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 Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.

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MessageSujet: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Ven 6 Aoû - 12:47

(Le faible taux de Geek croyants me laisse prétendre que ça ne choquera personne. Cependant, mes propres peuvent paraître blasphématoires. Restez donc dans le cadre du second degrés, donc de l'humour. Merci.)

Il est difficile pour un prêtre de dire à quel point, de dire avec quelle force et avec quelle conviction il doit, oui, il DOIT repousser les forces du malin, repousser le mal qui habite chaque être et ainsi pousser le plus pitoyable des êtres humains jusqu'au chemin de la rédemption, jusqu'au salut de son âme et espérer faire un bref coucou à Dieu et p'tête serrer avec fierté la pogne de son fils Jésus. Un gars sympa, sans nul doute, avec qui on ne manque jamais de vin ni de nourriture. Oui, Xephelos prenait un peu la bible au pied de la lettre. En réalité, c'était juste un très gros bouquin, avec énormément d'histoires dedans, énormément de symbolisme et beaucoup de références au Tout-Puissant, sans jamais expliquer quoi que ce soit. Nul ne sait qui il est, ce qu'il fait, à quoi il ressemble réellement. Si le bougre avait vraiment fait l'Homme à son image, alors Dieu a beaucoup de gueule en même temps. Ce qui est très étrange tout de même.

En plus de ça, il a un humour très particulier le monsieur. Il aime faire souffrir ses créations, les voir ramper, les voir pleurer, leur offrir le bonheur, l'amour, l'espérance et la joie et tout balayer d'un revers de la main. La méchanceté, la trahison, tout ces petits sentiments si agréables lorsqu'ils nous atteignent. Le jeune homme, lui, ne combattait pas les forces du malin, ni même ces sentiments. Il considère l'humanité comme complètement perdue et de toute manière, la plupart des gens ne méritent même pas d'attention. Un fond de misanthropie se faisait sentir en lui, ce qui est paradoxal pour un homme d'église, censé être une petite boule de compassion, de tolérance et de gentillesse. Alors que sur terre, il n'existe sans doute pas plus intolérant que le jeune homme. Une icône d'indifférence et pas nécessairement très jovial non plus. Il considère la vie comme un jeu, celui qui la foire c'est tant pis pour lui, y'a pas de continue même en nombre limité. T'es mort, t'es mort, tu vas voir Dieu sur son nuage et si il aime pas ta gueule bah il t'encastre son pied dans la mâchoire et tu arrives directement en enfer. Qui n'a pas l'air d'être un endroit très fun cela dit en passant.

Autrement, Xephelos avait dit babye à ses habits de prêtre pour la journée et s'était habillé de manière plus traditionnelle. N'ayant plus rien de commun avec un homme d'église, tout de gueule (Rouge en Moyenâgeux 8D) et de noir vêtu, son habituelle chemise rouge, sa veste par dessus les épaules, son pantalon noir et les chaussures de la même couleur. Il déambulait tranquillement dans les rues, regardant avec dédain ce qu'était devenue cette ville si réputée autrefois. Le jeune homme préférait ne pas parler, déjà parce qu'il communiquait mal à la base, puis parce qu'il a quelques difficultés avec la langue, en plus d'avoir un accent Québécois très marqué... Logique quoi. Maîtrisant plus le français, l'anglais également, que la langue de Venise et de sa banlieue. En soi c'est plutôt handicapant, mais Xephelos préfère en rire et s'en amuser. Et puis les accents, ça fait toujours sourire les gens. Les gens sont cons, que voulez-vous. Le jeune homme aux cheveux écarlates avançait donc inlassablement, revisitant de nouveau cette ville, contrôlée dans son intégralité par des mafieux très laids et très magouilleurs. La population vivant dans la peur, lui attirant tout un tas de fidèles brûleurs de cierges qui tentent de trouver refuge dans la religion. Cependant, prier ne suffit pas à purger son âme de tous ses crimes et si l'on veut sa place au paradis avec les anges et les cupidons, ce serait- qu'il faudrait le mériter en plus. Bah oui... Normal en même temps. La paradis n'est que pour une élite et les Mormons. (Culture South Park.)

Le jeune homme parvint jusqu'à la Tour... La tour avec la grosse horloge là. Si si vous savez, celle qui est toute en ruine et où plus personne ne va en fait. A part quelques clochards, la nuit ou les araignées... Et les rats pourquoi pas. Enfin, de toute manière l'endroit était parfait pour être au calme et passer une journée à ne rien foutre. Prenant son courage à deux mains, et son flegme habituel était irréfutablement invoqué dans son esprit, il pénétra la bâtisse avant de gravir un à un les marches qui le séparaient de son sommet. Le bâtiment, tout en pierre était plutôt joliment fait. Dommage qu'aucune rénovation, ni aucun entretien ne soient effectués. Xephelos soupira rien qu'à cette idée. Les gens, juste parce qu'ils sont oppressés par des gens qui veulent se faire une veste avec leur peau si ils ne paient pas des taxes exorbitantes qui les empêchent de manger, négligent les bâtiments historiques au point de les laisser s'écrouler. Quelle époque moisie, sérieusement.
Une fois en haut, et sans doute après plusieurs pauses et quelques marches brisées, le roux en question (Mais ça faut pas l'dire...) parvint tout en haut. Pouvant ainsi admirer la globalité de Venise, ou presque. C'était grand, y'avait rien à dire. Egalement très entouré par un ... De bouclier établi par ce... de Parrain à la... Enfin bon, vous voyez le tableau quoi.
Malheureusement, Xephelos, prit dans ses rêveries stupides, entendit tout de même des bruits de pas, venant de derrière, de l'escalier quoi. On venait lui briser les cojones alors qu'il voulait être enfin un peu seul, à ne pas sûbir les jérémiades de la veuve épleurée d'avoir perdu son mari dans un accident de balle perdue ou de mort de son arthrite du genou... Nan mais franchement. Le jeune homme se posta donc à l'extrémité opposé à l'escalier, quand même pointé dans cette direction, attendant de voir ce qui va en sortir, l'air un peu agacé, un peu curieux, mais surtout très... Gonflé.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 6:16


Yunnan, en voyant une silhouette au bout de l'escalier, eut une réaction légèrement stupide due au stress. Elle redescendit rapidement et se cacha derrière une petite caisse en bois abandonnée.
Elle soupira.
Mais qu'est-ce qui l'avait prise de venir ici ?!

Ce matin, elle s'était réveillée, après quatre heures de sommeil bien méritées - les justiciers du conte de fées n'ont pas le temps d'en avoir plus, vous voyez. Elle s'était longuement étirée, avait pris une longue douche chaude. Puis elle avait mis une tenue de jeune adolescente plus ou moins normale ; le genre de tenue qui n'attire pas l'attention, en fait. Genre un t-shirt, un jean. Elle avait troqué ses cheveux blonds pour une perruque aux longues boucles brunes, et mis deux lentilles marrons. Elle ressemblait à une fille banale, sans aucun signe particulier. Le déguisement parfait. Elle avait enfilé une paire de baskets rouges et s'était précipité chez la boulangère, où elle avait acheté ses deux croissants chauds du matin. Puis elle était retournée chez elle pour les déguster avec une tasse de thé. Ah, les pâtisseries française... Elle ne pouvait décidément pas s'en passer.
Elle gloussa doucement.
Il faut croire qu'elle était une véritable lady.
Après avoir fini son petit déjeuner et mis une tenue correcte - des vêtements rouges, donc -, elle sortit de chez elle et décida de se promener. Elle regarda le ciel. Ce ciel. Des tas de gens devaient le regarder, à cet instant précis. Tous avec des pensées différentes. Certains devaient vouloir s'évader, s'évader de cette ville dans laquelle elle était venue de son plein gré. D'autres devaient sûrement le regarder avec de la haine, ou bien de la tristesse. Yunnan, elle, le regardait avec un peu de joie. Le ciel, peu importe son état ou sa couleur, lui rappelait sa jolie Lucy. Parce que Lucy, elle se tapait toujours des trips monstrueux en regardant le ciel. Elle disait que c'était trop profond, trop mélancolique. Elle disait qu'on pouvait sûrement respirer dans l'espace, mais qu'on nous faisait croire le contraire pour nous garder prisonniers. Elle disait que le ciel veillait sur nous, que peu importe où on se situait, il serait toujours au-dessus de nous. Et après, Yunnan se moquait d'elle, et lui disait que c'était stupide. Alors Lucy boudait, jusqu'à ce que Yunnan la fasse rire à cause d'une maladresse ou d'une réplique dénuée de sens.
Yunnan, dans la lune, ne remarqua pas qu'elle était en train de foncer dans un pauvre homme. Le pauvre homme devait être vachement occupé mentalement aussi, car tous deux se culbutèrent avec perte et fracas.

« Ah ! Ma lentille ! » s'exclama-t-elle.

En effet, une de ses lentilles venait de s'essayer au plaisir des acrobaties aériennes. Mais rien qu'une, bien sûr. Comme ça, elle aurait l'air d'une brune aux yeux vairons, et tout le monde la remarquerait et la regarderait dans la rue. Génial. Certes, elle n'avait qu'à enlever l'autre. Mais elle n'avait pas de miroir sur elle, et le temps qu'elle en trouve un en pleine rue, tout Venise l'aurait sûrement déjà remarquée. Elle s'excusa envers la personne qu'elle avait bousculée - bien qu'elle fut la cause de tous ses malheurs, Yunnan restait une lady et les ladys sont des gens polis - et chercha vite dans sa tête un endroit peu fréquenté où elle pourrait essayer de se tripoter l'œil pour enlever cette foutue lentille. Avec sa maladresse, elle pouvait au mieux espérer de finir borgne. Mais c'était soit ça, soit sa couverture serait compromise et elle aurait à discuter avec plein de gens étranges. Quand soudain, une idée la percuta. Au sens propre. La Tour de l'horloge ! Il n'y avait jamais personne, dedans. Pas même pour l'entretenir.
Elle poussa doucement la porte.
Quand bien même elle essayait d'être discrète, celle-ci s'ouvrit dans un grincement digne du pire film d'horreur qu'il soit. Un véritable supplice pour les oreilles. Elle se faufila à l'intérieur, puis referma la porte derrière elle. Bon. Ben maintenant qu'elle était entrée, pourquoi rester en bas ? Elle commença à monter l'escalier.

Et c'est là qu'on en était, à peu près.
Tapie derrière sa caisse en bois, Yunnan se demanda pourquoi aujourd'hui, rien qu'aujourd'hui, il y avait un foutu gens dans cette foutue tour. Quand soudain, elle eut une idée d'enfer.
Elle se leva, et épousseta ses vêtements.
C'était vraiment, tout simplement un plan d'enfer.
Elle monta dignement l'escalier, marche après marche, le regard plein de confiance. Une fois arrivée devant l'homme qui se tenait en haut de l'escalier - mon dieu, c'était un géant. - , elle fit un petit sourire fier et lui adressa la parole avec douceur et calme.

« Bonjour monsieur. Je m'appelle Maria, je suis venue pour nettoyer. Puis-je vous demander de sortir ? On m'a ordonné d'interdire l'accès de cette tour à tous les civils. »

Parfaitement crédible.
Si l'on omettait qu'elle n'avait aucun matériel de nettoyage sur elle - à part peut-être une corde et des barrettes. si on ressuscitait McGyver, il pourrait sûrement en faire un balai. - et qu'elle avait ce terrible accent de bonne famille.
Et si l'on omettait également qu'elle avait un œil bleu et un autre marron.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 6:56

Hum... Une tête. Une tête au bout des escaliers, qui s'enfuit tel un brigand de grand chemin, prit la pogne dans le pot de confiture dans le sac à main de la vieille dame du premier. Ah làlà... Les gens de nos jours, plus aucun courage. Le jeune homme attendait, assit, les deux bras croisés, en tailleur, que la personne daigne bien lui faire honneur de sa présence et finisse de grimper à cet escalier, histoire qu'il puisse la balancer à même le sol et la regarde tomber et disparaître sur le bitume ou les pavés en bas. Ce qu'il y'a en bas, on s'en fout, c'est la chute qui importe réellement. Une belle chute mortelle de plusieurs dizaines de mètres, finissant en une bouillie, un tas de chair informe, et... Mais. Hum... Mauvaise idée.

Dieu n'aimait pas les pêcheurs et encore moins les criminels. Mauvaise idée, pour un prêtre respectable et honorable en toute circonstance, de tuer quelqu'un. Surtout pour rien. Peut-être si il ou elle venait à lui briser les roustons, il se mettrait en boule et en viendrait aux mains. En réalité, il était de mauvaise humeur. Enfin, plus ou moins. Allez savoir pourquoi, ça lui arrive rarement en plus, c'est balot que ça tombe pile ce jour-là. Mais en réalité, c'est juste logique, c'est même pour ça qu'il cherchait à s'isoler, loin de la foule, loin des horribles gens, loin de l'humanité condamnée à rôtir en enfer. Loin des jérémiades des enfants, loin des pleurs, loin de cette veuve qui commence à l'emmerder comme pas permis et qui le hante chaque jour de sa présence ignoble, à tel point qu'elle risquerait par finir sur tous les posts tellement elle le nargue. En fait, c'est chiant les gens qui vous racontent leur problème, leur vie tout ça. Surtout quand on s'en fout. Bon, par contre, le confessoir, ça c'est fun. Une très bonne activité, qui permet au prêtre, une bonne partie de rigolade. Certains considèrent des choses insignifiantes comme des pêchés et viennent donc tous les jours. D'autres, retrouvent Dieu sur la route de leur travail et, après 20 ans sans aucune considération, décident de s'adresser à Dieu pour qu'il les lave de leurs fautes puériles et se mettent à raconter toute leur vie à l'homme d'église qui s'en torche avec. Mais ça, faut pas l'dire. En plus, il n'a même pas le droit de le répéter à qui que ce soit. Il est dur de regarder de la même manière une personne que l'on croit honorable et qui cache en elle tous les vices du monde. Et il est dur de ne pas être tenté de le révéler au monde entier. Quelle vie cruelle.

Même pas d'alcool, pas de femme, pas de drogue, rien pour oublier. Juste la force de son esprit. Niahah. De sa voix bien niaise, sa nouvelle interlocutrice vient l'importuner. Un genre de gourdasse puissance douze, avec des cheveux bruns bouclés, un air niais, une petite taille, genre gamine en bas âge, des yeux... De couleur différente et des habits de pré-ado précaire qui allaient le bombarder de question sur ce qu'il fait dans la vie, pourquoi Dieu ne l'aide pas dans sa vie amoureuse crasseuse et pourquoi il ne la pousse pas dans l'escalier histoire d'en finir tout de suite. Maria en plus... Non mais n'importe quoi. La vierge dans son intégrité venait de se réincarner dans son meilleur avatar féminin, avec des boucles. Manquerait plus qu'elle lui sorte le petit Jésus de dedans son Jean avec un panier en osier et sa journée était complète. Mais non que dis-je, sa vie pouvait prendre fin, il serait arrivé au summum de la niaiserie. Ce spectacle était plus que navrant. Le jeune homme l'observa de tout son long, avec un regard blasé. Il n'avait pas envie qu'elle vienne lui péter les genoux et encore moins qu'elle le chasse de cet endroit. Pour qui elle se prenait... En plus, elle semblait trop jeune pour faire le ménage dans un bâtiment si important... Dans cette tenue... Et dans une bâtisse en ruine, négligée depuis des dizaines d'années et menaçant de s'écrouler. On prenait vraiment les gens pour des cons dans ce pays.

"Ouais, ouais... Allez le chiard, va jouer aux billes avec tes crottes de nez."

Dit-il nonchalamment avec toute l'aigreur et l'amabilité qu'il lui était permis d'offrir au commun des mortels. Si elle voulait le voir dégager, ce serait en le traînant de force, ou bien même en le poussant à son tour. Oui, je sais, ça devient une obsession, mais que voulez-vous, cette tour paraît si haute et un accident, une stupide chute est si vite arrivée. Il était littéralement impossible qu'il croit à ses histoires. De plus, comme elle entamait la discussion sur un mensonge, il serait difficile pour lui de croire un traître mot sortant de son éolienne à merde qui lui sert de bouche. Oui, on sait, c'est vulgaire, mais que voulez-vous. Les prêtres ne sont plus ce qu'ils étaient... En fait, comme il n'avait rien de tel, il pouvait se permettre d'être désagréable.

Sans bouger, la fixant même, la défiant du regard, parce que ça fait genre c'est un dur, il ne comptait pas bouger d'un poil et ce, quelque soit la véritable raison. Même si cela devait lui attirer des embêtements ou non, rien ne le ferait bouger. Et il doutait de toute façon, que cette gamine pré-pubère lui fasse grand mal, surtout vu sa trogne et sa petite taille. Ne décelant rien ne méritant son pardon en elle. Absolument rien.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 8:46


MERDE.

Fut la pensée qui envahit l'être tout entier de Yunnan.
Son plan d'enfer avait échoué. Hélas. Elle détourna le regard, échappant au passage à ce regard belliqueux que son interlocuteur lui lançait, et fit la moue, pensive. Où est-ce qu'elle s'était ratée ? Elle inclina la tête envers le monsieur puis s'assit élégamment sur le bord de la première marche de l'escalier pour mieux réfléchir. Et surtout, se libérer de ce regard belliqueux que son interlocuteur lui lançait. Elle avait souri, comme une gentille jeune fille. Elle avait été polie, comme une gentille jeune fille. Elle avait bien dit tout ce qu'il fallait. Elle avait respecté son plan à la lettre !
Elle poussa un long soupir. Que faire...
Elle tourna la tête à moitié, essayant de jeter un regard discret dans la direction du monsieur. Il avait les cheveux rouges, et ses yeux semblaient être de la même couleur. Il avait des vêtements rouges - et noir, mais on s'en fiche du noir. Sans vraiment s'en rendre compte, elle avait complètement tourné la tête vers lui, et le dévisageait, les yeux écarquillés. Il lui arrivait souvent d'écarquiller les yeux lorsqu'elle était fascinée. En attendant, cela n'excusait pas la tête de psychopathe que ça lui faisait.
Elle décida de se relever, décidée, et de faire partir ce bellâtre rougeoyant. Sa sécurité personnelle lui importait beaucoup plus que cette couleur rouge si... Si fascinante... Elle s'avança à nouveau vers lui, réfléchissant à ses mots. Elle devait trouver quelque chose de concis, de court ; quelque chose digne d'une lady.

Il ne semblait pas très poli et ne devait sûrement pas mériter un tel honneur, mais c'était la moindre des choses. Et puis, si jamais il ne se montrait pas coopératif une fois encore, elle utiliserait la manière forte. Mais comment pouvait-elle utiliser la manière forte, du haut de son petit mètre soixante deux ? Elle avait bien son poignard, mais bon... Elle n'allait pas non plus se salir les mains juste pour enlever une lentille. Au pire, elle pourrait peut-être dire qu'elle est de la Mafia. Et qu'elle a juste à siffler pour qu'il se fasse mitrailler, que ses beaux vêtements rouges soient plein de trous, que ses beaux yeux rouges se pétrifient à jamais, que ses beaux cheveux rouges... Non, elle ne pouvait pas faire ça. Même si ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas le dire.
Bon, puisqu'elle avait un minimum de dignité, il était sûrement d'usage de s'excuser pour ce mensonge. Un homme, aussi détestable soit-il - bien que celui-là semblait battre des records dans le domaine - n'aurait pas renvoyé de la sorte une honnête femme de ménage.

« Soit. Je ne suis pas une femme de ménage. »

Mais que lui restait-il, alors ? Elle ne pouvait rien lui faire, à ce type. Elle l'aurait bien frappé, mais cela l'aurait sûrement plus chatouillé qu'autre chose. Et il n'est pas correct de chatouiller quelqu'un dès la première rencontre. Qui plus est, s'il s'amusait à riposter, elle finirait sûrement assommée dans un coin. Et son pauvre petit corps serait alors à la disponibilité de toutes les mouches du coin.
Ces insectes répugnants.
Bon, tant pis. Elle n'avait pas le choix. Peut-être que si elle essayait de discuter avec lui, tout en le raccompagnant discrètement vers la porte, il finirait par partir. Alors elle dirait qu'elle sort dans une minute, qu'elle a fait tombé une de ses barrettes en haut et qu'elle doit aller la récupérer. C'était un plan un peu bancal, surtout en considérant le vocabulaire de bas étage et l'esprit hargneux de son interlocuteur. Mais qui ne tente rien n'a rien. Il avait utilisé une expression incluant des crottes de nez. Ces dernières n'étant pas la référence absolue d'un intellectuel ou bien d'un gentilhomme, Yunnan pouvait donc en déduire qu'il était légèrement rustre. Voire un attardé. Ou bien un de ces hommes que l'on retrouve, complètement bourré, sortant d'un bar, hurlant ses malheurs à la lune. Il ne fallait donc pas aborder un sujet trop philosophique.
Quelque chose de simple.
A la portée de tout le monde, même du plus simple gamin stupide.

Un sujet universel.
Quelque chose que l'on peut aborder avec n'importe quel être humain. Si c'était une femme, elle aurait pu lui parler de vêtements, de mode, de vernis à ongle, de maquillage ; elle se serait lancée dans une de ces ennuyeuses et vaines conversations féminines, et ça aurait été vite réglé. Hélas, les hommes sont moins niais, moins distraits. De vraies mouches à problèmes. De vraies mouches à merde.
Elle aurait pu lui parler de violence, mais il aurait pris ça pour une menace, se serait vexé, et échec et mat. Elle se serait sûrement faite frapper. Elle aurait pu lui parler de sexe, mais parler de sexe avec un homme de taille conséquente dans un lieu généralement non fréquenté n'était pas et ne pouvait en aucun cas être une bonne chose. Elle aurait pu lui parler de technologie, mais elle n'était pas très branchée là-dessus - vous m'excuserez pour ce jeu de mots facile. Elle aurait pu lui parler de nourriture, mais une fois encore elle ne s'y connaissait pas trop, et puis elle ne tenait pas à se donner faim et à finir par aller dépenser toutes ses économies en nourriture. En plus, un petit Chaperon rouge obèse, ce n'est pas très crédible. Elle aurait pu lui parler du beau temps, mais il l'aurait sûrement encore envoyée baladée.
Mais son silence commençait à se faire long et embarrassant, et il n'était pas digne d'une lady de faire attendre son interlocuteur aussi longtemps. Alors elle posa une phrase dans la conversation, d'un ton désinvolte, comme si elle venait de retrouver un vieil ami et qu'elle lui faisait la conversation.

« Le rouge est une très belle couleur, non ? »

Voilà. Il répondrait probablement oui - à moins qu'il ne porte une couleur qu'il n'apprécie pas. Ensuite, elle enchaînerait en disant qu'elle même apprécie beaucoup cette couleur, dirait que cela va parfaitement bien avec la forme du visage du monsieur, et cætera. Il serait flatté, ses pommettes rosiraient légèrement, et il l'inviterait à prendre un café, pour en parler plus en détail. Elle détournerait malheureusement l'invitation pour aujourd'hui mais proposerait de la remettre à plus tard. Il accepterait avec un sourire. Puis après un long échange de compliments fades et de banalités ennuyeuses, il sortirait, elle dirait qu'elle doit aller chercher sa barrette, et s'occuperait de sa sécurité personnelle.
Et cette fois, si ce plan d'enfer là ne marchait pas, elle serait obligée d'en venir aux poings.
Elle fit d'ailleurs craquer ses poings par avance, les préparant au choc qu'elle allait leur offrir. Car oui, si elle venait à frapper cet homme, il y avait plus de probabilités qu'elle se fasse mal plutôt qu'elle lui fasse mal à lui.
Mais peut-être alors aurait-il pitié d'une naïve adolescente aux muscles de papier mâché.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 10:44

Cette jeune fille se foutait donc de sa gueule. Ouvertement. Et Xephelos n'aimait pas qu'on le prenne pour un con. Surtout dans ses mauvais jour. Faut pas pousser non plus. Sa tolérance légendaire (Quasi-inexistante) arrivait à son terme. Mais qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas ? Il venait de se montrer plus que fortement désagréable, elle aurait du partir en couinant et en claquant la porte derrière elle, pour faire écrouler le bâtiment et on en parlerait déjà plus. Mais non, faut qu'elle insiste, faut qu'elle lui pète les cojones jusqu'au bout.

De son plus beau regard de monsieur pas content, Xephelos fixait la pauvre brebis égarée qui osait l'importuner dans son infinie sagesse légendaire, dans sa pause à lui, dans son havre de paix. Comment pouvait-elle oser ? Nan mais sans rire, les prêtres n'auraient-ils pas le droit aussi à un peu de repos ? Un peu d'isolation, loin des pleurs, des demandes, des prières. Même si une église ça génère peu de bruits, se tenir loin des gens, loin de l'humanité crasseuse fait en sorte qu'il ne pète pas un câble et ne se mette pas à tirer sur tous les croyants qu'il croise. En réalité, et il l'avoue parfois lui-même, il n'est pas véritablement croyant. Ce qui est plutôt paradoxal pour un homme d'église. Mais à ce qu'il paraît, il le fait bien. Disons que c'est une question d'habitude, de talent aussi pourquoi pas. Enfin, pas de quoi se vanter en tout cas.

Nan ? Sans déconner ? Pas femme de ménage ? Mais comment aurait-il pu penser l'inverse. Cela crevait les yeux qu'elle faisait le ménage dans une tour abandonnée en ruine tous les jours que Dieu fait. Cela paraissait évident voyons, les toiles d'araignées paraissaient si bien lustrées, les marches si propres, les murs si entretenus. Cela crevait les yeux, comme aurait-il pu manquer ça ? Cela n'avait pas de sens voyons. Cette jeune femme, qu'elle qu'elle soit, le cherchait. Elle allait le trouver. Enfin, du moins il se sentait agressé. Sans aucune raison en réalité. Il était juste de mauvaise humeur et si il s'écoutait, lui aurait carrer son majeur en travers des yeux (Non pas autre part, bande de vicieux.) avant de l'attraper par le col (Non, non toujours pas ailleurs. Suivez bon sang.) et la balancer dans le vide intersidéral. Mais bon... Ça ferait encore des histoires et le tout aurait été difficilement explicable. L'invocation de la thèse du suicide n'aurait pas tenu bon très longtemps. Surtout que se connaissant lui-même, et son orgueil répondant, il aurait sans doute révoqué le crime dans sa globalité. Mais là n'est pas l'sujet.

Sérieusement, pourquoi Dieu se moquait-il de lui au point de lui infliger la présence d'une morue des sables environ 25 heures sur 26. Cela devenait navrant cette mise en situation, ce test de volonté permanent. Si il voulait qu'il craque, autant qu'il lui fasse signe et qu'il lui offre un lance-roquette tout de suite, histoire qu'on en parle plus. De son plus bel air de gars vexé, mélangé au mec indifférent en toutes circonstances, il fixait cette gamine puérile et stupide. Qu'il aurait aimé baffer. Mais on ne frappe pas une femme. En plus, pour un homme de son rang, ça ne se fait pas. Donc il se contenait et pensait à autre chose. Mais pas trop. Ne pouvait-elle pas simplement s'en aller, qu'on en finisse ? Roooh.

Un long silence, brisé par une question stupide. Ah... Une question con. Une réponse de la même envergure. Elle le prenait pour un benêt, très bien. Il allait la considérer comme un moutard infernal qui se fait dessus sans retenue, la pousser à hurler son désespoir et p'tête se suicider sur un éclair de lucidité. Surtout qu'elle avait toute la place pour faire ça. Juste choisir un bon angle où tomber. Genre sur une petite vieille pourquoi pas, ça lui fera des chieurs en moins le dimanche matin.

"Non."

Difficile de faire pire. Tout ceci servit sur un ton très froid, très sec. Mettant fin à toute discussion possible et imaginable. Sans même trop réfléchir. Il aimait pas cette couleur, mais bon. Ça aurait trop fait plaisir à cette espèce de mocheté puérile. Puis finalement, pourquoi s'emmerder sérieusement. Il prit sa veste, fit mine de chercher quelques chose à l'intérieur. Tirant le langue sur le côté, ne sachant jamais si ça se trouve du côté droit ou l'autre. Après tout ça ne changeait rien, il pouvait prendre tout son temps. Pour finalement mettre la main dessus, rangé comme à son habitude dans la poche intérieure droite. Quel boulet il fait. Prenant l'objet avec nonchalance et d'une main, il sortit donc sa vieille arme chérie et la pointa directement vers la tête de la demoiselle. Gardant toujours le même air, ne se voulant pas nécessairement menaçant, juste blasé par les évènements.

"Bon. T'as 20 secondes pour descendre les marches. Après je te traîne jusqu'en enfer dans un déluge d'acier."

Le tout dit dans un air très théâtral. Et encore, il se trouvait gentil de lui laisser le temps de descendre des marches. Peut-être allait-il lui tirer dans les jambes à la moitié du chemin pour la voir s'écraser la trogne sur les blocs de pierres froide. Sans doute... Peut-être. A voir.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 12:43


« Non. »

D'accord. Donc lui, il était con.
Tout du moins est-ce ce qu'en déduit alors la jeune fille.

Elle suivit son interlocuteur du regard dans un lourd silence, tandis qu'il semblait chercher quelque chose dans sa veste. Pauvre homme. Non seulement il était rustre et désagréable, mais en plus, il mentait. Certes. Elle aussi avait menti. Mais il y a mensonge et mensonge. Mentir sur son métier est quelque chose d'assez répandu, surtout à Venise. Mentir sur les vérités de ce monde, par contre... Car malheureusement si, le rouge était une belle couleur. Que monsieur le pense ou non, qu'il fouille dans sa veste ou non, le rouge était sublime, le rouge était merveilleux. N'avait-il donc pas honte d'insulter ainsi une couleur si magnifique ? Il aurait pu dire ce qu'il voulait, mais à ce stupide mensonge, tout l'univers était contre lui. De l'amaryllis en fleur au tueur tâché de sang, en passant par les artistes, les coccinelles et les amanites tue-mouche. Sacrilège, blasphème, disaient ils. Sacrilège, blasphème, répétaient ils.
Sacrilège, blasphème pensait Yunnan.
Elle s'apprêtait à le contredire, à se lancer dans une longue tirade sur la couleur rouge. Elle était bien remontée, pile dans l'ambiance, avec des arguments bétons.

Mais ce goujat. Ce porc. Ce bœuf aux oignons. Cet enfoiré lui pointa son arme sur la tête. Sur sa tête à elle. Son crâne. Son visage. Son faciès. Sa figure. Sa tête. Il l'avait pointé sur sa tête. Sur sa tête. Rage. Peur. Surprise. Yunnan ne savait quel sentiment choisir. Comment pouvait-il oser faire une chose pareille ? Dans quel type d'univers parallèle pointait-on des armes sur la tête d'une lady ? Certes, la réponse était évidente. Il n'y avait qu'à Venise qu'on pouvait faire une chose pareille. La brunette momentanée fronça les sourcils et soupira bruyamment, énervée.

« Bon. T'as 20 secondes pour descendre les marches. Après je te traîne jusqu'en enfer dans un déluge d'acier. »

Court silence.

« D'accord. »

Yunnan se retourna, et elle commença à descendre les marches.
Quand soudain, elle s'arrêta. Une minute. Qu'est-ce qu'elle était en train de faire, là ? Elle était en train de fuir. Elle faisait exactement ce qu'il voulait. Elle se jetait dans la gueule du loup. Elle s'offrait à Venise, les yeux faussement vairons. Était-ce un complot ? Essayait-il de la précipiter dans une longue course-poursuite avec le Parrain, aboutissant à une mort certaine ? Et puis, de quel droit il la menaçait, l'autre ? Hein ? Genre il se prenait pour le roi du monde, il se croyait sur un gros bateau, il était content, ça y est. Remarque, un rustre pareil ne connaissait sûrement pas Titanic - car ce qui est vieux est raffiné et cet homme était décidément tout sauf raffiné. Yunnan commençait à s'énerver. Certes, au fond d'elle, ses instincts britanniques lui indiquaient que patience était mère de sûreté et que ce serait sûrement mieux de descendre les marches et de ne pas faire d'histoire. Mais elle ne voulait plus s'écouter. Elle commençait à en avoir marre, de toujours être la fille qui s'efface devant les autres, celle qu'on oublie trois minutes après l'avoir vue, celle que l'on n'écoute jamais.
Pourquoi elle devrait s'abaisser devant lui, hein ?
Après tout, des imbéciles avec des armes, elle en avait vu plein, ce n'était pas ce qui manquait dans Venise. Et jusque là, elle était toujours vivante et entière. Alors l'autre là, il pouvait bien aller se gratter et faire ce qu'il veut. Elle remonta les marches d'un pas appuyé et furieux, sans manquer d'en casser quelques unes, comme son prédecesseur semblait l'avoir fait en arrivant. Une fois arrivée au niveau de Monsieur Rouge, elle l'ignora royalement. Toutefois, elle ne se retint pas d'en rajouter un peu et d'exprimer son avis sur la situation, comme toute bonne lady le ferait.

« Je n'ai pas l'intention de descendre ces escaliers tant que je ne me serais pas occupée de mon problème. Vous et votre déluge d'acier n'avez qu'à prendre votre mal en patience. D'abord. »

Elle se plaça dans un coin sombre et ramassa un morceau de verre. Elle essuya la poussière résidant sur une des faces, et essaya tant bien que mal de se regarder dedans. Elle jeta tout de même un regard à Monsieur Rouge. Et elle vit son arme. Elle tourna rapidement la tête, essayant d'oublier. Pourquoi elle devait s'abaisser devant lui, hein ? Parce qu'il était armé, peut-être. Parce qu'il faisait sûrement partie de ces mafieux louches et bizarres, qu'il allait la tuer, et ensuite il la violerait, puis il la brûlerait, il violerait une dernière fois les cendres, et il jetterait dans un caniveau la masse gluante qui en résulterait. Yunnan commença à paniquer. Elle ne voulait pas mourir comme ça. Mais maintenant c'était trop tard. Son sort était tracé. Yunnan essaya de se calmer, mais elle n'y arrivait pas. Son cœur battait la chamade, ses mains tremblait, sa respiration se faisait rapide. Si seulement elle avait emporté son revolver, elle aurait au moins pu se défendre, et ils auraient fait comme dans ces films avec les cow-boys, une confrontation en tête-à-tête. Mais non. Là elle avait juste son pauvre petit poignard, avec lequel elle ne se battait presque jamais. Pourquoi l'avait-elle, alors ? Eh bien. C'est simple. C'est un poignard de secours. Comme tous les objets de secours, on les garde auprès de nous au cas où, mais au final on s'en sert jamais. Et quand on est dans l'obligation de s'en servir, on se rend compte qu'en fait on ne sait pas comment ça fonctionne, et qu'on est dans la merde.
Néanmoins, elle essaya de relativiser. Elle se dit que tout allait bien se passer. Que c'était sûrement un cauchemar. Que tout s'arrêterait quand elle enlèverait cette foutue lentille.

Elle s'attrapa les paupières d'une main et dirigea l'autre lentement vers son œil.
Cri d'horreur.
C'était pas cet œil là mais l'autre.
Essoufflée et effarée, elle se tint l'œil d'une main, puis se tourna vers Monsieur Rouge et s'excusa d'avoir crié. En fait, elle s'en fichait de lui, mais c'était un réflexe et cette réaction avait limite été plus forte qu'elle.
Elle recommença, du bon côté cette fois. Après avoir retiré cette foutue lentille, elle poussa un soupir de soulagement et se releva, tout sourire. Voilà, sa vie pouvait continuer. Elle s'avança, tranquillement, sautillant presque, dans la direction de Monsieur Rouge. Jusqu'à se rappeler qu'il avait une arme et que maintenant il allait faire son truc du déluge d'acier. Le problème, c'est qu'avec tout ça, il était maintenant entre elle et les escaliers. Elle se tripota les doigts, gênée. Puis elle sortit son petit poignard ridicule et inutile, un peu pour se rassurer.
Elle ravala sa salive, et prit son courage à deux mains.

« Heu... faites attention ! N'essayez même pas de... De m'avoir avec votre déluge d'acier. Car sinon, les conséquences seront terribles. »

Elle appuya bien sur le « terribles ». Tellement bien que le mot résonna un court instant dans la tour. Mais le bluff ne marcherait pas, elle le savait. Elle allait finir ses jours par la main d'un goujat stupide et sans manières, elle allait finir ses jours sans même avoir accompli le but de sa vie. Elle baissa les yeux un instant. Le bluff. Il fallait jouer sur le bluff. Il fallait avoir un peu d'espoir, que diable !

« J'ai des amis assez dangereux. Ils pourraient vous faire du mal et vous mettre de mauvaise humeur encore plus que moi. »

Mais Yunnan savait bien.
Elle savait bien qu'elle n'avait pas d'amis.

{ Désolée, j'ai fait encore plus long, c'est une véritable horreur D: En plus, mon post il craint du boudin, quoi. }
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Sam 7 Aoû - 21:59

Pauvre jeune femme. Complètement paumée. Mais au moins elle avait l'intelligence, la décence de l'écouter. Enfin, la jeunesse décadente acceptait avec humilité l'ordre d'une personne plus âgée sans omettre de résistance verbale stupide, insultant la société et sa banlieue et crachant par terre comme un vieux chameau crevé. Nan. Là semble-t-il cette jeune dame avait eu un résidu de fond-semblant d'éducation, donc peut-être lui avait-on appris que les grandes personnes avaient raison.
Bon, en parallèle à tout ça il avait quand même une arme dans les mains. Mais ça ce n'est qu'un détail pas vrai ? C'est vrai quoi, il ne faisait jamais que pointer un tube en ferraille en direction d'une frêle jeune femme qui ne voulait absolument rien faire de mal. D'ailleurs, il s'en foutait de ce qu'elle venait faire-là et elle irait probablement le faire ailleurs. Enfin il l'espérait. Enfin... elle le fit miroiter l'espace de quelques secondes, qui avaient réussies à faire effacer son mécontentement du visage.

Feinte... Quelle feinte honteuse. Savoir si elle se jouait de lui, ou savoir si elle avait eu un problème de conscience existentielle, de mal-être intérieur quant au fait qu'elle aurait enfin pu arrêter de lui pomper son air. Non. Il fallait qu'elle revienne sur sa fucking décision et qu'elle vienne de nouveau l'importuner de sa pesante présence de jeune pouffe effarouchée. Le méritait-il vraiment ? A force il finirait par le croire le bougre; Lui qui n'avait jamais rien demandé à personne, depuis qu'il était rentré dans les ordres. Non mais sérieusement quoi... Lorsqu'elle commença à remonter les marches avec son air suffisant de fausse demoiselle junior, il hésita longuement et interrogea sa conscience. Xephelos aurait pu tirer et lui arracher la mâchoire avec une simple petite pression sur la détente. Mais cela en valait-il vraiment le coup ? Et puis les balles, il n'en trouve plus nul part, donc il vaudrait mieux sans doute les utiliser sur des choses dangereuses. Parce que là... Il n'avait rien à craindre il fallait l'avouer.

Sans qu'il ne puisse déclarer encore une fois son mécontentement, la jeune femme alla s'isoler. Regardant le navrant spectacle, la jeune dame paraissait bien gourde, bien maladroite. S'enfonçant elle même son index dans son gros oeil vide de poisson mort, s'arrachant elle même un cri de douleur qui lui firent prendre un air étonné. Masochiste ? Nan, pas là, pas en commençant par ça. Enfin il l'espérait. Sinon en plus de l'incrimine on le prendrait pour un gros psychopathe vicieux qui inflige des tortures corporelles. Et c'est pas le genre de la maison. Jugeant qu'elle était juste complètement stupide, il rangeait son arme, juste posé sur sa veste, mettant ses deux mains dans ses poches, finissant d'être témoin de cette rocambolesque fresque pitoyable qu'elle lui offrait.
La jeune fille revint. Elle souriait... Puis ce sourire disparu pour laisser place à un subtil mélange entre angoisse et constipation. Cela le faisait rire intérieurement plus qu'autre chose. Surtout qu'il n'avait pas l'habitude d'être le sujet aux menaces et encore moins un icône de méchanceté. Pauvre enfant... Un petit couteau ? Elle osait le menacer... Avec ça ? Sans blague.

Sans prévenir, le jeune homme se mit à rire. Cela devait être vexant pour la jeune femme, mais il ne pouvait se retenir. Lui qui avait vu énormément de choses, voilà qu'on venait à le menacer avec un stupide petit couteau, en le menaçant avec des mensonges aussi gros que la tour elle-même. Se reprenant cependant bien rapidement, se frottant des yeux, il observa la jeune femme devant lui et gesticula la main, lui demandant ainsi de ranger son espèce d'arme.

"J'crois pas un mot de ce que tu me dis la miss." En y regardant de plus près, quelque chose le frappait... "Et ta perruque s'en va."

Dans sa lute avec son oeil, elle avait du sans doute décaler ses cheveux de substitution. Cela n'était pas bien flagrant, mais une légère mèche de cheveux d'un autre colorie se faisait voir devant. Ce qui était stupide en soi.

"Bon, maintenant, tu me dis qui tu es et pourquoi tu es là..." Puis il mima une arme à feu avec sa main droite, offrant par la même occasion un léger sourire en coin. "Sinon..." Il aurait de toute manière, tout le loisir de se pencher et de reprendre son arme en main pour la tuer. Au pire, même si elle se retrouvait plus vive que lui, il doute qu'un combat rapproché soit avantageux pour la jeune femme. Sait-on jamais...
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Dim 8 Aoû - 0:30


Alors Monsieur Rouge se mit à rire.

Yunnan sentit ses cheveux se hérisser sous sa perruque. Comment ça, il riait ? Il riait de sa propre perte...? C'était quoi ce gros nase ? Et puis, il n'y avait rien de drôle ! Nous étions dans une situation tout à fait tragique. Si on était dans un film de cow-boys, on aurait entendu la voix de Yunnan en arrière-plan qui dirait « C'était la fin. Billy le rouge n'avait plus qu'un seul mouvement à faire pour m'ôter la vie. Mon corps tomberait à terre, mon couteau glisserait de mes mains. La Tarentule, fille du Shérif, à qui j'avais promis qu'on se marierait, se ruerait hors de sa toile pour pleurer sur mon cadavre. Vous pouvez déjà retirer vos chapeaux, cow-boys. C'est la fin du Petit Chaperon Joe. ». On aurait eu des plans successifs sur la tarentule, les yeux de Billy le rouge, les chapeaux des cow-boys, les mains de Billy le rouge. Puis il tirerait, et ce serait la fin.
Mais non, Monsieur Rouge riait.
La jeune fille avait presque envie de le pousser dans les escaliers - le démon des escaliers réside dans cette Tour, apparemment - et de lui crier dessus. Elle lui crierait que vous n'êtes qu'un idiot monsieur, qu'il ne faut pas rire dans de pareilles circonstances, que nous sommes à un moment très grave du film et qu'il n'y a absolument rien de drôle. Mais une lady ne crie pas, car elle sait exprimer ses sentiments sans hausser la voix. Bon, certes, elle avait crié de douleur tout à l'heure, mais c'était un moment d'égard, une réaction de son enveloppe charnelle. Cela n'avait rien à voir.
Soudain, Monsieur Rouge cessa de rire, il se frotta les yeux et agita la main dans la direction de Yunnan.
Ce qu'elle interpréta très mal. Elle savait que cela voulait dire qu'il voulait qu'elle range son arme, mais était-ce une raison pour lui faire un geste aussi vulgaire ? Faisant mine de ne pas avoir compris, elle croisa les bras et garda son poignard en main, le foudroyant d'un regard hautain. S'il voulait quelque chose, il n'avait qu'à le dire.

« J'crois pas un mot de ce que tu m'dis la miss. »

Tiens ? Il avait un drôle d'accent, lui aussi. Peut-être qu'il n'était pas italien.

« Et ta perruque s'en va. »

Oui, c'était vraiment un drôle d'accent. Il ressemblait un peu à celui d'un français qu'elle avait entendu une fois, mais en pire. La jeune fille se demanda d'où il venait. Serait-il incongru de demander ? Bah, dans la situation où on en était, elle ne pouvait pas empirer la chose... Et puis, peut-être que cela détendrait l'atmosphère.
Une minute.
Quoi, sa perruque ?
Comment ça, sa perruque ?
La jeune fille rangea rapidement son poignard, et posa ses deux mains sur sa tête.
Sa perruque.
Sa perruque s'en allait.

GFKJCPMSNBGFCNB.

Fut la pensée qui envahit l'être tout entier de Yunnan.
Elle fit volte-face, rapidement, et commença à paniquer. Sa perruque. Voilà qu'après ses lentilles, sa perruque décidait de la trahir à son tour. La jeune fille ne sortait quasiment jamais sans déguisement. Sortir et se montrer aux autres telle qu'elle était lui semblait juste impossible - sauf cas exceptionnels, bien sûr. Elle essaya de la réajuster, mais sans miroir, elle ne pouvait pas savoir si elle la mettait bien ou pas. Dans une situation pareille, elle reconnut qu'il valait mieux retirer cette perruque plutôt que de la garder alors qu'elle était mal mise. Une personne avec une perruque mal mise, en plus d'avoir l'air stupide, ne pouvait qu'avoir l'air louche.
La jeune fille poussa un soupir dégoûté.
Elle retira calmement sa perruque, réajustant au feeling quelques unes de ses mèches blondes qui se faisaient la malle.

« C'est vraiment pas mon jour... » murmura-t-elle, l'air dépité, en se tournant vers son interlocuteur.

Bon... Voilà que Monsieur Rouge voulait savoir qui elle était et pourquoi elle était là, maintenant. Yunnan fronça les sourcils. Comme si elle avait envie de le dire à un type aussi bizarre ! Il avait déjà le droit de la voir sans perruque ni lentilles, c'était bien assez comme ça. Et puis, lorsque l'on est poli, on se présente avant de demander le nom de quelqu'un. Et on ne lui fait pas des gestes aussi stupides, par pitié. Elle ne put s'empêcher de lentement secouer la tête, un peu comme si elle était exaspérée. Bah, de toute façon, il ne devait sûrement pas être assez intelligent pour la retrouver grâce à son nom, ou même simplement pour s'en souvenir. Alors tant qu'à faire...

« Vous pouvez m'appeler Mademoiselle Liddell. Je suis venue ici car j'espérai n'y trouver personne et accessoirement ne pas y être dérangée. »

Sa voix laissait clairement entendre que bien évidemment, tout cela avait raté. Elle regarda la perruque, qu'elle tenait dans ses mains, et dont elle caressa les longues boucles brunes. Ah... Elle avait passé tellement de temps à la brosser, à la boucler, à en prendre soin... Celle-là faisait partie de ses préférées : presque tous ceux qui y avaient eu affaire n'y avaient vu que du feu. Mais il avait fallu qu'elle la trahisse. Il avait fallu qu'elle la trahisse, loin de chez elle, loin de tout miroir, en face d'un monsieur bizarre qui faisait des gestes bizarres et qui tantôt la menaçait, tantôt éclatait de rire.
Yunnan détacha les yeux de son substitut capillaire et les posa sur Monsieur Rouge. Son regard n'exprimait ni joie ni rancune. C'était un de ces regards vides qu'on lance à un professeur pour lui dire « lâche-moi la grappe ». C'était un de ces regards vides qu'on lance aux psychopathes parce qu'on est trop exaspérés pour leur dire quoique ce soit. C'était un de ces regards vides que Yunnan lançait quand elle attendait quelque chose.

« Et vous ? Aurez-vous la bonté de me dire votre nom et la raison de votre venue en ce lieu ? »

Il ne le dirait sûrement pas. Avec un peu de chance, il recommencerait à rire, ferait quelques pas en arrière, et s'écroulerait dans l'escalier.
Hélas... Aujourd'hui n'était pas vraiment un jour propice à la chance.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Dim 8 Aoû - 1:17

Décidemment cette jeune femme était vraiment un phénomène... De foire. Comment pouvait-elle supporter un tel traitement ? Xephelos lui-même se serait énerver en se voyant se foutre de sa gueule de cette façon. Bon, il est difficile de penser qu'il puisse se croiser un jour, mais le garçon se trouvait particulièrement désagréable ces temps-ci et cela lui allait parfaitement. Ses antécédents ont fait de lui un être malsain et hargneux, alors que son présent l'a rendu calme et patient. Sauf que, eh bien il y'a des jours où le passé rattrape l'avenir et où on décide de se lâcher un peu, de dire adieu aux habits de prêtre, aux sermons et à la politesse. Car habituellement, Xeph' est quelqu'un de très poli, de très bien élevé en toutes circonstances, en plus d'être propre sur lui. 8D

Ce petit manège le faisait rire intérieurement. Cette pauvre dame junior, cette mini-miss qui se débattait avec ses substituts de cheveux. Elle avait vraiment l'air d'une cruche comme ça, à se battre, à enlever finalement ses faux cheveux pour laisser apparaître une autre perruque... Ou pas. Faudrait être maso pour en mettre deux. Mais bon, sait-on jamais. Le jeune homme aurait bien voulu rire de nouveau, mais il n'en avait pas le coeur. Et puis, se moquer d'une jeune fille c'est mal, surtout aussi jeune. La pauvre elle pourrait s'en retrouver gênée et elle risquerait de pleurer toutes les larmes de son petit corps de petite femelle primate et peut-être même hurler. Et si il y'a bien une chose qui l'énerve énormément, c'est les hurlements. Et le bruit en général. Et la foule. Et dans ce cas précis, cette dame ressemblait à une foule en délire de jeunes groupies fans de film bidons pour adolescentes pré pubères. L'épouvante quoi. Xephelos avait une image de la jeunesse plutôt particulière. Et de toute façon, il n'aime pas les enfants. Au point qu'il aimerait tous les finir à coup de pelle. Mais ça serait déplacé, surtout en pleine messe du Dimanche. Mais ça pourrait être fun. A voir...

Donc cette perruque, good bye. La jeune femme semblait désespérée. Sans doute avait-il été déjà trop loin ? Peut-être allait-elle enfin se jeter dans l'escalier et disparaître dans la pénombre des sombres marchent qui ornent la tour en ruine. Peut-être allait-elle lui lâcher les cojones une bonne fois pour toute.
Mais bien sûr, fallait pas rêver non plus. Dieu existe peut-être, mais pas le père noël. Et Dieu n'aimait pas Edvard. De toute façon; Donc bon, ça n'aide pas. Pas son jour ? Et lui alors, que devrait-il dire ? "C'est pas ma vie." ou un truc du genre. Toujours est-il que son envie grandissante de la pousser dans l'escalier se faisait sentir et cela le démangeait. La solution de l'arme à feu devenait de plus en plus obscure et la voie du mal était préférable.

Dans son étrange bizarrerie et dans sa médiocrité espritoriale (Ce qui ne veut rien dire.) et surtout parce qu'il est plutôt lunatique et parce que l'envie de la faire tourner en bourrique lui vient à l'esprit. Il se mit presque de nouveau à rire par cette simple phrase. Chercher à ne pas être dérangée ? Alors pourquoi restait-elle là et ne cherchait-elle pas un nouveau coin où il n'y aurait pas âme qui vive. Il était le premier sur les lieux, elle avait juste à rebrousser chemin et chercher une maison abandonnée et on en parlerait plus. Mais la simplicité n'étant sans doute pas sa principale qualité, Dieu avait décidé qu'elle devait l'emmerder. Donc soit.
Il se leva, épousseta ses habits de la poussière environnante qui s'était déposée sur ces derniers, dominant par la taille la petite dame qui se présentait désormais devant lui. Il souriait. Malgré tout ce que la jeune femme pouvait bien transmettre par son regard, ou même sa lame sous ses petits bras de mouche, il restait devant elle en souriant niaisement. Juste pour l'emmerder. En fait. Parce que c'est plus fun.

"Xephelos. Edvard. Je suis ici parce que..." Il fit mine de réfléchir quelques instants, posant une de ses grosses paluches sur son menton. "Disons que je cherchais le calme, mais que je ne l'ai pas trouvé."

Gardant sa main contre la partie inférieure de son visage, il prit une tête du gars qui se pose des questions, se mettant à baragouiner tout seul.

"J'pense qu'il est inutile que je te demande pourquoi tu te déguises la miss... Je suppose que tu ne te plieras pas et que tu ne voudras pas quitter cet endroit en premier. Je suppose aussi que si je te menace de te jeter dans le vide, ça ne changera pas grand chose."

Il fit mine de réfléchir une nouvelle fois... Très brièvement. "Mais tu pourrais au moins ranger ton couteau... Je doute que tu en fasses grand chose." dit-il toujours avec le même sourire narquois, du genre du gars qui se fout de la gueule du monde.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Dim 8 Aoû - 11:04


Ce petit jeu commençait à devenir lassant.

Yunnan n'attendait aucune réponse. Monsieur Rouge pouvait bien faire ce qu'il voulait, la lady se sentait lasse. Elle avait simplement envie que celui-ci la ferme, se mette à genoux, lui baise la main et puis s'en aille, courtois. Elle pourrait ainsi essayer de s'arranger un peu pour passer un minimum inaperçue. Car si elle sortait maintenant, n'importe quel simple d'esprit ayant un peu de culture pourrait s'exclamer « Oh, mais c'est le petit Chaperon rouge ! ». Certes. Peu de gens se souvenaient encore de ce conte. Mais vu comment sa journée était partie, elle ne pouvait que s'attendre au pire.
Elle s'avança légèrement, afin de parvenir à une distance respectable pour un dialogue. Elle ne tenait pas à avoir à hausser la voix pour se faire entendre. Elle se posta donc devant Monsieur Rouge. Et celui-ci eut la gentillesse de se lever.
Vexée, Yunnan était vexée.
Pourquoi il se levait, lui ? Est-ce qu'il essayait de faire son grand, de lui montrer qu'il était plus grand qu'elle ? Non puis avec son sourire de benêt il était juste tout simplement pitoyable, quoi. Elle haussa un sourcil. Le regarder de haut alors qu'elle avait au moins vingt bon centimètres de moins était assez difficile. Mais pas impossible.

« Xephelos. Edvard. Je suis ici parce que... Disons que je cherchais le calme, mais que je ne l'ai pas trouvé. »

Yunnan ne put retenir un éclat de rire, et plaça sa main devant sa bouche, le regardant d'un air rieur. Alors lui. Il était tombé tout au fond de son estime. Genre, elle pensait être une exception à Venise, un personnage mal tombé, peu adapté à son époque. Mais celui-là, il avait battu tous les records en deux mots. Il lui avait donné son nom complet, comme ça, sans hésiter. Son nom complet, quoi. Si elle avait été un de ces monstres assoiffés de sang à la gâchette facile, elle aurait sans aucun doute pu lui prédire une mort certaine. Un léger sourire aux lèvres, elle l'observa baragouiner, ressortant son poignard pour jouer avec. Toucher une lame en dévorant du regard un imbécile pareil était un jeu assez dangereux pour sa conscience. Maaaais. Mademoiselle savait garder le contrôle de son être. Son sourire s'agrandit lorsqu'elle entendit la phrase suivante de Monsieur Xephelos.

« Je suppose que tu ne te plieras pas et que tu ne voudras pas quitter cet endroit en premier. Je suppose aussi que si je te menace de te jeter dans le vide, ça ne changera pas grand chose. »

Son sourire demeura intact. Bien qu'elle commençait à avoir mal aux joues.
Cependant, elle ne répondit pas à cette remarque grotesque. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas envie de répondre, mais elle avait envie de répondre tellement de choses que si elle commençait maintenant, elle n'en finirait jamais. Et elle ne pouvait pas choisir parmi ses répliques, car toutes seraient simplement délicieuses à prononcer. Pour donner quelques exemples, elle aurait pu faire une légère révérence de lady, adoucir son expression faciale et dire qu'elle supposait qu'elle aurait plutôt dû se présenter en tant que Mademoiselle Perturbation. Ou bien elle aurait pu revenir sur le fait que la menacer ou la blesser n'arrangerait rien et aurait sûrement des conséquences - juridiques et sociales - terribles pour ce cher Monsieur Xephelos. Ou encore, elle aurait pu simplement dire qu'elle voulait bien partir, mais que vous êtes entre elle et l'escalier, Monsieur Xephelos.
Cependant, la remarque suivante de son interlocuteur brisa complètement le sourire du petit Chaperon rouge.

« Mais tu pourrais au moins ranger ton couteau... Je doute que tu en fasses grand chose. »

L'expression de Yunnan se fit plus rude et son regard, sans pitié. Cet idiot commençait un peu à l'énerver. Certes, il pouvait la menacer - directement ou indirectement -, elle s'en fichait comme de sa première tétine. Mais de là à remettre en cause ses capacités... Bon, elle n'était pas la plus agile ni la plus puissante de Venise. Mais ce n'était pas une raison pour la rabaisser ainsi. Sur le coup, elle en avait presque envie de lui trancher les testicules, à lui et son sourire niais, là.
Mais il ne fallait pas céder. Il ne fallait pas céder à la mauvaise humeur. Une lady n'est pas grognon, une lady ne s'énerve pas pour rien. La jeune fille tenta alors de récupérer une expression du visage plus ou moins calme, et elle articula, doucement, comme si elle voulait expliquer à un enfant qu'il avait fait une bêtise :

« Je saurais sûrement faire plus de choses avec ce couteau que vous, avec tout le respect que je vous dois, Monsieur Xephelos. »

Elle inclina la tête sur le côté, et fit un de ces sourires hypocrites qu'elle sert à tous les gens qu'elle croise au quotidien. Un de ces sourires faux, sans aucun sentiment derrière. Toutefois, elle glissa son poignard à sa place habituelle. Après tout, peut-être qu'il voulait qu'elle le range parce qu'il avait peur des objets pointus, le pauvre enfant. Elle aurait sûrement pu instaurer, à la suite de sa remarque, un silence effroyable si elle le voulait. Elle aurait sorti son regard noir, celui qui lui fait peur quand elle le fait en face d'un miroir. Monsieur Xephelos aurait pris peur et il aurait décampé. Car certes, plus rien ne la retenait dans cette tour. Mais c'en était devenu une affaire d'ego. Et elle avait bien l'intention de faire sortir Monsieur Rouge avant elle.
Il répondait assez sèchement à ses questions. Peut-être qu'il n'aimait pas qu'on lui en demande trop sur lui. Yunnan décida d'en profiter légèrement, et de jouer aux gamines curieuses et énervantes. Bien qu'elle ne soit elle-même pas spécialement âgée, elle avait horreur de ce genre de filles. Monsieur Xephelos ne devait sûrement pas les supporter non plus.

« Et sinon, Monsieur Xephelos, puis-je vous demander pourquoi vous me souriez ainsi, sans vouloir être indiscrète ? Et aussi, j'aimerais bien savoir pourquoi vous portez du rouge si c'est pour dire aux autres que vous ne trouvez pas cette couleur jolie. Est-ce que cela fait sourire, de porter une couleur que l'on n'aime pas ? »

Sourire niais, regard plein d'étoiles, battements de cils.
Edvard Xephelos.
Yunnan avait décidé que tu tomberais le premier.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Dim 8 Aoû - 12:42

Tomber le premier. Quelle merveilleuse idée.

Sans doute n'avaient-ils pas la même idée en tête. Sans doutes n'avaient-ils pas tout simplement la même façon de penser. Cependant, Xephelos, malgré qu'il le mimait très bien, était loin d'être con le bougre. La jeune demoiselle le considérait comme un bouffon, un clown. Cependant, tout l'intérêt était là. Qu'elle ne le prenne pas au sérieux était en soi une très bonne chose. Mais en y réfléchissant... Euh... C'était juste une gamine hein ? Pourquoi se fatiguer ? Qu'avait-elle de particulier à part qu'elle a foiré son cosplay de Dora l'exploratrice ? Si seulement Dieu pouvait genre la vaporiser en un claquement de doigt, qu'on en parle plus. Mais non, il fallait qu'on lui impose sa présence niaise. Quel enfer...

Hm... Voilà que cette tanche se mettait à rire. Et allez, c'était partit. Il arqua un sourcil d'étonnement. Hm. Lui était on ne peut plus sérieux, même si il se foutait de sa gueule dans le fond. La simple évocation de son nom lui provoqua l'hilarité. Conclusion hâtive, mais qui s'imposait dans l'esprit de Xephelos. Elle était autiste. Ou quelque chose du genre; Bref, elle ne devait pas être bien maligne ni très claire dans sa tête. Une genre de fille complètement pas bien dans sa tête. Sans doute ses parents l'avaient battue dans sa plus tendre enfance, elle avait fugué, s'était faite recueillir par des chiens errants et elle a grandit au milieu des sapins. Sans doute. Ou alors, elle avait juste décidé d'être chiante. Ce qui était le cas.

Perte de sourire. Ah ah. La petite avait donc des limites et le coup du sourire, ça marche peut-être avec lui, mais pas avec elle. La jeune dame ne semblait pas pouvoir garder un rictus naïf assez longtemps. Ce qui prouvait donc qu'elle était terriblement faible. Il n'y avait pas quelques minutes, elle tremblait comme une feuille hésitante. Plus tôt encore, elle avait eut le culot de mentir en se prétendant être une femme de ménage. Ce que toutes les femmes sont par définition. Autrement, il avait envie de lui faire honneur d'une réponse. Mais avant qu'il ne prononce quoi que ce soit, elle lui afficha un sourire hypocrite. Cela ne fit que renforcer le sien. Il la trouvait ridicule. Et à vrai dire, cela semblait réciproque. C'était sans doute mieux ainsi. En rangea sa lame, le jeune homme croisa les bras, fit disparaître son sourire. Ça y'est ? Elle se barrait ? Enfin ? Elle l'avait écouté et avait plié bagage ? Il pouvait hurler de joie ? Ah bah non.

La jeune femme restait là, impassiblement. De son plus beau sourire niais, elle le bombardait de questions stupides. Son métier l'avait habitué à bien pire, même à supporter les réclamations, les prières, les demandes les plus puériles. Alors de là à être énervé par une petite gamine effarouchée, y'avait du boulot quand même. Comme pour bien montrer qu'elle restait une gosse et que sa taille n'arrangeait rien, il se pencha, comme un vieil oncle aigri qui s'énervait en face des gosses, appuyant ses mains sur ses genoux, sa tête bien en avant. Juste pour la faire chier, lui soutenant le regard, avec un sourire carnassier dessiné sur sa tête aux cheveux écarlates.

"J'aime beaucoup le rouge voyons."

Il lui posa une main sur la tête, frottant nonchalamment cette partie. Sans lui laisser une quelconque seconde pour répliquer, descendit rapidement sa grosse paluche vers son col, la soulevant même de terre, à vrai dire, ce n'était pas bien compliquée. Elle était loin du quintal la dame quand même. Profitant d'un appuie suffisant, il dirigea habilement sa deuxième main vers le jean de la mini-lady, l'attrapant ainsi par la peau du cul, si on veut. De cette manière, il la fit littéralement décollé du sol, se rapprochant ainsi du vide en quelques pas. En réalité, elle aurait pu se débattre, elle aurait pu faire n'importe quoi, rien ne pouvait le déloger de ce qu'il faisait. Arriver au bord, ses pieds à lui au bord du vide, il la tenait, la tête de la dame ayant tout le loisir d'admirer la rue vue du haut.

"Une très belle couleur, oui."

Yunan aurait pu l'emporter même avec elle dans la chute ou même se jeter toute seule si elle y tenait. Dans tous les cas, il ne craignait pas grand chose et mourir ne le dérangeait nullement. Cela ne ferait que l'arracher de sa vie morne et triste. En plus, la situation l'amusait il se surprit même à en rire. Si elle avait bien réussie une chose, et c'est par un enchaînement de circonstances, la jeune femme avait réussie à le pousser de son chemin tout tracé. Elle l'avait bousculé de la voie du bien. Elle avait altéré sa foi et sa conviction. Aussi, elle devrait payer... Ou alors. Hm... Revenir en arrière était chose possible. Mais pour l'instant, il valait mieux la laisser se faire dessus pendant quelques instants. Histoire qu'elle apprenne à vivre.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   Lun 9 Aoû - 5:26


Quand soudain, Monsieur Rouge se pencha.

Vous savez, ce genre de sentiment qu'on ne comprend que vaguement, parce qu'on a jamais vécu la même chose. Eh bien, d'un coup, Yunnan eut l'impression d'en comprendre une bonne demi-douzaine. Elle comprit ce qu'avait ressenti le petit Chaperon rouge, deux secondes avant de se faire manger. Elle comprit ce qu'avait ressenti la femme de Barbe Bleue, juste après être ressortie du cabinet interdit. Elle comprit ce qu'avait ressenti Gandalf lorsqu'il avait s'était rendu compte qu'il avait mis Saroumane en colère. Elle comprit ce sentiment de danger imminent.
Dans son regard se mélangea de la curiosité et du dégoût. La lady le trouvait un peu trop près, là. Qu'il recule, lui et son sourire de méchant, lui et son accent ridicule, lui et son tutoiement malpoli ! Elle avait juste envie qu'il retrouve une distance correcte, qu'il la laisse. Cette situation était extrêmement gênante. Elle n'aimait pas qu'on la regarde de près. Elle avait l'impression que, de cette manière, on pouvait lire dans ses yeux. Et c'était une impression assez désagréable. La jeune fille détourna le regard et recula d'un demi-pas, hésitante.

« J'aime beaucoup le rouge, voyons. »

Son regard se reposa sur Monsieur Xephelos. Allons bon.
Cet homme ne savait vraiment pas se décider. Yunnan n'y comprenait vraiment plus rien.
Et puis, c'était quoi, ce changement d'humeur soudain ? Il avait brisé tout un scénario et une fois encore, évincé un de ses plans d'enfer. Elle poussa un soupir énervé, exaspérée par les réactions stupides du monsieur. D'abord il la menaçait de mort, et maintenant il se prenait pour Monsieur Sourire et lui sortait son plus beau sourire de benêt. En rentrant chez elle, elle ferait des recherches sur lui. Elle trouverait sûrement que Monsieur Xephelos est un psychopathe, un schizophrène, un prisonnier évadé. Alors elle s'arrangerait pour trouver où il habite, et donnerait anonymement son adresse à des chiens du Parrain, ou à je ne sais quel autres types louches. Le lendemain, on lui passerait un appel pour la remercier en tant qu'informatrice, et on lui offrirait une récompense. Elle aurait alors économisé assez de sous pour se permettre d'acheter trois croissants le matin. Mais insatisfaite, elle finirait par en acheter quatre. Puis cinq. Puis six, parce qu'on n'en a jamais assez. Et puis sept, parce que c'était un joli chiffre. Et on revenait à ce problème sur la crédibilité d'un petit Chaperon rouge obèse.
Elle fut tirée de ses pensées hautement philosophiques par un contact humain fort désagréable. Sa tête. Ce mec lui frottait la tête.
GENRE.

Yunnan perdit le contrôle d'elle-même une petite seconde, et son expression devint, le temps de trois clignements de cils, un visage enragé. Heureusement, elle réussit tout de même à retrouver un visage un minimum calme, digne d'une lady. Ce n'était pas le moment de jouer au regard de psychopathe. Mais sa rage n'en demeurait pas moindre. D'où il osait la toucher ? Qui le lui avait permis ? Non mais il avait cru qu'ils avaient élevés les cochons ensemble ou quoi ? Et la politesse, il connaissait pas la politesse ? Non mais, sérieusement. Dans quel univers les codes de la politesse autorisaient-ils un type comme lui à frotter la tête d'une lady de cette façon ? Il n'avait jamais entendu les mots « bonnes manières », ou quoi ? Elle posa lentement sa main sur celle de Monsieur Xephelos, dans le but de la retirer séchement de son crâne. Mais elle eut à peine le temps d'attraper sa main qu'il la déplaça. Pour l'attraper par le col.
La jeune fille se sentit s'éloigner légèrement du sol.
Heu ?
Puis ensuite, encore plus.
HEU ?
Jusqu'à, sans vraiment comprendre ce qui lui était arrivé, se retrouver au-dessus du vide.

Devant cette vision quelque peu troublante, n'importe quelle fille de bas-étage aurait poussé des hurlements, se serait égosillée, pissée dessus, puis à force de gesticuler, aurait fini par glorieusement tomber dans le vide. Mais Yunnan préféra nous faire une petite compilation de tout ça, pour simplement pousser un gémissement et mettre une de ses mains devant ses yeux. Beaucoup plus raisonnable, me direz-vous.
Voilà.
Comme d'habitude, elle avait sans le vouloir poussé à bout un psychopathe. Sauf qu'en général, elle avait de quoi s'en débarrasser, et fuir tranquillement pour continuer sa petite vie. Mais non. Là, elle était coincée en haut de ce truc, sa vie dépendant de la volonté seule d'un rustre idiot malpoli indécis et psychopathe. Ce qui commençait à faire beaucoup de défauts, pour un seul homme. Elle essaya d'éviter de gigoter, afin de ne pas trop l'agacer - non mais, il ne manquerait plus qu'il la lâche et sa journée serait définitivement pourrie, là.
Bref.
Il fallait trouver un moyen de négocier.
Monsieur Xephelos n'aimait pas les banalités, cela lui faisait dégainer son arme. Il aimait bien le bluff, cela le faisait rire. Il n'aimait pas les avalanches de questions stupides, cela le faisait jeter les gens dans le vide. Soit. Mais Yunnan ne trouvait pas les bons mots pour le bluffer, sur le moment. Tout ce qu'elle arrivait à articuler, c'était quelques gémissements entre ceux de la demoiselle en détresse et ceux d'un personnage secondaire qui va se faire tuer parce qu'on est au début du film et qu'il faut montrer l'étendue de la méchanceté du méchant. Néanmoins, elle essaya tout de même de trouver assez de courage pour tourner la tête vers Monsieur Xephelos.
Elle n'aimait pas trop se sentir en danger. Ça avait tendance à précipiter ses réactions, à faire battre son cœur plus vite, à lui faire perdre ses mots et le contrôle de ses expressions. La dernière chose étant un terrible point faible. Du coup, ce ne fut pas un regard suppliant - son intention première - qu'elle lança à Edvard, mais un regard de bête enragée. Si elle avait été celle qui tenait l'autre au-dessus du vide et qu'elle était confrontée à un tel regard, elle l'aurait sûrement lâché vite fait bien fait. Heureusement, c'était physiquement et musculairement impossible qu'elle se retrouve un jour dans cette situation.

« Monsieur Xephelos. La situation est quelque peu... Embarrassante. »

Voilà. C'était un bon début. Outre le fait que sa voix avait légèrement déraillé et qu'elle devait sûrement avoir à peu près autant de charisme qu'un golem mort dans un caniveau, c'était un bon début. Par contre, pour la suite, elle ne savait pas trop quoi dire. Par ailleurs, si elle n'était pas assez occupée à trouver un moyen de sauver sa vie, Yunnan aurait pu se réjouir de quelque chose. Apparemment, elle avait réussi à garder son calme plus longtemps que Monsieur Rouge. Tout du moins, même si elle avait cédé à la colère quelques secondes, elle avait réussir à réagir de façon plus agréable que lui. Ce qui pouvait au moins confirmer qu'elle était plus une lady que lui. Enfin, elle ne serait plus du tout quoique ce soit monsieur décidait de la lâcher. Alors elle essaya de se montrer courtoise, et de formuler sa requête avec le plus de politesse possible. Malgré une voix légèrement inappropriée et un regard peu sympathique.

« Auriez-vous l'obligeance de me reposer... de... de me reposer là où vous m'avez trouvée ? »

Certes. Ce n'était pas l'expression la plus appropriée. Mais essayez de faire mieux dans sa situation.
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MessageSujet: Re: Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.   

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Le croche-pied rigolard de la mort imbécile.

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