbéciles ne bronchaient pas, ne sachant visiblement pas comment réagir. Pourquoi donc ? Etait-ce si compliqué que ça de se rendre utile, de mettre sa vie en jeu pour servir sa maîtresse ? La demoiselle me méritait-elle pas qu’ils se bougent un peu le cul et fassent un pied de nez à la situation ? Les choses n’allaient tout de même pas rester comme ça, dans un état si lamentable.
Provoquant un léger mouvement de poussière, alors que l’antique toile venait s’abimer sur le sol, la jeune grecque tentait de comprendre les circonstances. Il n’y avait vraisemblablement rien qui puisse atténuer la culpabilité et l’idiotie de ces types. Plusieurs avaient bougé un peu, allant voir auprès d’une fenêtre s’il y avait quelque chose de mieux à faire qu’attendre. D’autres attendaient là, déglutissant, se dandinant sur un pied, puis sur l’autre. Mais c’était bien insuffisant. La Diva soupira longuement, s’efforçant de garder un rien de calme. Et c’est là qu’il parla. Qui ? Qui était-il ? Elle cligna des yeux une fois, deux fois, et s’approcha lentement de lui.

« Fratellini, c’est toi qui a amené ça ? »

À vrai dire, Ianthe n’était pas du genre à regarder autour d’elle, surtout ses temps-ci. Alors, évidemment, elle n’avait pas pu voir ce gamin se joindre à elle pour cette petite expédition. L’observant de la tête aux pieds, et s’apercevant aisément qu’il était à peu près aussi grand qu’elle, la meneuse s’était arrêté à trop pas de cet inconnu. Etrange, pourquoi ne se souvenait-elle-même pas qu’il était venu à sa suite ? Etait-ce un espion ? S’était-il mis à la suivre pour la débusquer et avertir ses ennemis qu’elle était là ? Peut-être était-il responsable de la situation actuelle, après tout. Toutefois, un mince sourire, engageant, apparaissait d’ores et déjà sur les fines lèvres de la semi-déesse.

« Ce n’est pas un endroit pour les petits garçons, tu sais. Il y a des méchants qui pourraient te faire du mal, dehors. Il serait dommage que ton papa et ta maman te retrouvent découpés en petits morceaux, tu ne crois pas ? »

Elle s’était accroupie, lui caressant la joue tendrement. C’était un geste affectueux, rien de plus, qui visait essentiellement à infantiliser encore ce charmant jeune homme. Comment aurait-elle pu ne pas reconnaître le timbre encore juvénile de sa voix ? S’il était là, c’est qu’il devait avoir une bonne raison d’y être. Alors que ce soit pour elle, ou contre elle, qu’importe. Il n’avait pas l’air bien méchant.
Ianthe s’était donc redressée, lui adressant un nouveau sourire qui se voulait bienveillant. Puis elle s’en fut, rejoignant le seul homme en qui elle avait pu placer un minimum de confiance. Ce même Fratellini, un grand gars aux origines italo-grecques, l’avait aidé quelques fois. Il pourrait peut-être réitérer ses exploits.

« Je n’ai pas envie d’avoir de gamins dans les pattes quand je travaille, je te l’ai déjà dit… Mais, après tout, s’il peut se rendre utile… »

Elle avait dit cela audiblement, pour que le jeune homme puisse l’entendre. Comme à son habitude, Fratellini ne répondait rien. Normal, pour un muet. C’était l’une des qualités qui faisait de lui un homme dont elle appréciait la compagnie. Mais maintenant, elle s’était retournée à moitié vers celui qui lui apparaissait comme un gamin. Que faire ? Amusée, et peut-être un rien par son audace, elle reprit.

« J’imagine que tu espères faire tes preuves ici et maintenant. Alors je vais te laisser une chance, si tu veux flirter avec la mort. Va… »
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Massimo A. Torino

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Dim 29 Aoû - 23:37

    Les deux ou trois médecins qui avaient survécus assez longtemps à une séance de psychanalyse avec Massimo étaient formels : ce petit était un violent refoulé. L'un lui proposa des calmants. Massimo faillit lui faire bouffer ses cachets. Un autre lui conseilla de trouver un sport dans lequel se défouler. Massimo lui répondit qu'à part boxer sa tête, il n'avait envie de rien. Le dernier conseilla à ses parents – on remarque d'ailleurs qu'il était légèrement plus intelligent que les autres, pour avoir compris qu'il ne fallait pas directement s'adresser au gosse – d'inscrire leur fils à un cours de... yoga. Mais. Bien. Sûr. Comme si Massimo était capable de rester plus de dix minutes assis, en tailleur qui plus était, à méditer sur les choses de la vie en comptant ses respirations. Ça, c'était le point de vue du gamin, bien évidemment. Parce que Papa Torino ne voyait pas les choses sous le même angle. Après avoir verbalement réglé les choses – en expliquant à son fils que tuer c'était mal, et bla bla bla... – il ne le fit pas directement entrer dans la mafia. Il y avait des conditions. Et pas seulement 'je promets de ne plus tuer personne pour mon intérêt personnel'. Papa Torino insista pour que son fils apprenne à, sinon évacuer sa colère, du moins la canaliser. Et donc oui, Massimo fit du yoga. Quoiqu'il s'agissait plus de simple méditation, sans les postures trop compliquées pour ses petites articulations pas souples. Car oui, ce n'est pas parce qu'on a 10-11 ans qu'on ne peut pas égaler un retraité en grand-écart. Enfin bref. Massimo détestait cela. Il était nul. Mais vraiment nul. Il n'arrivait pas à rester immobile plus de quinze minutes – vingt après des heures d'entraînement – sauf la fois où il s'endormit, mais cela ne compte pas. Il n'arrivait jamais à compter ses respirations jusqu'au bout parce qu'il perdait le fil et, lorsque son professeur lui demandait d'imaginer des paysages reposants et agréables à son goût, lui voyait des champs dévastés par des lapins mutants. Enfin bref, toute cette entrée en matière pour dire que, là tout de suite, Massimo était tout près de péter un câble.

    Vous me demandez pourquoi ? Eh bien récapitulons.

    Pour commencer, la réaction 'du boss' :

    IANTHEFratellini, c’est toi qui a amené ça ?

    Ok, songea le mafieux en culotte courte. Elle ne m'avait même pas remarqué. Bon. Ça pouvait se comprendre. Il était nettement plus petit et doté d'une nettement plus petite présence scénique que ses comparses. D'un autre côté, c'était justement ce qui faisait que, en général, on le remarquait tout de suite au milieu d'autres mafieux. Parce qu'il faisait un peu tâche. Mais passons. Massimo prit sur lui – comme d'habitude – et jeta un regard au dénommé Fratellini. Son père l'avait en effet mis en lien avec ce monsieur, parce que dans la mafia, c'est comme dans une entreprise quelconque : on ne rencontre pas le boss à l'entretien d'embauche. Donc oui, on pouvait dire que c'était Fratellini qui avait 'ramené ça'. Massimo avait encore de la peine à avaler le 'ça', mais bizarrement des restes de ses leçons de yoga-qui-n'en-était-pas lui revenaient en mémoire, ce qui fut très utile pour la suite. En effet, lorsque Ianthe se baissa à son niveau comme si elle causait à un gamin de cinq ans, Massimo se rappela de contrôler sa respiration. Inspire. Compte jusqu'à trois. Expire. Compte jusqu'à trois. Inspire. Bien évidemment, il y eut quelques ratés, comme lorsqu'elle lui toucha la joue, ou qu'elle lui expliqua gentiment que ce n'était pas une place de jeux pour enfants. Inspire. Expire. Inspire. Exp... non, compte juqu'à deux, non c'est pas ça, jusqu'à six. Argh je vais m'étouffer. Voilà que Massimo partait en hyperventilation. Il expira un bon coup par la bouche, juste au moment où le boss se détournait de lui, parce que, franchement, il aurait eu l'air de quoi s'il s'était évanoui à cause de ça, je vous le demande ? Tout le monde – la chef la première – aurait cru qu'il avait fait une crise de panique. Oh oui, ça ferait génial dans son CV. Ou plutôt son dossier médical. Déjà que le dossier psychologique était bien rempli... Mais là n'était pas la question. Massimo avait réussi à ne pas hurler que non, il n'était pas un gamin, qu'il était petit mais très bien pour son âge, que d'abord elle faisait deux centimètres de moins que lui, et qu'il savait très bien qu'il y avait des 'méchants' dehors, et que lui aussi pouvait se montrer 'méchant' si elle le poussait à bout, parce que merde, il détestait qu'on lui parle comme s'il avait six ans, surtout qu'elle n'était pas sa mère, et que d'abord de quel droit elle se permettait de le toucher, et que... Heureusement, ce long monologue ne se déroulait que dans son esprit, de sorte que le jeune mafieux eut la légère impression d'avoir un tout petit peu sauvé l'honneur qu'il lui restait encore. Extérieurement, il tirait juste une tronche de déterré, regardant sombrement devant lui une colonne de marbre qui aurait sûrement brûlé si elle était de bois. Mais au moins n'avait-il pas exprimé à haute voix son mécontentement. Pour un premier jour – et peut-être un dernier, au vu des circonstances – ça ne l'aurait pas fait. Papa sera fier de moi... papa sera fier de moi... papa sera fier de moi, se répétait inlassablement le garçon.

    IANTHEJe n’ai pas envie d’avoir de gamins dans les pattes quand je travaille, je te l’ai déjà dit… Mais, après tout, s’il peut se rendre utile…

    Papa sera fier de moi papa sera fier de moi papa sera fier de moi putaaaaaaaiiiiiiiiii...

    IANTHEJ’imagine que tu espères faire tes preuves ici et maintenant. Alors je vais te laisser une chance, si tu veux flirter avec la mort. Va…

    ... iiiin ?

    Massimo cligna légèrement des yeux en se tournant vers 'le boss' – vu que jusque là il semblait toujours décidé à brûler de son regard la colonne de marbre – et constata qu'elle semblait sérieuse. Même si elle avait également l'air... amusée. Elle ne devait pas le prendre au sérieux. Elle lui disait ça, comme on disait à un gamin : 'tu veux vraiment une autre part de gâteau ? eh bien mange, et si tu as une indigestion, ce ne sera pas ma faute. la prochaine fois tu ne recommenceras pas.' Oui. Exactement. Mais Massimo s'en foutait, il avait un bide à l'épreuve de toutes les pâtisseries du monde. À défaut d'être à l'épreuve des balles. Ok. Elle n'avait pas confiance en lui. Comment voulez-vous que des hommes de main aient confiance en eux quand leur boss n'en avait rien à faire ? Mais ce n'était pas grave. Il allait le faire. Maintenant. Il allait le faire et elle verrait – ils verraient tous – de quoi il était capable. Ouais. Tout à fait. Il jeta un regard en biais à Fratellini et faillit frissonner. Il ne savait pas si c'était lui ou quoi, mais il avait l'impression qu'il le regardait d'un air qui voulait dire : 'ton père m'a demandé un rapport'. Ok. Non, ce n'était pas grave. Son père saurait ainsi, de source sûre, que Massimo avait agi en vrai mafieux, et pas juste en gamin-qui-se-prenait-pour-tel, qu'il avait sauvé l'honneur de la famille et tout. Parce qu'un Torino n'est pas une poule mouillée. Un Torino n'a peur que de la peur elle-même, et la peur ce n'est même pas palpable. La peur, il la battrait avec la seule force de son esprit. Il la ferait s'agenouiller devant lui. Comme son père lorsque le Parrain le prendrait pour bras-droit et pas lui. Ouais. Tout à fait. N'imaginez pas que Massimo était resté statique pendant toute la durée de son petit délire mental, parce que cela dura tout de même une bonne – une longue – minute. Non, il s'était retourné vers la porte et avait marché comme un robot vers la sortie, sous les regards surpris, circonspects ou amusés des autres gars. Massimo s'arrêta à un pas de la porte et jeta un dernier regard derrière lui, regard qui se voulait convaincu et convaincant, en direction du 'boss' :

    MASSIMOOuais... Ok, je vais le faire.

    {MUSIC ON}

    Il aurait voulu avoir une réplique un peu plus classe à caser là, parce que malgré lui il trouvait que la chef avait bien parlé et tout, mais... rien ne venait. Il se contenta donc de se donner un air décidé, plus pour se convaincre lui-même que pour convaincre les autres, puisqu'il était clair que c'était la première fois qu'il faisait quelque chose d'aussi dangereux. Et puis, comme il restait toujours en lui une once de fierté infantile, il ajouta :

    MASSIMOMais si je réussis, y'aura plus de gamin qui tienne.

    En fait, ce qu'il aurait réellement voulu dire, c'est 'je zigouillerai tous ceux qui me traiteront de gamin', mais quelque chose lui disait que ça passerait moins bien. Le problème avec son jeune âge, c'était qu'il ne pouvait pas se la jouer bad boy comme les autres, au risque d'avoir l'air juste capricieux. Mais bon, à présent il était tourné vers cette porte, et personne n'aurait pu savoir si l'air qu'il affichait était celui d'un gosse pleurnichard ou d'un jeune homme en devenir. Il se glissa à travers l'ouverture qui, comme par hasard, grinça sur ses gonds comme dans un film d'horreur. Il referma la porte derrière lui et fit quelques pas à l'extérieur. Il pleuvait des cordes. Il avait laissé son parapluie à l'intérieur, mais le but n'était pas de se cacher. Au contraire, il fallait qu'on voit ses traits juvéniles – si possible avant de tirer. Il ne se couvrit donc pas la tête, mais mit nonchalamment les mains dans ses poches et en sortit les écouteurs de son i-pod x génération qu'il mit tranquillement dans ses oreilles, comme si de rien n'était. Puis il alluma le petit lecteur de musique intégré dans sa montre et poussa le volume à fond. Parce que la pluie ne le dissimulerait pas bien longtemps. Mais elle dissimulerait en revanche les tireurs postés sur les toits. Du coup, peu lui importait d'entendre ce qu'il se passait aux alentours. De plus, ces hommes étaient sûrement des professionnels. Même en temps normal, Massimo n'aurait pas eu de grande chance de les repérer à l'oreille. Et puis, écouter les gouttes de pluie tomber sur les pavés, en même temps que les secondes – les dernières de sa vie, peut-être – s'écoulaient, c'était nettement plus stressant que le boum-boum des basses de la musique qu'il écoutait à fond, quitte à s'en exploser les tympans. Oui, au milieu de cette place ravagée, à travers le rideau de pluie qui lui permettait à peine de distinguer les contours des bâtiments alentours, et avec sa musique dans les oreilles, Massimo se sentait presque bien. C'était ça, la méditation ? Il se sentait plus calme en cet instant que lors de n'importe quelle séance de yoga. L'air de Venise lui semblait même plus frais que d'habitude. Ce devait être son imagination. Oui, sûrement. Ou alors il devenait fou. Alors qu'il aurait dû paniquer plus que jamais, partir en courant – comme il avait malheureusement l'habitude de le faire – il se sentait parfaitement calme. C'était étrange, et cela aurait dû l'effrayer, mais cela ne réussit qu'à lui faire hausser un sourcil interrogateur. Puis un deuxième... parce que quelque chose d'autre clochait.

    *

    Cinq minutes plus tard, Massimo réapparaissait dans l'embrasure de la porte. Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui puis referma le battant et s'avança dans la pièce en rangeant les écouteurs de son i-pod.

    MASSIMOY'a personne.

[HJ : La musique d'ambiance est donc celle que Massimo écoute n_n]

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Lun 30 Aoû - 1:17

Les choses allaient-elles devenir intéressantes ? Non. Allaient-elles être plus pimentées, plus au goût de la demoiselle ? Hum… pas vraiment. La seule chose qui l’intéressait, à vrai dire, c’était de pouvoir voir ce gamin en action, puis de repartir autrement que les pieds devant. En fait, elle se moquait bien du fait qu’il puisse parvenir ou non à apercevoir les tireurs embusqués ou en approche. Ce qui comptait, c’était qu’il s’amuse, et surtout qu’il l’amuse, elle. Aussi, après ces quelques mots qui avaient sonné étrangement sereins malgré qu’ils proviennent d’un gosse, la diva avait regardé Fratellini en coin. Que pouvait bien penser celui-là ? Il observait le jeune homme partir comme s’il s’agissait de son propre fils. Bien sûr, il ne donnerait certainement pas sa vie pour lui et ne lèverait pas le petit doigt pour lui venir en aide si Ianthe ne lui en donnait pas l’ordre, mais il y avait un petit quelque chose. Un lien devait sûrement exister entre eux. Bof, qu’importe.

« Nous allons rester là. Je veux savoir comment il va s’en sortir. Et puis il aurait l’air de quoi, à se retrouver tout seul après que nous ayons décampé ? »

Monologue ? Peut-être bien. La jeune grecque s’adressait aussi bien à tout le monde qu’à personne. Ce qui importait, c’était qu’elle sache ce qu’elle voulait pour elle-même. Les autres suivraient, coûte que coûte. Ils n’allaient quand même pas contester ses décisions. Déjà qu’ils ne répondaient pas à ses paroles, de peur de se faire malmener…

« Vous autres, allez voir sur le toit et assurez-vous que la voie est libre, en usant de la manière forte s’il le faut. Ce n’est pas que ce gamin soit inintéressant, mais il est encore un peu tôt pour lui faire confiance. »

Elle se remémorait la dernière chose qu’il avait dite avant de sortir sous les trombes d’eau. Pour elle, il serait probablement toujours un gamin. Dans cinq ou dix ans également, peut-être. Le fait qu’il soit à son service était une bonne chose, mais elle commençait à douter qu’il puisse mener à bien les missions demandées. Evidemment, un gamin errant tranquillement sous la pluie fait moins louche qu’un type étant clairement identifié comme étant de la mafia. Mais ça reste louche, néanmoins. Et puis, s’il revenait, ce serait toujours le même problème. Travail accompli ? Sans doute, mais pour le compte de qui ? Fratellini connaissait l’origine du petit, c’était un fait, mais il n’avait pas dit où il l’avait trouvé, ni s’il était sûr de ses sources. En même temps, comment aurait-il pu en informer clairement Ianthe ? Quelqu’un a-t-il un papier et un crayon ? Personne ? Bon, tant pis. Les muets ont une fâcheuse tendance à ne pas l’ouvrir, quelque soit la dangerosité de la situation.

« J’espère que tu n’as pas confié d’arme au morveux… »

Rajouta t-elle, quelques instants avant qu’il ne revienne. Marchant lentement dans la vaste salle, elle observa la pluie et s’arrêta lentement pour inspecter le jeune italien trempé qui rentrait. Y’a personne, hein… Après un rapide examen de ce corps composé à près de cent pourcent d’eau, le regard de la boss pivota pour voir le premier de ses hommes revenir de l’autre côté du hall. Il vérifiait visiblement le chargeur de son arme, comme si celle-ci avait du servir à abattre les quelques trouble-fêtes que le novice n’avait pu voir.

« Tu as fait du bon travail. »

Dit-elle en penchant un peu la tête, donnant à ces paroles un ton légèrement mielleux. Les félicitations n’étaient pas de son lot. Seul un gamin voudrait en recevoir de sa part, de toute manière.

« On y va. »

Lâcha t-elle finalement, s’écartant de lui comme s’il n’existait déjà plus, et retrouvant ses comparses au milieu de ce rez-de-chaussée du palais. L’exécuteur avoua avoir mis à mort deux tueurs potentiels, tandis que le troisième avait prit la fuite, poursuivi par un autre homme de la diva. Sans un mot, cette dernière jeta des regards qui se voulaient suspects, mais reprit son chemin pour aller à l’arrière du bâtiment. Tous, ou presque, suivirent. L’un d’eux devait assurer les arrières de la demoiselle et incitait donc Massimo à avancer, si ce n’était déjà fait. Ianthe ne s’arrêta qu’à côté d’une magnifique sculpture travaillée par le temps et laissa deux types de sa garde rapprochée prendre les devants. Passant sa main sur l’œuvre aux surfaces devenues rugueuses ou quelque peu désagréables à cause du manque d’entretien, elle jeta enfin un coup d’œil au plus jeune de la troupe.

« Ton travail n’est pas fini, Ragazzo… Tu dois prendre soin de celle que tu sers jusqu’au bout. »

Allait-il réagir positivement ? D’un certain sens, il y était bien obligé. Encore faudrait-il qu’il s’y prenne correctement. La jeune femme n’avait pas réellement besoin d’être protégée par un parapluie. Qui plus est, elle aurait pu faire sortir tout le monde par la porte de devant, puisqu’il l’avait inspectée et s’était assuré qu’il n’y ait plus personne. Mais dans sa volonté de le tester, elle n’allait pas lui laisser mener une existence facile à ses côtés. Bien au contraire. Et puis il n’avait pas encore prouvé qu’il était digne d’une réelle confiance. Qu’il appartienne à la mafia d’accord. Mais qu’il soit à elle demandait encore bien des épreuves à passer…
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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Lun 30 Aoû - 3:17

    Massimo ne s'y connaissait pas vraiment en méditation. Comme dit précédemment, il avait beau l'avoir pratiquée, il n'avait jamais vraiment réussi à combler les attentes de son professeur. Il n'avait jamais réussi à faire le vide en lui, et pourtant dieu savait s'il avait essayé, parce que son père lui avait expliqué que c'était très important. Lorsqu'il avait pris le gamin à part pour lui expliquer ce qu'il devait faire et ne pas faire, il avait ajouté que, s'il arrivait qu'il soit forcé de tuer un homme, il ne devait pas prendre ce geste à la légère, mais se rendre compte de son acte, aussi horrible fusse-t-il. Et afin de ne pas se retrouver hanté par les dizaines de morts qu'il aurait peut-être sur la conscience, le mieux était de faire le vide dans son esprit avant de tirer. Massimo était donc tout à fait motivé à apprendre la chose, le problème était que son corps ne lui obéissait pas. Quand il tentait de ne penser à rien, de rester calme et silencieux, des tas de pensées inutiles venaient polluer son esprit, ses yeux se rouvraient tous seuls ou ses oreilles captaient la voix de sa mère qui appelait à table. Il avait donc laissé cet entraînement de côté, jugeant cela impossible. Mais aujourd'hui, sous la pluie, il avait eu un petit aperçu de ce que 'faire le vide' signifiait. Il s'en rendait davantage compte à présent qu'il était de retour dans ce vieux palais, parce que son calme s'était envolé avec la musique, et qu'il sentait son cœur battre à cent à l'heure. La vache. J'aurais pu crever. Il cligna un peu bêtement des yeux pendant une seconde, ne se rendant compte qu'après coup qu'il était trempé de la tête au pied. La semelle en caoutchouc souple de ses baskets couinait sur le sol. La présence de sa chef le ramena sur Terre :

    IANTHETu as fait du bon travail.

    Massimo leva les yeux pour croiser son regard, et songea alors que, oui, effectivement, il aurait pu mourir tout seul là-dehors. Personne ne serait venu le sauver. Mais ce genre de pensées, c'était pour les looseurs. Son esprit composé à 45% de fierté lui était parfois utile ; là elle lui interdisait de se montrer faible en rabâchant ce qui lui serait peut-être arrivé mais qui n'était pas arrivé. Sa fierté, bien souvent handicapante, était à présent un atout. Elle lui permit de fixer la chef dans les yeux et de hocher la tête en guise de réponse. Son ton le mettait mal à l'aise, raison pour laquelle il évita de répondre simplement 'merci'. Après, on croirait qu'il aimait bien qu'on lui parle de cette façon. Et ce n'est pas ce qui ferait oublier à tous qu'il était un gamin. Ianthe se détourna de lui et donna ses ordres, comme s'il n'existait déjà plus. Mais ça, Massimo avait l'habitude de le voir tous les jours. En général, on s'amusait de sa présence, parfois en se moquant ouvertement de lui, mais une fois qu'il avait montré qu'il était bien au-dessus de cela – ou, dans les moins bons jours, qu'il avait piqué sa crise – on se désintéressait de lui. Après tout, s'il tenait tellement à faire partie du groupe, qu'il suive les ordres comme tout le monde. Massimo ne s'attendait pas à un traitement de faveur. De toute manière, sa fierté ne l'aurait pas supporté. Cependant, lorsque les hommes se mirent en marche pour quitter le palais – pas par l'entrée principale, comme l'avait cru le garçon – il ne put retenir un coup d'œil discret en direction de Fratellini. Fratellini... il se demandait si c'était bien son vrai nom. De toute manière il ne pouvait pas lui poser la question. Mais surtout, il se demandait ce qu'il raconterait à son père. Quoique le verbe 'raconter' fut un peu déplacé. Le jeune mafieux suivait le groupe en silence et se demandait si, vraiment, la chef trouvait qu'il avait fait du si bon boulot que ça, puisque de toute manière elle semblait ne même pas en tenir compte. Mais s'il y avait une chose que Massimo avait compris en entrant au service du Padrino, c'était que, fierté ou pas, il ne fallait jamais remettre en question les ordres de ses supérieurs. C'était ce qui différenciait un bon homme de main d'une petite frappe en manque de reconnaissance.

    IANTHETon travail n’est pas fini, Ragazzo… Tu dois prendre soin de celle que tu sers jusqu’au bout.

    Il faillit sursauter en constatant qu'elle était juste à côté de lui. Alors qu'il était censé être sur ses gardes... Il hocha vaguement la tête :

    MASSIMOJe sais... madame.

    Pas terrible comme réponse, mais le jeune Torino était surtout doué pour les répliques cinglantes, et il savait tout de même faire preuve de respect envers ses supérieurs. Mais tout de même, ça lui faisait bizarre d'être aux ordres d'une femme. Pas uniquement à cause de sa fierté, mais aussi parce que cela lui semblait à la fois très différent et très semblable à ce à quoi il était habitué. Ianthe n'avait pas besoin de menacer ses hommes pour se faire obéir. Elle n'avait pas besoin de se montrer effrayante ou impressionnante. Elle imposait déjà du respect au naturel – même si, Massimo en était certain, il y avait autre chose derrière son calme et ses manières de grande dame – et personne ne remettait son autorité en question. Les hommes sous ses ordres ne bronchaient pas plus qu'ils l'auraient fait avec l'ancien supérieur de Massimo, ou avec son père par exemple – bien qu'il ne l'ait que très peu de fois vu donner des ordres. Et même... il avait vu des attitudes nettement plus contestataires lorsque c'était un homme qui donnait des ordres, d'ailleurs. Décidément, Massimo ne savait pas quoi penser de sa nouvelle supérieure. Tout ce dont il était certain, c'est qu'il avait intérêt à lui obéir comme il l'aurait fait avec n'importe qui d'autre. Il fit en sorte de ne pas se tenir trop éloigné de la diva, même si à part lui tenir son parapluie il ne pouvait pas faire grand-chose. Il n'avait pas d'arme à feu, car son père refusait encore de lui en mettre une entre les mains – bien qu'il lui ait appris à tirer – et ce n'était pas étranger à la façon dont il se servait de son taser. Massimo aimait bien son taser. Et il n'avait aucun problème à reconnaître qu'il y allait toujours un petit peu plus fort que nécessaire lorsqu'il s'en servait. Mais bref, en dehors de son taser il n'avait rien pour se défendre. Il n'était pas karatéka et, franchement, ça ne l'intéressait pas – c'était comme pour le yoga, il fallait être souple. Il savait parfaitement que les autres hommes de main présents sauraient se charger des tireurs potentiellement cachés du côté de la sortie de derrière. Lui ne pourrait se défendre que si on l'attaquait de front. Bon. Autant prendre son mal en patience, donc, et avoir l'air un minimum sûr de soi. Parce que si en plus il montrait ouvertement qu'il se sentait inutile...

    Ils parvinrent finalement à l'arrière du bâtiment. L'une des fenêtres était cassée, de sorte qu'on avait une bonne vue sur l'extérieur. Un des hommes de Ianthe y était déjà posté, tandis que deux autres ouvraient précautionneusement la porte pour examiner les environs.

    L'UN D'EUXIl y a encore trois hommes postés là-bas.

    Poussé par la curiosité, Massimo s'avança pour voir, et recula en se rappelant au dernier moment l'ordre de la patronne. Il ne savait pas trop ce qu'elle attendait de lui, qu'il reste collé à elle au cas où on les attaquerait de près et qu'il serait assez rapide pour sortir son taser ou son couteau de poche et se défendre contre un tueur assurément plus expérimenté que lui, ou simplement suivre le groupe sans broncher et ne prendre des initiatives que lorsqu'elles découlaient d'un ordre direct. La première hypothèse lui semblait franchement nulle. Pour se défendre ou défendre qui que ce soit d'autre, il lui aurait au moins fallu une arme... mais en quémander une juste maintenant l'aurait surtout ridiculisé. Bon, il n'avait plus qu'à attendre que les hommes de Ianthe fassent leur office, c'était bien ça ? songeait-il en se renfrognant. Il s'apprêtait à se faire à l'idée lorsque des coups de feu retentirent. Mais pas au-dehors. Derrière eux. Ils sont entrés, songea immédiatement le jeune Torino. Ils sont entrés et c'est de ma faute. Pendant un instant, il constata toute l'ampleur de la situation, le fait qu'il avait dû rater un tireur posté à l'entrée, qu'il perdait le peu de crédibilité qu'il avait encore, et que plus personne ne lui ferait confiance... s'il s'en sortait. Et puis l'instant d'après, sa fierté reprit le dessus. S'il se morfondait sur lui-même alors que la situation ne l'exigeait pas, là il pourrait avoir honte. Mais tout n'était pas encore joué. Deux des hommes restés en arrière rejoignaient le petit groupe en courant, lorsque Massimo eut une idée :

    MASSIMOSi on passait par en-dessous ? Certains vieux bâtiments ont encore d'anciennes canalisations en commun.

    C'était sa fierté qui le poussait à parler, mais il y avait tout de même une note d'inquiétude facilement décelable dans sa voix. Premièrement parce qu'il n'était pas sûr de son idée, deuxièmement parce que, même si elle était acceptée, il doutait qu'elle soit bonne. Après tout, d'autres tireurs pouvaient avoir investi d'avance les bâtiments, non ? Mais il était trop tard pour reculer. Qu'il essaye de prouver ce qu'il valait était toujours mieux que de rester planté les bras ballants à regarder les autres s'activer.

    MASSIMOS'ils croient qu'on est sortis par derrière, ils ne penseront peut-être pas à nous suivre en dessous... Je connais le chemin.

    Il ajouta cela sur un ton précipité, parce qu'il venait de se rappeler que les plans du palais étaient compris dans l'itinéraire qu'il avait entré dans sa montre-qui-faisait-aussi-GPS pour se rendre depuis le Théâtre de la Fenice jusqu'à chez lui. Sa mère s'y rendait souvent, parfois avec lui, et comme elle avait pris l'habitude de rester des heures discuter avec ses amies après chaque spectacle, Massimo avait appris à rentrer tout seul chez lui. C'était bête dit comme ça, mais d'un coup il était content que sa mère participe si souvent aux quelques soirées mondaines encore données dans la Cité des Dodges.

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Lun 30 Aoû - 5:31

Le gamin ne réagissait pas outre-mesure. En voilà une bonne chose. Mais Ianthe était déjà passée à la suite, sans avoir prit un excédant de notes. Son esprit méthodique et bien organisé se rappellerait de ce fait et saurait lui dire qu’à l’avenir, elle n’aurait pas besoin de faire ce genre de commentaire déplacé au jeune homme. Il était serviable, silencieux, calme, d’une sérénité exemplaire. Certains de ses exécutants feraient bien d’en prendre de la graine. À part Fratellini, de toute manière, il n’y en avait pas un qui lui importait. Alors leur comportement n’avait aucun intérêt, du moment qu’ils obéissaient et s’attelaient correctement à la tâche. Il fallait simplement qu’ils ne soient pas exclusivement des idiots de chien-chien. Même les animaux avaient un honneur, après tout. Les canidés étaient d’excellents compagnons et des aides précieuses, dans quelque branche qu’ils officient. Alors ils n’allaient pas la décevoir, n’est-ce pas ? Cette pensée avait à peine franchi le seuil de la réflexion qu’elle était déjà erronée. La jeune femme fixa longuement celui qui avait parlé.

« Et ? »

De son regard profondément bleu, elle chercha à comprendre l’essence des pensées de cet homme. Pourquoi en était-il venu à lui dire que là-bas, dehors, deux autres types attendaient pour lui trouer la peau ? Comment pouvait-il raisonner ainsi ? Manque de timing ? Problème de synchronisation entre ses neurones ? Où était l’erreur ? Cherchez, vous la trouverez sûrement.

« Peut-être attendez-vous que j’aille gentiment leur offrir mon corps dans l’espoir qu’ils épargnent vos misérables vies ? »

Les doigts fins de la jeune grecque avaient quitté la paroi indélicate de l’ancienne statue. Ils n’y trouvaient plus d’intérêt, et elle non plus. À la place, il y avait cet imbécile. Ces imbéciles, même. Au lieu de se bouger, ils avaient attendu. En voilà une chose stupide. La suite ne faisait plus aucun doute. Dans quelques instants, ils seraient là. La diva serait coincée au milieu de ses bons à rien, et finirait par se faire intégralement déchiqueter par des rafales de balles. Deux options restaient. Se servir de ses hommes pour constituer un rempart humain, ou se cacher derrière cette large sculpture en espérant que les autres la croient partie. Non, une troisième possibilité : le suicide collectif ou la technique du kamikaze. Seulement, personne n’avait d’explosif. Elle regarda donc distraitement vers le plafond, sachant pertinemment qu’il y avait des étages à ce vaste monument. Mais le temps d’y aller… En plus, après, il ne faudrait même pas songer à pouvoir redescendre. Restait la possibilité d’affronter les ennemis en bataille rangée, mais les chances de victoire étaient infiniment maigres. Stupide journée. Bon, eh bien autant aller perdre tout le sang de son corps sous une pluie drue qui nettoierait tout juste après le massacre. Ianthe fit quelques pas résonnant en direction de la sortie, mais s’arrêta en entendant la voix du plus jeune. Tiens, voilà qu’il se réveillait, lui. Craignait-il tant que ça de mourir ? L’âge devait y être pour quelque chose. Elle eut un léger sourire qui n’était que pour les circonstances, mais il pouvait le prendre pour lui-même si cela lui chantait.

« Depuis quand les gamins se permettent-ils de prendre des décisions ? »

La demoiselle à la peau très blanche s’approcha de lui. Du coup, il lui avait fallu renoncer à sa sortie. En fait, en se mesurant à deux ou trois hommes sous la pluie, elle avait toutes les chances de s’en sortir. Elle avait connu bien pire par le passé, et les éléments avaient toujours été de son côté. La maîtrise du terrain offre des avantages extraordinaires face à un ennemi que l’on connu. Or, ceux-là, elle ne pouvait pas ignorer qui ils étaient. Des inconscients venus la défier.

« Ce n’est pas le moment de jouer au chat et à la souris, Ragazzo. Ceux qui en ont après nous se doutent très certainement qu’aucun d’entre nous ne peut s’évaporer dans la nature. S’ils s’aperçoivent de notre disparition, ils mettront plus d’effort pour m’avoir la prochaine fois et… »

Pourquoi se mettait-elle à lui raconter cela ? Une ombre passa sur son visage. De l’agacement, un rien d’ennui, un peu de colère contre elle-même. L’heure n’étaient pas aux palabres. Il fallait prendre une décision rapidement, et c’est ce qu’elle avait fait. Parfois, elle en venait à se dire que le seul qui soit suffisamment mesuré et intelligent dans ses faits et gestes était Fratellini. Au moins, celui-ci n’avait pas prononcé quelques stupides paroles pour lui faire perdre du temps, et il était à pied d’œuvre pour se débarrasser des adversaires approchant. Les tirs fusaient de partout. Dedans et en dehors, la villa Pisani devenait un véritable champ de bataille. Ianthe sentait qu’il allait lui falloir expulser sa frustration sur quelqu’un très bientôt.

« Fratellini, tu t’occupes de ça. Je ne veux pas en voir un seul repartir d’ici autrement que sur une civière. »

C’était un ordre incontestable. Quatre de ses hommes resteraient là. Cinq, en comptant celui qui se trouvait déjà à l’extérieur. Le rapport de force n’était pas aussi déséquilibré que ça. De toute manière, tout ce dont la déesse avait besoin, c’était de temps. Hormis cela, il pouvait arriver tout et n’importe quoi, elle n’en avait que faire.

« Montre-moi le chemin, et ne traîne pas en route. Si c’est un piège ou que tu t’es trompé, je te jure que je te tuerai. »

Tout était dit. Maintenant, ce regard azur n’était plus aussi bienveillant. Son calme commençait à s’évaporer peu à peu, tout comme son sang à bouillir. Si ce mioche en venait à lui tendre une embuscade, elle ne le supporterait certainement pas. Et s’il fallait continuer à faire des morts aujourd’hui, elle serait prête à agir, sans la moindre hésitation…
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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Dim 12 Sep - 6:19

[HJ : Pardon pour le retard]
    Serviable. Silencieux. Calme. D’une sérénité exemplaire. Ça, c’était du Massimo tout craché. Enfin, sauf si vous aviez accès aux pensées entremêlées dans son cerveau. Parce que, extérieurement, il pouvait tout à fait passer pour un garçon tranquille voire sûr de lui. C’était d’ailleurs l’image qu’il aimait à donner : un jeune homme confiant, parfois même un peu trop imbu de sa personne… mais sûr de lui et de ses capacités. Alors qu’intérieurement, évidemment, c’était tout le contraire. Mais tant qu’il avait l’impression de maîtriser la situation, il ne paniquait pas. Il avait confiance en sa chance. Sa chance insolente qui l’avait déjà sorti de toutes sortes de mauvais pas… Seulement, lorsque la Mort frappe à la porte du voisin, vous avez beau savoir que votre heure n’est pas arrivée, vous ne pouvez pas vous empêcher d’avoir des doutes… Et si elle se trompait ? Et si… et si elle venait sonner chez vous juste après ? C'est nul comme métaphore. En plus c'est stupide. J'ai douze ans. Je peux pas mourir maintenant. Quelques bravades silencieuses tandis que le gamin s'efforçait de se persuader qu'il maîtrisait encore la situation. Même si tout autour de lui semblait lui signifier le contraire. La patronne n'était déjà pas enchantée que les hommes postés près de la porte de derrière n'aient pas réagi davantage en apprenant qu'on les 'attendait à la sortie'. Massimo n'était pas sûr de son plan évidemment, mais il ne put retenir une grimace lorsque Ianthe se tourna vers lui :

    IANTHEDepuis quand les gamins se permettent-ils de prendre des décisions ?

    Je ne suis PAS un GAMIN. Massimo ouvrit la bouche pour répliquer, mais se tut. Comme le disait Ianthe, ce n'était pas le moment.

    IANTHECe n’est pas le moment de jouer au chat et à la souris, Ragazzo. Ceux qui en ont après nous se doutent très certainement qu’aucun d’entre nous ne peut s’évaporer dans la nature. S’ils s’aperçoivent de notre disparition, ils mettront plus d’effort pour m’avoir la prochaine fois et… (une pause) Fratellini, tu t’occupes de ça. Je ne veux pas en voir un seul repartir d’ici autrement que sur une civière.

    Le 'gamin' resta silencieux. Il savait bien que leurs assaillants ne seraient pas dupes, mais quand même... ça valait mieux que de rester sur place pour se faire charcuter, non ? Il serra les dents et les poings mais ne dit rien. Elle savait probablement ce qui était le mieux pour eux... ou plutôt pour elle, en fait. Mais Fratellini était expérimenté. Son père lui avait parlé de lui. Il avait dit que c'était un homme de confiance, qui savait obéir aux ordres et faire du bon travail. Simple, efficace, et ne se perdant pas en palabres inutiles. Évidemment. Massimo faillit laisser échapper un soupir. Envie, jalousie... Il aurait bien aimé être comme ça, lui aussi. Mais il savait qu'intérieurement il était mort de trouille et tremblait comme une feuille, et cela l'agaçait au plus haut point. La patronne se tourna vers lui, et son visage n'était plus aussi serein qu'auparavant. Un instant, Massimo se demanda si, elle aussi, elle jouait à celle qui est calme en toutes circonstances alors que ce n'est pas le cas. Portait-elle un masque, elle aussi ?

    IANTHEMontre-moi le chemin, et ne traîne pas en route. Si c’est un piège ou que tu t’es trompé, je te jure que je te tuerai.

    Massimo soutint avec peine son regard. Ce n'était plus le même. Et il n'aimait pas ce qu'il y lisait. Mais il prit sur lui et fit l'effort de ne rien montrer de la peur qu'il ressentait. Ce n'était pas entièrement à cause de la patronne, mais... enfin, ça y était pour beaucoup. Parce qu’il n’avait aucun doute qu’en à la véracité de ses paroles. Oui, elle était sûrement capable de le tuer s’il échouait ou la trompait. Il hocha brièvement la tête et ouvrit la marche. Il fallait atteindre les souterrains, il devait y avoir là un chemin menant aux canalisations... ou aux égouts... enfin, c'était du pareil au même. Massimo enclencha le mode GPS de sa montre, avant de sélectionner le quartier qui l'intéressait, puis le plan du palais Pisani. Un petit hologramme apparut pour lui signaler sa position. Il étudia un instant le schéma et repéra enfin le passage menant au niveau inférieur. Le tout maintenant, c'était de montrer qu'il savait où il allait... et de ne pas traîner. Par une porte qui ne tenait presque plus sur ses gonds, ils accédèrent à une volée de marche menant au sous-sol. Au début, Massimo marchait lentement, à la fois pour ne pas se tordre le pied sur les pierres mal emboîtées ou manquantes, mais aussi pour ne pas se planter dans son itinéraire. Il n'aimait pas trop les hologrammes, trop compliqués à lire à son goût. Mais l'écran de sa montre était trop petit pour y afficher le plan en entier, et pas question de se laisser guider par la voix mécanique du GPS. Vint un moment où l'eau qui tombait en trombes dehors ne fut plus audible à leur niveau. En revanche l'humidité était toujours présente, voire plus. Massimo grimaça lorsque l'escalier de pierres finit dans une mare d'eau sale, limite boueuse. On savait que les eaux montaient un peu plus chaque année à Venise – à moins que ce ne soit la ville qui s’enfonce davantage –, mais... il espérait que les souterrains n'étaient pas totalement immergés. Il ne savait pas quand son GPS avait été mis à jour pour la dernière fois, mais en tout cas c'était bien la direction qu'il lui conseillait de suivre. Bon. Quand 'faut y aller... Il poussa la porte, qui résista un moment, avant qu'il ne se jette de tout son poids dessus pour la faire céder. Résultat ? De la boue jusqu'aux genoux et la peur de ce qu'il allait trouver derrière. Un rapide coup d'œil lui apprit que le chemin était praticable. Massimo le suivit en se retenant de grimacer à cause de l'odeur. Une chose était sûre au moins : les égouts n'étaient pas loin. Il s'y engagea.

    Tout se passa relativement bien, jusqu'à ce qu'ils arrivent à un embranchement. Massimo tapota sur son GPS pour afficher une meilleure vue, mais non... il n'arrivait pas à savoir quel chemin lui désignait son plan. C'est pas vrai... La patronne allait croire qu'il se fichait d'elle et qu’il essayait de gagner du temps. Massimo ne jeta pas un regard derrière lui mais ne doutait pas qu'elle soit en train de le fixer, dans l'attente d'une décision. Il tenta de conserver son calme, mais ses tapotements se firent de plus en plus empressés. Tu peux pas être plus clair, non ? Stupide machin !! Il jeta un léger coup d'œil dans son dos et tenta de prendre un air dégagé :

    MASSIMOEuh, c'est... c'est pas clair, là mais... je vais trouver. Enfin je veux dire, je vais décider quel... quel chemin est le plus court, je... je crois que... Enfin, il apparaît que les deux se valent.

    Tu t’enfonces, la ferme. Mieux valait qu’il se taise. Surtout si c’était pour déblatérer des bobards. Parce qu’en fait, la carte n’indiquait qu’un seul chemin, mais le tout était de savoir lequel… et pourquoi le second n’y figurait pas. Il avait pourtant l’air en aussi mauvais état que le premier – et donc aussi vieux – alors pourquoi ? 'Tain, c’est quoi ce délire ? C’était louche. Un piège ? Non, improbable. Personne n’aurait été creuser un trou là-dedans pour embrouiller les rats qui empruntaient les égouts, non ? Massimo fusilla le plan du regard avant de se dandiner sur place, très mal à l’aise. Il fallait faire un choix, et vite. Bon, à gauche c’est plus joli… enfin moins moche. Mais non, à droite ça pue autant. On a dit « vite ». Massimo inspira un grand coup et tendit le doigt vers la gauche :

    MASSIMOPar là.

    Sur un ton qui se voulait convaincu et convaincant. Alors qu’en fait, il n’en avait pas la moindre idée. C’est juste que selon lui, tout le monde choisissait toujours la droite, ça sonnait mieux peut-être… et Massimo n’aimait pas faire comme tout le monde, alors lui prenait toujours la gauche. Et à pile ou face, il choisissait face. L’esprit de contradiction, sûrement.

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Dim 12 Sep - 9:07

[HJ : Ce n'est pas grave, j'espère juste que ma réponse te conviendra. C'était le cas pour la tienne.]

Un dernier regard en arrière. Fratellini mourrait-il ? Ca, ce serait bien dommage. Enfin bon, il était et resterait toujours un personnage de seconde classe. Hormis la demoiselle et son sauveur, son but, sa quête éternelle, il ne pouvait y avoir d’individus de valeur à ses yeux. Elle seule comptait, et en dehors de sa petite personne, il n’existait que le parrain. L’ennui était certainement le manque d’informations à son sujet. À cultiver le mystère, il était devenu un mythe, une légende presque. La diva n’en dormait presque plus, parfois, et il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit, en sueur, obnubilée par ses pensées toutes tournées vers le leader. Qui était-il donc ? Mais surtout, qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire là, au milieu de ce foutoir ?!
Son esprit avait reprit sa lucidité, perdue une fraction de seconde. Ses sens étaient revenus et son regard s’était fait sombre. Obscur parce que la situation l’était. Noir parce qu’elle était en colère. Tueur parce qu’elle voulait quasiment voir tous ces imbéciles crever sous ses yeux. Bande d’incapables. En venir à se retrouver cloitrée, enfermée, prise au piège. Pff… Sans un commentaire, elle ne se préoccupa déjà plus d’eux et trouva le regard du gamin. Il était encore là, lui. Il en mettait du temps à lui montrer cette piste secrète. Mais sa réaction, bien qu’un peu hésitante semble t-il, vint néanmoins. La jeune femme remarqua le gadget à son poignet et comprit que sa vie pouvait très bien tenir à ce petit objet dérisoire. Une montre allait la sauver ? Son royaume pour un cheval ? C’était la même chose, non ? Pourquoi toutes les plus grandes causes dépendaient toujours de choses aussi futiles ? Il lui aurait fallu une sortie plus triomphale, à la hauteur de son rang et de ses attentes. Ce mioche allait finir par lui taper sur les nerfs avec ses propositions, peut-être brillantes, mais ridiculisantes. Une balle derrière la tête lui ferait sans doute le plus grand bien et remettrait ses idées en place. Elle n’avait pas d’autre choix que de le suivre s’il fallait éviter de mettre sa vie en péril, mais bon. Elle devait avouer détester la puanteur, la saleté et toutes ces choses repoussantes qu’elle ne manquerait pas de voir là-dessous. Les égouts… ils lui rappelleraient de trop mauvais souvenirs. Non pas parce qu’elle y était déjà allée par le passé. Non, selon sa mémoire, ce n’était pas un lieu qu’elle avait fréquenté. Mais les bouches d’égouts… ces grandes gueules béantes qui crachaient leur infamie. Oh oui, elle les avait vus, celles-là. Il lui semblait qu’elle n’avait fait que cela, dans sa jeunesse. Côtoyer la pauvreté, la misère et la mort, elle s’était toujours dit que cela n’arriverait plus. Et puis voilà, les évènements la ramenaient à la réalité. Peut-être qu’après être née et avoir grandi dans les bas-fonds de Venise, il lui faudrait y périr. Triste hypothèse.
Alors elle descendit en silence, à la suite de ce gamin. Le regard attentif, vigilant, sans cesse en mouvement pour surveiller les alentours, elle ne le lâcha pas d’une semelle. Au moindre geste suspect, il serait mort. Non, les risques étaient trop grands de le tuer et de se retrouver là toute seule, du coup. S’il persistait à agir n’importe comment, là, elle lui ferait exploser la tête. Il faut dire qu’il était louche, ce petit. Avec sa volonté de toujours bien faire et cette arrogance masquée, il ne pouvait plaire très longtemps à la dame. C’est la principale raison qui la poussa à sortir le petit derringer de son sac et commencer à le triturer. Jouant avec la culasse, elle la fit claquer dans le vide en appuyant plusieurs fois de suite sur la gâchette. Mais les balles étaient dans sa main. Il n’était question que de mettre un peu plus la pression à ce gosse déjà bien nerveux selon elle. D’ailleurs, Ianthe le lui posa sur la nuque, enclenchant l’arme déchargée, après qu’il ait réfléchi un peu trop longtemps à la suite. Jusque-là, elle s’était montrée bien gentille, patiente et silencieuse, mais trop c’est trop.

« Personne ne s’est jamais permis de me tendre un piège aussi grossier, Ragazzo… Parvenir à me perdre dans ces souterrains… même si ce n’était pas ton plan… serais-tu en train de te foutre de moi ? »

De sa main tenant les petites munitions, elle glissa sur la joue du jeune homme et lui saisit le menton. Son regard se fit simplement froid, interrogateur, presque inquisiteur, alors qu’elle revenait devant lui. Ses pas claquaient sur le sol glissant à cause de ses talons. Elle n’aurait certainement pas le cœur de regarder parterre pour voir l’état de ses vêtements ou de la route qu’ils avaient prit. L’odeur nauséabonde était déjà de trop.

« Je pourrais… en finir ici… »

Sa voix se voulait susurrante, et elle l’était. Ses lèvres approchèrent de l’oreille du garçon pour parler plus doucement, tandis qu’elle faisait lentement rouler une cartouche sur les siennes. Posant même ses doigts sur sa bouche, elle sentait qu’il lui fallait l’effrayer un peu plus. À l’instant, il ne risquait pas grand-chose, si elle ne prenait pas de décision qui lui soit défavorable. Mais ses réactions pouvaient parfois être brutales, très brutales, et instinctives.

« Je vais devoir te punir, tu ne crois pas ? Depuis combien de temps me fais-tu marcher dans ces égouts immondes ? Et combien de temps crois-tu pouvoir le faire encore avant que je ne te remplisse de plomb ? Les gens mettront un bon petit bout de temps à retrouver ton corps si cela arrivait, tu ne penses pas ? Que dirait maman ? Et papa ? Hein, dis-moi… »

La demoiselle souriait. Oui, dans une situation aussi pitoyable que celle-ci, voilà qu’elle s’était trouvé un amusement. Ce gamin allait prendre pour tout ce qu’elle avait subi aujourd’hui. Elle n’avait plus personne d’autre pour expulser sa frustration, après tout, il était donc le mieux placé. Elle passa alors son bras autour de son cou, comme pour l’enlacer, mais s’appliqua à recharger son arme sans voir ses mains en action. Avec l’habitude, c’était devenu si facile qu’elle pouvait le faire les yeux fermés. Le déclic du chargeur plein, contenant à peine deux balles, se fit entendre derrière la tête du jeune italien. Et la diva sourit de plus belle, démontrant parfaitement qu’elle pouvait prendre du plaisir dans de telles circonstances, avec cette maigre torture. C’est tout ce qu’elle avait à se mettre sous la dent, après tout, alors elle n’allait pas jouer la difficile.

« Si je n’avais pas besoin de toi… tu serais déjà mort, mon petit… »

Ianthe se fit caressante, passant ses doigts dans les cheveux de son vis-à-vis pour le décoiffer. Son intonation n’avait strictement rien de méchant ou d’agressif. Au contraire, il lui fallait presque être douce pour le manipuler, et surtout ne pas le casser. Reculant finalement d’un pas, pour voir que la différence de taille entre eux était dérisoire, elle garda son revolver à la main, faisant signe à son guide qu’elle le suivrait.
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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Jeu 16 Sep - 6:52

[HJ : Oui, j’adore =3]
    Clac. Clac. Clac. Clac. Massimo connaissait bien ce son. Bien sûr, il différait probablement légèrement selon l’arme auquel il appartenait, mais dans le fond, il signifiait toujours la même chose. Ton temps est compté. Clac. Clac. Clac. Comme les secondes qui, si la montre du gamin n’était pas entièrement digitale, auraient continué de sonner à ses oreilles. Tic. Tac. Clac. Clac. Insupportable. Et pourtant, il ne devait pas craquer. S’il se montrait faible maintenant, tout était fichu. Elle saurait que c’était un incapable et, dans le meilleur des cas, on le renverrait chez papa-maman avec les remerciements du parrain. Comme s’il en avait quelque chose à cirer, celui-là ! Il était comme son père. Il ne se préoccupait pas du jeune Torino. C’est ce qui donna à Massimo la force de ne pas partir en courant. Pourtant l’exercice était des plus ardus. Le métal froid et impersonnel du derringer vint lui chatouiller la nuque. Son père en connaissait un rayon sur le sujet. Il avait une très bonne connaissance des armes à feu, même anciennes. Massimo se rappelait de quelque chose d’intéressant à propos des derringer. Mais quoi ? Comme si c’était important ! Ianthe le fixait d’un regard froid, dur, dénué d’émotions. Massimo se raidit pour empêcher ses jambes de trembler. C’était bien le moment de jouer au poltron !

    IANTHEPersonne ne s’est jamais permis de me tendre un piège aussi grossier, Ragazzo… Parvenir à me perdre dans ces souterrains… même si ce n’était pas ton plan… serais-tu en train de te foutre de moi ?

    Tout dans son attitude, même les mots choisis, contrastait avec l’apparence de la femme élégante et raffinée qu’elle se donnait un peu plus tôt. Massimo ouvrit la bouche pour rétorquer mais le geste de la jeune femme le convainquit de ne pas bouger. Que disait son père, déjà ? Ah oui. Qu’il ne fallait pas interrompre une femme en colère. Il disait aussi qu’il ne fallait pas mettre une femme en colère, mais c’était un peu tard pour ça…

    IANTHEJe pourrais… en finir ici…

    Plus que son geste, c’était le son de ces cartouches entre ses doigts qui paralysaient Massimo. Il déglutit. Il hésitait entre hurler de colère ou de peur. Les paroles qui suivirent achevèrent de le décider.

    IANTHEJe vais devoir te punir, tu ne crois pas ? Depuis combien de temps me fais-tu marcher dans ces égouts immondes ? Et combien de temps crois-tu pouvoir le faire encore avant que je ne te remplisse de plomb ? Les gens mettront un bon petit bout de temps à retrouver ton corps si cela arrivait, tu ne penses pas ? Que dirait maman ? Et papa ? Hein, dis-moi…

    MASSIMOFoutez-leur la paix.

    Non, ce n’était pas très malin de s’énerver maintenant, surtout si c’était pour couper la parole à la diva, mais ce sourire, ce sale sourire amusé, sur son visage, c’était plus qu’il ne pouvait le supporter. Il pouvait subir la peur et la colère, mais avoir l’impression qu’elle se moquait de lui… ! c’était au-dessus de ses forces. Il avait trop souvent affaire à ce genre d’attitudes dans sa vie de tous les jours pour le supporter là maintenant, alors qu’il était coincé dans les égouts, un pistolet braqué sur lui. Mais Ianthe l’attrapa comme pour l’enlacer, et il ne sentit plus qu’il ne vit qu’elle chargeait le derringer d’une seule main. Il se rappela soudain ce qu’il y avait de si spécial avec cette arme. C’était celle de l’assassin du seizième président des Etats-Unis, Abraham Lincoln. La bonne blague.

    IANTHESi je n’avais pas besoin de toi… tu serais déjà mort, mon petit…

    Ouais... évidemment. Il le savait. Il le savait et il savait qu'au moindre faux pas elle mettrait ses paroles en pratique. Mais malgré cela il ne pouvait empêcher sa colère de monter en lui, au fur et à mesure que les secondes passaient. Comme une douleur sourde qui grondait, grondait jusqu'à hurler dans sa tête. Ianthe le lâcha au moment où il s'apprêtait à faire un geste pour se dégager. Il la regarda fixement tandis qu'elle lui faisait signe, son arme dans la main.

    MASSIMOLa prochaine fois que vous aurez envie de me flinguer, faites-le là – il désigna son front – parce que tirer dans le dos c'est vraiment minable.

    Ce qu'il trouvait surtout minable, c'était de se faire tirer dans le dos, de ne pas voir la mort en face. C'était indigne d'un homme, et surtout d'un Torino. Massimo ne voulait pas crever, mais que les choses soient claires : si cela devait arriver, que ça soit en bonne et due forme Qu'au moins son père se dise que son gosse n'avait pas raté sa vie sur toute la ligne et que, quoi qu'il ait pu faire pour en arriver là, il avait à peu près réussi sa sortie. Comme il était lancé, il eut été stupide et absolument suicidaire de ne pas continuer, parce que ça aurait laissé le temps à Ianthe de lui faire regretter ses paroles. Massimo prit donc ses distances et désigna la direction par laquelle ils venaient :

    MASSIMOSi vous croyez que ça m'amuse de me balader ici ! Je suis un espion de la mafia, pas un GPS ambulant, et ce genre d'interventions, j'ai pas été formé pour, désolé ! Je suis même pas sûr de savoir où aller, alors vous pouvez bien me flinguer et revenir en arrière si vous le voulez !

    Ce n'était qu'une bravade, mais animée par sa colère, son découragement et sa peur, elle sonnait presque juste. Il tremblait littéralement, mais pas de froid. Sûrement de trouille. Ou de rage, c'eut été difficile à dire. Il se rendit compte qu'il avait serré les poings et laissa retomber ses bras de chaque côté, un geste incontrôlé qui laissait voir son abattement.

    MASSIMOJe sais même pas ce que je fais là...! Tout ce que je voulais, moi...

    Quoi ? Qu'est-ce que tu voulais ? Sa voix se cassa et il se retourna pour ne pas avoir l'air de pleurer. C'était vraiment minable.

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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Sam 18 Sep - 1:56

Un petit effronté. Oui, un méchant petit garçon qui ne contrôlait pas ses émotions et se mettait à dire tout un tas d’inepties. Pourquoi donc en était-il venu à répondre à la diva ? Parce qu’elle l’avait poussé à le faire ? Si elle avait fait cela, c’était uniquement pour le voir la fermer, avancer et la sortir de là. Mais voilà que ce nourrisson se mettait à déblatérer, à la provoquer, même. Tsss…
Tout d’abord, la jeune femme l’avait regardé sans vraiment comprendre. Il avait presque miaulé, au début, ce qui n’avait nullement gêné celle-ci. Elle aurait très certainement pu s’en amuser, mais la suite ne le permettrait pas. Pourquoi lui dire où tirer ? Pourquoi lui parler de ce qui est minable ? Pourquoi chercher, tout d’un coup, à s’expliquer et à dire ce que la situation ne lui plaisait pas non plus ? Les quelques faits et gestes de la demoiselle à son encontre l’avaient-ils gêné à ce point ? Pauvre gamin.

« Tu n’as aucune idée de la valeur de la vie, espèce d’imbécile. Si tu avais été plus intelligent, tu ne m’aurais pas demandé de t’abattre ici et maintenant. Je me fiche que tu sois un bon ou un mauvais mafieux, j’ai simplement besoin de quelqu’un sur qui je puisse compter. Ne me donne pas de raisons de te trainer comme un chien, j’en trouverai bien assez toute seule… »

En effet, la logique ne voudrait-elle pas qu’il se revalorise plutôt que de s’agenouiller devant elle ? Ianthe, avec ou sans arme, restait la même. Jamais elle ne s’était servie de quelque outil que ce soit pour influencer, effrayer ou corrompre. Au contraire, elle usait de ses propres aptitudes, défiant la raison d’Al Capone voulant qu’avoir une arme à la main fasse des miracles en termes de négociation. Si elle possédait donc ce petit bijou, c’était simplement pour se défendre, dans le pire des cas. Parce qu’en première ligne, il y avait ses molosses. Et personne, jusque-là, ne l’avait atteinte d’une quelconque manière, grâce à eux. Ce petiot qui cherchait tant à ressembler à un mafieux aurait du avoir cela à l’esprit. Mais bon, après tout, ce n’est qu’un gamin, alors pas de quoi en faire tout un plat.

«… et surtout, ne t’avise pas d’utiliser un vocabulaire inconvenant. Il y a des choses qui ne se disent qu’entre camarades et qui n’ont rien à faire entre une reine et son sujet, ne l’oublie pas. Si tu veux parler de médiocrité ou d’un acte que tu considères comme pitoyable, évites de me l’attribuer. Sinon, il me faudra corriger le tir… »

La jeune grecque avait parlé calmement tout au long de ses explications. Sa colère ? Elle la contenait. Ce microbe ne méritait pas la peine qu’elle s’énerve. En fait, il pourrait s’avérer utile quelques fois encore, alors mieux valait apprendre à le cerner davantage et à voir s’il était effectivement ou non un gamin intéressant. Sait-on jamais, peut-être trouverait-elle un jouet de choix avec lui. Serviable, intuitif, efficace, passe-partout, pour le moment il n’avait pas grand-chose à se reprocher. Elle qui trouvait facilement des défauts aux autres était plutôt contente de n’avoir presque rien à lui redire. C’était aussi pour cela qu’elle le cherchait, finalement. Il n’y a que dans des conditions imprévues que l’on sort le grand jeu.

« Je me fiche de ce que tu veux et de ce qui te plait ou non, de toute manière. Obéis et apprends à protéger et ma vie et la tienne. »

Termina t-elle. Reprenant sa marche en regardant son petit revolver comme s’il avait été un instant le centre du monde, elle s’apprêta à affronter la suite des évènements avec sérénité. Tiens, au fait, comment est-ce qu’il s’appelait, ce mioche ? Ragazzo aurait pu convenir, mais bon. À bien le regarder, on pouvait facilement réaliser qu’il s’irriterait chaque fois que ce surnom lui tomberait sur le dos. Il voulait paraître plus grand qu’il n’était. Il avait besoin d’avoir confiance et d’être reconnu pour ce qu’il était. Cela prendrait certainement du temps, mais bon. Pourquoi ne pas lui permettre de prolonger sa période d’essai ? Souriant pour elle-même, avant de revenir aux circonstances présences, Ianthe se demanda si elle n’utiliserait pas encore ce môme. Mais d’abord il faudrait qu’elle sorte de là. Quelle princesse pouvait aimer avoir affaire à des rats ? Il y a des endroits comme ça que les citoyens de haut rang n’avaient certainement pas à fréquenter. Et pourtant, il l’y avait mené. Rien que pour cela, il paierait…
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MessageSujet: Re: Une princesse dans un trou à rat [PV Massimo]   Lun 4 Oct - 3:22

    Vraiment minable. C’était la seule pensée qui traversait l’esprit du jeune Torino. Selon la logique de Ianthe Aliagas, Massimo aurait plutôt dû faire bonne figure au lieu de se rabaisser devant elle. Peut-être cette logique aurait-elle été celle du jeune homme si tant est qu’il ait une logique. Il avait tendance à se laisser emporter par ses émotions, plus particulièrement lorsqu’il perdait le contrôle de la situation. La logique voulait qu’il évite d’insulter presque ouvertement sa supérieure, la logique voulait qu’il se taise et obéisse à ses ordres, et la logique voulait peut-être aussi qu’il ne soit pas en train de patauger dans les égouts là tout de suite. Mais la logique n’avait plus sa part dans les réflexions de Massimo. Dans ces cas-là, c’était soit son instinct de survie qui reprenait le dessus, soit sa fierté. La deuxième avait cherché à se manifester la première… et bien soit.

    IANTHETu n’as aucune idée de la valeur de la vie, espèce d’imbécile. Si tu avais été plus intelligent, tu ne m’aurais pas demandé de t’abattre ici et maintenant. Je me fiche que tu sois un bon ou un mauvais mafieux, j’ai simplement besoin de quelqu’un sur qui je puisse compter. Ne me donne pas de raisons de te traîner comme un chien, j’en trouverai bien assez toute seule… et surtout, ne t’avise pas d’utiliser un vocabulaire inconvenant. Il y a des choses qui ne se disent qu’entre camarades et qui n’ont rien à faire entre une reine et son sujet, ne l’oublie pas. Si tu veux parler de médiocrité ou d’un acte que tu considères comme pitoyable, évite de me l’attribuer. Sinon, il me faudra corriger le tir…

    Une reine et son sujet. Massimo grimaça mais sa réaction n’alla pas plus loin. Elle avait parlé calmement, comme s’il ne méritait pas qu’elle s’énerve, comme si en faisant cela elle se serait abaissée à son niveau, et que ce n'était pas digne d'elle. Il ravala sa fierté et son instinct de survie pu enfin se manifester. « Écoute ce qu’elle dit », conseillait-il. « Tais-toi, écoute et obéis. »

    IANTHEJe me fiche de ce que tu veux et de ce qui te plait ou non, de toute manière. Obéis et apprends à protéger et ma vie et la tienne.

    Massimo soupira intérieurement. Après tout, qu’avait-il à y perdre ? Au point où il en était… S’il trouvait la sortie, eh bien ce serait tant mieux. Sinon, alors… il aviserait bien le moment venu. Ou il n’aviserait pas, en fait. Il ne savait pas comment il se comporterait dans pareille situation. Peut-être hurlerait-il sa terreur et sa colère, ou peut-être resterait-il immobile à attendre… à attendre que sa supérieure veuille bien décider de son sort. La deuxième hypothèse était sûrement la plus probable, compte tenu de la scène qui venait de se jouer. Massimo avait crié son indignation et, à présent, il se sentait épuisé. À peine avait-il la force de continuer à avancer sans savoir s’il se dirigeait vers la sortie ou un cul-de-sac. Tout en marchant, il se força à faire abstraction des paroles de la diva. Il était très doué pour faire abstraction de ce qui ne lui convenait pas.
    Il continua donc son chemin, jetant de temps à autre un regard sur sa montre pour s'assurer qu'il suivait bien le chemin indiqué par le GPS, et se gardant de vérifier si Ianthe le suivait. Marche droit devant, soldat. C'était un peu ça. Après s'être enfoncés un peu plus profondément dans les eaux sales des égouts de Venise, le duo de mafieux (ou plutôt la diva et le gamin) parvinrent à ce qui semblait être un cul-de-sac... du moins au premier coup d'œil. Massimo repéra heureusement une échelle rouillée, tellement vieille qu'elle se fondait dans le décor de pierres alentour. Sans attendre la moindre directive de la part de Ianthe (de toute manière, elle comptait sûrement sur lui pour tester le passage avant de prendre elle-même le risque de s'y engager) il agrippa le premier barreau, s'y appuya de tout son poids pour en tester la solidité puis, conscient qu'il était tout de même léger, grimpa le reste de l'échelle. Mais si Ianthe faisait à peu près sa taille, elle ne devait pas être beaucoup plus lourde que lui. Arrivé en haut, il se cogna la tête contre la grille de métal, mais en passant ses doigt à l'intérieur, réussit à la faire bouger légèrement, puis à carrément la déplacer sur le côté afin de s'aménager une petite sortie. Il passa tout d'abord la tête par l'ouverture, puis fit signe à Ianthe qu'elle pouvait monter :

    MASSIMOR.A.S, personne à l'horizon.


    Il était presque soulagé que tout cela soit enfin fini. Enfin, pour l'heure, il devait sortir pour de bon et retrouver son chemin... ainsi que s'assurer qu'ils n'avaient pas été suivis et que personne ne les attendait plus loin, postés en embuscade. Massimo se glissa hors de l'ouverture et mit pied à terre. Il se trouvait dans une ruelle adjacente au palais. Un endroit sombre et humide, dans lequel devait sûrement courir les rats... Massimo baissa les yeux sur ses pantalons et se résigna à ne pas s'épousseter. D'ailleurs le mot 'épousseter' n'était pas suffisant. Il grimaça et songea qu'il devrait également s'habituer à l'odeur qu'il dégageait à présent. Il fit un tour sur lui-même pour examiner le fond de la ruelle, et... étouffa un cri. Quelqu'un venait de mettre sa main sur sa bouche pour l'empêcher de parler, tout en le maintenant immobile contre lui. Cette personne n'était assurément pas Ianthe. Ami ou ennemi ? Ce qui était sûr, c'est que le gamin ne l'avait pas vu arriver... Par les fenêtres ? À moins qu'il ait été caché dans l'ombre de la ruelle depuis le début...? Il étouffa un nouveau cri, mais de rage cette fois-ci. C'était vraiment minable.

[HJ : Ma réponse aussi, vraiment minable xD Désolée pour le retard et tout >< Je te laisse décider s'il s'agit des alliés ou des ennemis x3]

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