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 Adriaan // Facing the world only requires guts and weed.

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Adriaan Gabrieli

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MessageSujet: Adriaan // Facing the world only requires guts and weed.    Dim 27 Juin - 21:09

"Who I am ? Good, bad... I'm the guy with the gun."


      Prénom(s) : Adriaan ; Leo
      Nom : Gabrieli
      Surnom : "Leone" (Le Lion)
      Date de Naissance et âge : 24 ans ; 21 décembre 2177
      Nationalité : Néerlandaise ; Italienne
      Groupe : S C A P I N N I D A N N A T I
      Manie, habitude, tic : Fumer (quoi que ce soit), rester des heures assis dehors pendant la nuit, rouler à moto en écoutant de la musique entêtante ; quand il était petit il allait jouer au foot pour se défouler, mais il n'a plus vraiment eu l'occasion plus tard.
      Profession : Officiellement ? Patron de quelques bars. Officieusement, dealer de drogue réputé. Encore plus officieusement, proxénète.

      I keep 'em blowin' on my
      Head keeps gettin' fatter everyday, baby
      On TV you better listen 'cause you know they'll play me
      In the club, you in the corner while my shit go crazy
      And I got my soldiers in the back so you don't wanna face me
      And when your girl look up at me, I'm lookin' right down
      And all that yappin', you know you gon' get a smack down


"100% Pure Adrenaline... Some guys snort for it, others jab a vein for it, all you gotta do is jump"


A vingt-quatre ans, on a toute la vie devant soi. On sort d’une école, on trouve un travail, on fait la fête, on trouve l’âme sœur, on profite de la vie, on voyage, on découvre, on est jeune. Adriaan n’a jamais eu l’occasion de profiter de ce mode de vie, et pour lui la jeunesse n’est plus qu’un concept lointain et inutile. Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, il ne se considère pas vraiment comme un jeune en pleine force de l’âge. Pourquoi me demanderez-vous ? Ses cheveux sont toujours là, pas de signe de calvitie, pas de perte des mèches blond cendré ; pas de disparition prématurée de dents, à l’exception de cette molaire qui ne repoussera jamais depuis un coup qu’il a reçu. Pas de rides, et pourtant. Ses yeux ont cessé d’être grands et bleus et de briller de la lueur innocente et pleine d’espoir de l’enfance : ils sont devenus sombres, agressifs, assassins. Rares sont ceux qu’il regarde avec affection, et ce n’est même pas sûr qu’il sache encore comment faire pour que son regard s’adoucisse. La mesquinerie, la subtilité rusée, la haine, ça, il sait y faire. Ca lui vient naturellement. Tout le reste de son visage suit la même logique ; ses sourires sont amers, ses rires sont rarement joyeux, ses sourcils trop souvent froncés. Et il ne dort pas assez ; l’abus de drogue, de nicotine et de café est loin d’être la recette miracle pour une peau de pêche parfaite, et il le sait parfaitement.

Il lui suffit de se regarder dans le miroir certains matins pour se dire que ces énormes cernes et ces yeux rougis ne sont que très peu seyants. Seule solution ? Dépenser des sommes faramineuses en soins et plaisirs divers, pour se refaire une beauté, comme une fille. Mais au fond quel mal y a-t-il à être un peu métrosexuel ? L’apparence, dans ce monde de requins, et comme dans beaucoup d’être, n’est pas un domaine que l’on peut laisser de côté. S’il n’a pas l’air impressionnant, s’il ne conserve pas sa carrure musclée et déterminée, il se ferait vite remplacer par tous les petits jeunes qui n’attendent que le moment où la place se libérera. Assassine-les du regard, donne leur un bon coup de poing de tes mains blessées et puissantes, et ils se la fermeront. Sans oublier ne porter des vêtements de marque et de les porter avec classe. L’élégance et le raffinement sont un luxe qu’il faut pouvoir se permettre même quand on fume trop et qu’on passe son temps à trop se faire plaisir : aussi défoncé sois-tu, tu dois être capable d’en mettre plein la vue aux autres, et notamment aux clients, pour qu’ils n’aient pas la mauvaise idée de te jouer un mauvais tour. Adriaan porte aussi bien le costume Gucci que les polos Amsterdamned, en passant par les vêtements urban style hip hop. En fait, tout lui va. Sauf les tutus.

Toujours affublé d’une cigarette ou autre, il est accro et il sent sa santé se dégrader chaque jour un peu plus. Et franchement ? Il s’en fout. Il mourra a 30 ans, desséché et ridé, le corps contaminé par des dizaines de cancers, et pour être sincère, il ne pense pas mériter une mort plus glorieuse.
(Ah, et pour ceux qui seraient curieux à propos de la cicatrice sur son front.. Il n'aime pas spécialement en parler et puis il s'en fout un peu, mais ça date d'une altercation plutôt sauvage avec ses parents juste avant qu'il ne fugue.)

"There's no love in your violence".


Adriaan n’est qu’un homme. Tout ce qu’il y a de plus basique. Le romantisme, l’affection, la tendresse, il doit savoir s’y prendre, quelque part, au fond de lui. Sans doute qu’une autre vie lui aurait permis de dévoiler ces facettes de lui-même, mais quand on vit à Venise, on voit la vie autrement. Elles sont loin les années où Venise faisait penser à Roméo et Juliette, ville des gondoles et de la poésie. Maintenant c’est tout l’inverse, et c’est pareil dans la tête du blond. Pour lui, agressivité et colère sont plus faciles à exprimer. Qu’il est facile de péter les plombs, qu’il est aisé de résoudre ses problèmes avec quelques coups. Ou bien en fuyant, en évitant le dialogue au maximum, en réglant tout avec des armes. Ou bien un pilon bien dosé. Adriaan est un homme qui préfère tout garder au plus simple, ne pas se prendre la tête. Il aime commander, et il déteste qu’on lui désobéisse. Evidemment, il ne peut pas soumettre tout le monde, loin, très loin de là. Il sait bien qu’il est n’est pas le chef et qu’il peut toujours courir pour impressionner les chiens chiens de la mafia ou bien les types placés plus haut que lui, mais il se plaît à martyriser ceux qui sont en-dessous de lui pour se donner confiance en lui. Oh, pas qu’il en manque, de confiance, il a tendance à croire qu’il a toujours raison et il ne supporte pas vraiment ceux qui lui tiennent tête.

Le blond n’a pas de problèmes à se faire des amis, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Dans ce monde, dans cette ville et dans ces conditions, il faut savoir jouer un rôle parfois, s’attirer les faveurs de personnes que l’on n’aime pas forcément. Mais on peut aussi rencontrer des gens qui nous plaisent, et alors Adriaan n’est pas du genre à les rejeter. On n’a jamais assez de connaissances utiles. Et puis boire un coup avec des gens qu’on aime bien, c’est quand même plus sympa. Le jeune homme apprécie les plaisirs simples, comme la fumette ou bien la clope, sans oublier l’alcool. Il se tient à carreau niveau metamphétamines et toutes ces choses-là : il les laisse à ses clients, mais il ne faudrait pas que lui-même finisse trop bas. Il aime trop l’argent et l’opulence pour se le permettre : s’amuser, oui, mais pas perdre le sens des réalités.

Et l’adrénaline, oh oui, elle, il l’aime. Quels que soient les moyens pour l’obtenir, il les aime aussi. C’est un homme qui profite de chaque jour comme si c’était le dernier, parce qu’il sait qu’il suffirait d’une balle perdue pour qu’il ne puisse plus jamais rien faire. Profiter de sa moto ou bien d’une voiture de sport reste alors le moyen le moins cher pour se faire plaisir, et tant pis s’il rend handicapé un type tentant de traverser au moment où il passe par là. Faire du mal aux autres ne le gêne pas. Avoir mal, il s’en fout aussi.

Et niveau défauts humains, car oui, il peut jouer les durs, il n’en reste pas moins un pauvre type pas très vieux qui est loin d’être invincible ou parfait : il a la santé un peu fragile parfois et il lui arrive de rester cloué au lit une semaine durant à cause d’un rhume ; il déteste ça et même à l’agonie il préférerait aller travailler, mais parfois notre corps est plus fort que notre volonté. A part ça il adore les blondes et les rouquines à forte poitrine, c’est un adepte de musique classique (et oui, notamment « Une nuit sur le mont chauve » de Moussorgski qui est son morceau préféré ) et des belles voitures. Il ne supporte plus les vélos (il les dégomme dès qu’il en voit un ) et il se débrouille plutôt pas mal en cuisine, avec une petite préférence pour la gastronomie italienne.

Pourtant rien ne surpasse le plaisir d’être tranquille dans sa chambre la nuit pour fumer jusqu’à ce qu’il s’endorme. )

"I bet I can hit myself harder than you can."



    Ce qu'il pense précisement de la Mafia
    :
  • « Sangu Chiama Sangu »
    Voilà en quoi se résume la mafia pour lui. Il l’a détestée, et maintenant il se rend compte qu’il ne peut plus vraiment se le permettre. Elle est envahissante, puissante, sournoise, et incrustée dans les pores de la peau de Venise aussi profondément qu’une maladie incurable. Alors parfois, rien ne sert de lutter, c’est devenu inutile. Il préfère vivre en microbe que vivre en médicament sans effet. C’est plus confortable. Il n’aide pas vraiment le Parrain, mais il tente quand même de rester plus ou moins dans ses bonnes grâces pour ne pas avoir constamment une horde de bras droits aux trousses. C’est qu’ils sont collants ces types-là.

    A t-il déjà eu affaire à la Mafia :
  • La Mafia est celle qui a rendu son cher pôpa totalement invivable, qui a accessoirement fait courir sa famille à sa perte, et qui aura sa peau si la Mafia décide que la mort du pôpa en question n'est pas une satisfaction suffisante pour lui faire pardonner ses péchés. Il aura affaire à elle toute sa vie et il hésite à en faire partie totalement, mais finalement, où sont les limites ? Tout ce qu'il veut c'est gagner sa croûte. Et peut-être qu'au fond il aurait aimé que la vie d'Amy ne soit pas ruinée par l'honorable société.


"Hasta la pasta, Baby"


Il pédalait comme si sa vie en dépendait. De plus en plus vite. Sur les longues routes sans la moindre bosse, il n’avait pas à craindre d’être ralenti par la moindre côte ni la moindre voiture. Il ne risquait rien, à part s’écraser dans un fossé sur le côté s’il prenait un virage trop rapide. Et ça, il s’en fichait bien. L’adrénaline, cette sensation de pure extase, il n’y avait que lorsqu’on se savait en danger qu’on pouvait la ressentir pleinement, et à sept ans, on n’a pas vraiment les moyens d’en trouver autrement qu’en roulant à pleine vitesse sur une route déserte en regardant à peine devant soi. Le vent lui faisait plisser les yeux et il se penchait en avant pour avancer encore plus vite, et son cœur battait la chamade ; un grand sourire sur les lèvres, il n’attendait presque que le moment où il déraperait sur un gravillon ou le moment où il foncerait dans un autre cycliste innocent comme ça lui arrivait souvent quand il faisait la course avec ses amis comme il était en train de le faire. De temps en temps, il se tournait légèrement pour voir où les autres garçons en étaient, mais aucun n’arrivait à le doubler. Ca l’amusait encore plus. Il ricana un peu et se tourna de nouveau vers la route, mais il ne pouvait plus éviter ce poteau qu’il aurait du voir et vers lequel il n’aurait pas du tourner : il fit brutalement tourner son guidon vers la gauche, ce qui l’entraîna directement en bas de la côte, et durant la descente incontrôlée le long de l’herbe verte, il vit le canal se rapprocher dangereusement. Il avait peur, mais il en avait connu des pires. Le choc avec l’eau fut un peu rude, il ne faisait pas vraiment très chaud, et pourtant il n’avait pas la moindre inquiétude en tête à part le fait qu’il allait devoir travailler deux mois de plus pour pouvoir se payer un nouveau vélo.

« ADRIAAN ! »

Il haleta en sortant la tête de l’eau et fit un grand signe à son ami sur la berge pour lui indiquer que tout allait bien, mais l’ami en question ne semblait pas s’en contenter ;

« KOM NAAR BOVEN JIJ, JE OUDERS ZITTEN OP JE TE WACHTEN ! »
«  Huh ? »

Ses parents ? Ils l’attendaient là-haut ? Qu’est-ce qu’ils foutaient là, ils avaient pourtant l’habitude de le laisser traîner dehors tranquillement jusqu’à des heures pas possible d’habitude… Le blondinet s’extirpa hors de l’eau et essora un peu ses vêtements avant d’aller rejoindre sa mère qui le regarda d’un air agacé et son père qui ne le regardait pas, trop occupé à trafiquer son portable comme il le faisait tout le temps. Adriaan haussa un sourcil. Sa mère parlait un peu vite, mais elle ne semblait pas vraiment inquiète. Elle lui annonça d’un air solennel qu’il allait bientôt avoir une petite sœur. Le garçonnet observa le ventre de sa mère avec des yeux ronds, mais sa mère soupira et lui déclara qu’elle était déjà là, qu’elle était à la maison et qu’il devait venir lui dire bonjour.

Ah. La petite de l’enterrement des Allessandreli.
Lorsqu’il la vit, assise là, avec ses yeux rougis par les larmes et sa gestuelle de ces gamines qui ne veulent parler à personne et qui auraient simplement besoin d’un gros câlin de leur mère, il ne savait plus trop quoi faire. Elle lui inspirait de la pitié, mais aussi de l’affection. Ainsi qu’un étrange sentiment qu’il ne pouvait pas trop définir… Peut-être la jalousie du fils unique qui va soudain devoir partager le peu qu’il avait avec une inconnue. Pourtant, l’affection semblait prendre le dessus. Il se jura de devenir un bon grand frère et s’imaginait déjà quand ils seraient adolescents le moment où des garçons se mettraient à courir après elle et qu’il serait là pour la défendre. Cette pensée le fit sourire de contentement, et il s’approcha d’elle pour se présenter.

____


Adriaan n’avait jamais vraiment été chouchouté, et il savait bien que ses parents avaient mieux à faire que les emmener faire du vélo ou manger des frites au bout de la rue. Il savait qu’il s’en fichait un peu et qu’il pouvait donc faire ce qui lui plaisait quand il le voulait, sans risquer grand-chose, à part les réprimandes continuelles de son père qui ne semblait pas lui témoigner de tendresse paternelle, à aucun moment. Ce type ne lui avait jamais inspiré que des sentiments vagues comme de l’indifférence, mais plus le temps passait, plus il sentait cette indifférence se changer en haine. Les années passaient et ses rêves de garçonnet disparaissaient peu à peu, remplacés par la dure réalité. Sa mère ne comptait pas apprendre à Amy à parler en hollandais, son père ne comptait pas lui apprendre à faire du vélo, et au-delà de ça, ils n’allaient certainement pas lui donner une éducation pleine d’amour comme ils auraient du le faire. Leurs problèmes leur prenait tout leur temps. Adriaan ne le supportait plus. Chaque nuit où la petite blonde se collait à lui pour dormir parce qu’elle venait de faire un cauchemar, il se rendait compte que quand lui faisait des cauchemars, il n’avait personne de plus grand que lui pour le tenir dans ses bras et le rassurer. Quand elle venait le voir parce qu’elle était ravie d’une bonne note, il se rendait compte que personne ne le félicitait, lui, quand il réussissait quelque chose. Son regard sur ses parents changeait, bien trop vite. Il comprenait des choses qu’il n’avait pas vraiment réalisées, ou qu’il s’était forcé de ne pas voir. Il s’était caché toutes ces années le fait que ses parents ne faisaient pas leur boulot. Qu’ils n’étaient rien que les gens qui les logeaient et les nourrissaient. Et puis, même ça, un jour, ils ne le firent plus. Mais Adriaan se voilait la face, encore, toujours, parce qu’il était content d’avoir cette petite sœur, d’avoir enfin quelqu’un qui en valait la peine et qui lui apportait tout ce que ses parents n’avaient jamais pu faire pour lui. La petite blonde réussissait à le faire sourire. Il se sentait briller quand elle l’admirait, quand il arrivait à lui apprendre quelque chose, quand elle le félicitait de sa petite voix mignonne, quand il se sentait utile. Il avait l’impression d’être devenu un bon grand frère. Ca le rendait heureux, et ça lui suffisait.

Et puis il y avait ces appels sur le téléphone fixe. Incessants. Il y avait cet air paniqué sur le visage de la mère quand le père ne rentrait pas à l’heure. Il y avait ces types étranges qui traînaient dans les environs. Adriaan n’était pas un imbécile. Amy non plus. Il n’était pas difficile de voir que trop de choses ne tournaient pas rond.

« Tu crois que je suis stupide peut-être, maman ? »
« Je n’ai pas dit ça. Mais mêle-toi de tes oignons, Adriaan Gabrieli. »
« Ce sont mes oignons. Cette putain de famille, c’est un bordel sans nom, et c’est être vraiment conne que de croire qu’on ne s’en rendrait pas compte.»
«  Reste à ta place, petit con !!! »

Le ton montait à chaque conversation. Adriaan n’était plus capable d’avoir le moindre échange verbal avec ses parents sans que des portes claquent ou que de la vaisselle vole. Il n’aurait pas pensé être capable de hurler aussi fort, de ressentir autant de rage. Il n’aurait pas pensé que sa mère pouvait gifler si fort, il n’aurait pas cru que son père pouvait pleurer comme une fillette quand il était à bout de nerfs. Il n’allait plus en cours. Il passait des nuits entières loin de la maison sans prévenir personne d’autre qu’Amy avec un petit texto lui disant qu’il ne rentrerait pas, et quand il rentrait, il n’adressait la parole à aucun de ses géniteurs qui lui hurlaient après qu’ils avait trop de soucis pour s’inquiéter pour lui. De toutes façons, il savait bien qu’ils ne s’inquiétaient pas. Ils avaient juste besoin de cet argent qu’il leur rapportait. Ces connards faisaient même travailler Amy. Dès lors qu’il avait entendu le père proposer à Amy d’aller bosser pour pouvoir ramener plus d’argent, il avait définitivement perdu toute confiance en lui. La dispute de ce jour-là n’était pas mémorable, mais il avait fallu refaire deux vitres et racheter des assiettes. Il n’avait plus le temps d’aller faire du vélo, plus le temps de jouer au foot, plus le temps de regarder la mer assis sur une plage à siroter de la limonade. Il n’avait plus le temps que pour les disputes, la colère, le travail et ses virées à Amsterdam. Il ne souriait plus. Parfois, la nuit, il allait s’asseoir à côté du lit d’Amy qui dormait profondément, et il fixait le vide, des heures durant. Il réfléchissait. Sans doute qu’il lui faisait peur, à elle. Il ne se souvenait pas de la dernière fois qu’ils avaient ri tous les deux depuis qu’elle rentrait épuisée du travail chaque jour.

Et puis il y eu cette soirée où il s’était emparé du portable de son père tel un pickpocket, pour recevoir ses appels. Ces voix, il ne les oublierait jamais. Ni ces menaces. Ces ultimatums, ces propos d’argent, ces magouilles dans lesquelles son père s’était embarqué. Ah ouais, alors son père était un flic véreux. Corrompu. Son gros cul entre deux chaises. Le blond regarda le portable entre ses doigts et se releva pour aller l’écrabouiller d’un bon coup de marteau. Ca allait mettre son paternel dans une merde infinie, ne pas répondre à des mafieux était pire que tout. Et ça, ça le fit ricaner. Mais son visage n’avait rien d’attendrissant.

Quelques heures plus tard, son père avait retourné la maison de fond en comble pour retrouver son portable, hurlé à mort, frappé sa femme, attrapé Adriaan par la peau du cou pour lui obliger à dire ce qu’il en avait fait, car c’était forcément lui, ce petit voleur, ce petit enfoiré de merde, qui lui avait dérobé. Et Adriaan avait souri et lui avait dit qu’il n’avait qu’à aller se faire foutre, et que s’il mourrait il ne pourrait s’en prendre qu’à lui-même. Le père lui avait mis un coup de poing. Adriaan s’était étalé par terre sous le choc, mais il ne sentait pas la douleur tant la rage était forte. Des bastons, il en avait connu, il n’allait certainement pas se laisser faire par ce vieux con bedonnant qui lui tenait tête. Et les deux blonds se battaient, comme un père et un fils ne devraient jamais se battre. Jusqu’à ce que la mère intervienne. Avec un chandelier. Qu’elle écrasa au hasard, et qui termina sa course sur le front de l’adolescent, assommé sur le coup.

_____

Deux jours plus tard, Amy ne voulut pas partir avec lui. Il lui sembla alors que la dernière chose à laquelle il tenait, la dernière chose à laquelle il se raccrochait, n’avait plus de raison d’être. Tout s’était écrabouillé dans son cœur de gamin, et il ne voulut même pas lui dire au revoir. Que cette petite crétine reste donc ici à bosser, et à gâcher sa vie. Il lui avait proposé une porte de sortie et elle lui avait dit non, qu’elle reste donc dans ces histoires merdiques avec eux. Même elle lui paraissait soudain une étrangère. Il ne lui avait pas dit adieu, et il avait disparu. En pleine nuit, il s’était échappé de la maison en silence, emportant avec lui ses affaires, prenant bien soin de voler une liasse de billets dans la réserve d’argent que son père croyait discrète, en haut du placard dans le pot de fleurs. S’il fallait qu’il parte, il ne le ferait qu’avec panache. Derrière lui, son passé, le gamin sur son vélo qui s’amusait comme un petit fou et qui apprenait à sa sœur adoptive à nager dans les eaux froides des canaux l’été. Derrière lui le futur grand frère modèle. Ca faisait longtemps qu’être un bon frère n’était plus dans ses priorités. Maintenant, sa priorité, c’était survivre.

____

Il aurait pu la laisser là. Il aurait peut-être du la laisser là.

La prostituer, hein. Cet enfoiré de père voulait que sa fille se donne à des inconnus simplement parce qu’il n’avait plus les moyens de vivre et de rembourser ses dettes à lui tout seul. Adriaan aurait déjà dû être dans un autre pays depuis plus d’un an et demi, mais il n’avait pas réussi. Peut-être qu’au fond de lui, il ressentait bien qu’il y avait encore quelque chose qu’il devait faire ici. Peut-être que ne plus pouvoir regarder Amy dormir paisiblement l’empêchait de dormir lui-même. Peut-être. Ou alors il avait simplement besoin de gâcher la vie de son père encore un peu plus. Il ne savait pas vraiment ce qui l’avait retenu, mais lorsqu’il avait eu vent des projets de son père, il avait senti au fond de lui une vague de haine et de douleur qu’il n’aurait pas cru possible. Imaginer Amy faire ce boulot. L’imaginer le faire. Ca lui avait fait trop de mal. Il n’était pas d’accord. Ce connard avait volé l’enfance d’un garçon innocent, mais il ne volerait pas sa dignité à sa petite sœur. Il ne la détruirait pas. Elle s’en chargerait toute seule quand le moment viendrait. Alors il était revenu, pour la ramener avec lui. La revoir et lui parler, il n’y avait personne pour comprendre à quel point ça lui avait fait du bien. Mais il ne se l’avouerait pas. Il lui offrit quelques paroles rassurantes pour ne pas qu’elle prenne peur, et cette fois elle n’eut même pas l’idée de dire non à sa proposition. L’avoir avec lui allait lui causer des problèmes, mais il ne voulait pas l’imaginer loin de lui, loin de ses yeux. Là où il ne pourrait pas la surveiller, là où il ne pourrait pas la protéger, la contrôler, la garder pour lui. C’était sa sœur. A lui. Les mecs qui s’approcheraient d’elle maintenant, ils auraient affaire au grand frère. Et ce n’était pas le genre de grand frère auquel on tenait tête.

____

En Italie, la vie lui paraissait plus agréable. Ca faisait plusieurs années qu’il s’était créé des contacts utiles dans les coffee shops mal fréquentés d’Amsterdam, et retrouver des gens liés à eux en Italie s’était trouvé être un jeu d’enfant. Un peu de tchatche et de gueule, et on pouvait aller loin. Quand on avait appris à apprécier le goût de son propre sang, qu’on avait réussi à contrôler sa rage pour savoir à quel moment donner le coup de poing fatidique et qu’on savait marchander mieux que les dealers habitués du coin, on se frayait facilement un chemin dans le monde malsain de l’ombre. Adriaan s’y sentait à l’aise : ceux qui l’importunaient, il les tabassait, ceux qui l’appréciaient lui rendaient service, ceux qui ne servaient à rien, il pouvait les traiter comme des moins que rien. Dealer de la drogue, c’était facile. Il avait l’habitude. Matter les petits connards, il savait faire aussi. En peu de temps, il avait réussi à amasser un joli petit pactole, qu’il dépensait rapidement en drogue et autres plaisirs avec de jolies demoiselles, et à 20 ans, quand on passe du temps à bosser à peu près légalement le jour et totalement illégalement la nuit, on a bien mérité un peu de détente. Il ne l’avait pas dit à Amy, parce qu’il fallait quand même qu’elle lui fasse un peu confiance. Et puis peu à peu, la situation en ville était devenue invivable. La Mafia contrôlait tout. Etre légal n’était plus possible, c’était même devenu suicidaire.

Assis au fond d’un canapé dans un bar miteux, entouré d’une nuée de filles qui gagnaient leur vie comme elles le pouvaient, il savait qu’il n’avait même plus envie de tenter d’être un type bien. Il avait abandonné cette idée depuis des années, en fait. Et il se laissait couler dans les abymes de la drogue qu’il inspirait tranquillement, et chaque jour sa côte augmentait, chaque jour il réussissait à grimper les échelons. Toujours sans le dire à Amy. Cette fille avait déjà assez de choses à penser. Et puis elle n’avait pas à s’occuper de ses affaires. Ca le regardait. Il n’arrivait même plus à lui parler gentiment, à elle, quand il rentrait, parce qu’il avait trop de choses à penser, trop de choses à faire. Elle semblait lui pardonner. Elle tenait à lui. Parfois, il la regardait travailler quand il avait l’occasion, il se mettait au bout de la rue et il l’observait, une cigarette entre les lèvres, son casque de moto dans une main, et il la trouvait belle, dans la grisaille de la ville, elle lui semblait comme la dernière chose agréable à regarder.

____


Il avait oublié comment s’y prendre. On n’appâte pas un petit chat avec des menaces. On ne séduit pas une panthère en lui ordonnant de se vautrer dans le vice. Il ne savait plus y faire, pour la garder avec lui. Il n’avait plus le droit de la contrôler, il n’avait plus aucun droit sur elle. Il détestait cette idée. Parfois il se glissait derrière elle et il l’enlaçait de ses bras, un pétard dans une main, fumant, et il lui susurrait dans l’oreille qu’elle ne savait pas ce qu’elle ratait. Il trouvait ça mignon de la voir se débattre, tentant vainement de rester en dehors de tout ça, alors qui lui y était plongé jusqu’au cou et qu’il ne pourrait plus jamais en sortir. Il aurait aimé lui faire découvrir la satisfaction d’être défoncé, il aurait aimé qu’elle le suive au fond de ces conneries. Il aurait voulu que comme dans leur enfance, elle le suive les yeux fermés, aveuglée par la confiance qu’elle lui vouait. Mais ça faisait longtemps qu’elle ne lui faisait plus confiance comme avant, et il l’avait bien senti. Il la sentait s’échapper, lui glisser entre les doigts. Alors il la serrait contre lui un peu trop fort, il la taquinait, et il tentait d’oublier à quel point elle voulait le fuir.

Alors c’est lui qui fuyait, dans les bras d’autres femmes qui lui faisaient oublier que celle qui comptait vraiment pour lui ne voulait plus venir contre lui la nuit quand elle avait peur. Et il fumait pour oublier que cette vie de merde allait encore durer de longues années. Et le lendemain, il se regardait dans le miroir, passant une main dans ses cheveux ébouriffés, et il se lançait un rictus à lui-même. Finalement, tout ça, c’était pas si mal. Il aurait pu finir plus mal. Il était réputé dans le milieu, il s’était hissé à un rang assez haut, il dirigeait plusieurs bars, il gagnait beaucoup d’argent, et il n’avait pas spécialement de problèmes avec la mafia. Et puis au fond, il s’en contrefoutait d’avoir des problèmes, il avait passé sa vie dedans et il finirait à cause d’un d’entre eux. Et il avait Amy. Qui était à lui comme toutes les autres de ses possessions matérielles. Elle n’avait pas le droit de vouloir s’enfuir, et il lui faisait bien comprendre. Un jour, elle lui filerait entre les doigts. Mais pas pour longtemps.
_____

Roulant à 200km/h sur la route, son casque vissé sur la tête, le blond savait qu’il risquait bien plus que de tomber à l’eau maintenant. Derrière lui, il n’y avait pas ses potes grisés par la vitesse. Derrière lui, il y avait trois types qui voulaient sa peau. Et ça le faisait sourire.

There are three types of people in this world. Those who can count and those who can't.



    • Votre pseudo : Nia.
    • Age, sexe : 19 ans, en phase de devenir enfin une Morue de Papouasie.
    • Avatar de votre personnage : Netherlands, d'Axis Powers Hetalia. (ou plutôt Hetalia : World Series.)
    • Comment avez-vous connu le forum ? J'en ai rêvé cette nuit. (...) Amy m'a convertie aussi, accessoirement.
    • Qu'aimez-vous/Détestez-vous dedans ? TOUT. <3 (héhé, réponse à double tranchant..) Non sérieux, il est superbe. Par contre ça manque de jolis smilies.
    • Autres ? Plop 2eme version /o.


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MessageSujet: Re: Adriaan // Facing the world only requires guts and weed.    Jeu 12 Aoû - 15:34

=D D: C: DDD8

J'aime pas en fait, c'est moche, pas du tout bien écrit, et j'aime pas du tout Adriaan en fait tu vois :/

Et j'ai tellement pas envie de rp avec toi, c'est dingue. ://////

Et et voilà, meurs chose informe.

Validé ~> Scappini Dannati

______________________________________________________


Elle le suivrait jusqu'en enfer
Et même l'enfer c'est pas grand chose
À côté d'être seule sur terre

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